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  <subtitle>Pour une certaine lueur d'intelligence et de sincérité</subtitle>
  <updated>2026-01-23T16:06:02+01:00</updated>
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      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
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      <title>Ce que Gaza fait au langage</title>
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      <updated>2025-07-27T18:30:21+02:00</updated>
      <published>2025-07-27T16:53:00+02:00</published>
                      <summary>   ( À lire absolument )       Ce que Gaza fait au langage:      Réponse...</summary>
      <content type="html" xml:base="https://rafrafi.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;( À lire absolument )&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;img style=&quot;float: right;&quot; src=&quot;https://i.ytimg.com/vi/ADsElbGm_2I/sddefault.jpg&quot; width=&quot;168&quot; height=&quot;126&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;h1 class=&quot;titre crayon article-titre-6973 &quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce que Gaza fait au langage:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;&lt;h1 class=&quot;titre crayon article-titre-6973 &quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Réponse au discours du CRIF 2025&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Contre l’inversion et l’amnésie, pour une pensée critique renouvelée)&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Par&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sylvain George&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;parution&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;paru dans LUNDI MATIN,&amp;nbsp;le 8 juillet 2025&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;articlebox-threeC&quot;&gt;&lt;div class=&quot;articlebox-left&quot;&gt;&lt;div id=&quot;flag1&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;flag2&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;articlecontent&quot; class=&quot;article main&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le 3&amp;nbsp;juillet dernier se tenait le diner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), avec entre autres invités François Bayrou, les ministres Bruno Retailleau, Elisabeth Borne, Gérald Darmanin, Benjamin Haddad, ainsi que le président du Sénat, Gérard Larcher. Si le CRIF est l’objet de tous les fantasmes antisémites les plus crasses, il a aussi été régulièrement et légitimement épinglé pour sa proximité avec le pouvoir israélien. Le réalisateur, écrivain et metteur en scène Sylvain George a patiemment décortiqué ce qui s’est dit lors de ce 39&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;dîner.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Contre l’inversion et l’amnésie&lt;/em&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh1&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Comme on le montrera, le terme « amnésie » ne renvoie pas à un oubli&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb1&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il propose&amp;nbsp;&lt;em&gt;une pensée critique renouvelée&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;articletexte crayon article-texte-6973 &quot;&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Introduction&amp;nbsp;: Inverser pour régner, la rhétorique de l’impunité&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Qu’est-ce qui s’est dit au discours du CRIF, le 3&amp;nbsp;juillet 2025&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le discours prononcé par Yonathan Arfi lors du 39&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;dîner du CRIF&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh2&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Discours de Yonathan Arfi lors du 39e dîner du Crif, jeudi 3 juillet 2025 :&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb2&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en présence du Premier ministre François Bayrou, ne saurait être réduit à une simple prise de position politique&amp;nbsp;: il constitue un acte performatif, un dispositif de reconfiguration discursive, où se trouvent redéfinies les catégories de victime, de violence, et de légitimité. En inversant les responsabilités, en amalgamant critique et haine, en sanctuarisant certains mots et en criminalisant d’autres, ce discours opère un glissement rhétorique majeur&amp;nbsp;: il ne cherche pas tant à répondre à l’indignation qu’à la neutraliser, en la retournant contre ceux qui l’expriment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce renversement repose sur une triple opération. Premièrement, il redéfinit les termes du débat en s’appropriant la mémoire des persécutions passées pour en faire un bouclier contre toute interpellation du présent. Deuxièmement, il substitue à la confrontation démocratique des idées une logique d’exclusion morale, où tout désaccord est disqualifié comme haine. Enfin, il instaure un espace discursif verrouillé, où les voix dissidentes sont d’avance suspectes, rendues inaudibles ou accusées d’intentions meurtrières. Le langage n’y sert plus à comprendre, mais à décréter&amp;nbsp;; il ne dévoile pas le réel, il l’occulte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce discours, en apparence solennel, est traversé par une logique accusatoire profondément asymétrique. Ainsi, ceux qui dénoncent les massacres à Gaza sont assimilés à des apologues de la terreur&amp;nbsp;; ceux qui appellent à un cessez-le-feu sont soupçonnés de haine des Juifs&amp;nbsp;; ceux qui réclament justice sont relégués hors du champ républicain. La critique est ainsi transformée en crime, la compassion en complicité, l’appel à la paix en nihilisme politique. Le langage est retourné comme un gant, et l’histoire, elle-même, devient un arsenal au service d’une impunité justifiée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est cette architecture discursive qu’il s’agit d’interroger, non pas pour vainement polémiquer, mais pour désamorcer les mécanismes de confiscation du sens, de manipulation de la mémoire, et de déshumanisation non seulement symbolique mais effective. On verra que l’un des ressorts les plus sophistiqués de cette stratégie consiste précisément à dénoncer chez autrui l’inversion que l’on est soi-même en train d’opérer. Arfi accuse les critiques d’Israël de manipuler les faits, de travestir la réalité, de retourner les rôles entre victime et bourreau&amp;nbsp;; mais en le faisant, il déploie lui-même ce qu’il reproche, transformant le soupçon en arme et le langage en barrage. Il ne s’agit pas là d’un simple effet de miroir, mais d’une opération idéologique structurée, qui vise à produire un espace discursif verrouillé, où toute parole dissidente est rendue inaudible avant même d’être énoncée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ou encore&amp;nbsp;: par un usage maîtrisé de la rhétorique, ce discours opère un basculement stratégique des cadres de légitimation. La critique est immédiatement disqualifiée comme haineuse, la mémoire historique mobilisée comme un rempart contre toute interpellation du présent, et la parole dissidente repoussée hors du champ du raisonnable. Ce geste repose sur une logique d’inversion systémique, où l’accusateur devient accusé, où la dénonciation d’un crime devient elle-même suspecte de malveillance, voire d’antisémitisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce qui est en jeu ici, ce n’est donc pas simplement une divergence d’interprétation, mais une tentative de reconfiguration autoritaire du visible, du dicible, du pensable. Une tentative qui prépare, justifie et légitime des actes concrets de violence et d’effacement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;1.Inversion sémantique, appropriation mémorielle&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Un des passages le plus problématique du discours de Yonathan Arfi réside dans l’analogie qu’il établit entre l’accusation de génocide portée contre Israël et l’antique accusation chrétienne de peuple déicide. En prétendant que qualifier de «&amp;nbsp;génocide&amp;nbsp;» ce qui se déroule aujourd’hui à Gaza reviendrait à essentialiser les Juifs comme jadis on les rendait collectivement responsables de la mort du Christ, le président du CRIF cherche à placer toute critique dans la continuité d’un antisémitisme supposé éternel, rendant ainsi impossible toute mise en cause de la politique israélienne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La formule selon laquelle l’«&amp;nbsp;accusation de génocide&amp;nbsp;» serait un «&amp;nbsp;sacrilège sécularisé&amp;nbsp;», autrement dit un avatar moderne de la haine antijuive, institue une zone d’immunité discursive autour de l’État d’Israël. Cette stratégie repose sur une double opération&amp;nbsp;: d’un côté, elle érige une barrière symbolique qui rend inopérante toute énonciation critique, même lorsqu’elle s’appuie sur des données massives, vérifiées, irréfutables&amp;nbsp;; de l’autre, elle opère une captation mémorielle, en transformant l’histoire des persécutions juives en dispositif de légitimation inconditionnelle de l’ordre établi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce type d’argument relève de ce que l’architecte et théoricien Eyal Weizman nomme la «&amp;nbsp;forensique inversée&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: une stratégie par laquelle l’enquête n’a pas pour but d’établir la vérité des faits, mais de les neutraliser en amont, en présupposant la moralité ou l’innocence de celui qui est accusé. Les crimes documentés - destructions massives, enfants démembrés, hôpitaux bombardés - deviennent ainsi méconnaissables, inaudibles, car disqualifiés comme antisémites dès lors qu’ils sont nommés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il ne s’agit donc pas seulement d’un excès rhétorique, mais d’un geste profondément politique qui consiste à inverser les rapports entre victime et bourreau, entre parole et silence, entre mémoire et effacement. Une telle inversion, sous prétexte de protéger une mémoire, en altère la portée véritable, car la mémoire n’est ni un capital identitaire, ni un privilège historique, mais une responsabilité ouverte et partagée, une exigence de lucidité face à ce qui fut infligé, et non un permis de domination renouvelée, un passe-droit pour opprimer à son tour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;1.1. Qui a le droit d’être pleuré&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Une autre dimension essentielle du discours consiste à monopoliser la position de vulnérabilité, à la fois symbolique, historique et actuelle, en refusant de reconnaître celle des Palestiniens autrement que comme victimes secondaires de la «&amp;nbsp;guerre du Hamas&amp;nbsp;». Cette stratégie s’inscrit dans une configuration d’asymétrie radicale&amp;nbsp;: une puissance nucléaire, dotée de l’une des armées les plus sophistiquées du monde, affame, bombarde et dévaste une population civile enfermée, déplacée, mutilée. Parler alors de «&amp;nbsp;juste guerre&amp;nbsp;» revient à effacer les corps, à dissimuler les ruines, à recouvrir les cris. Cela revient à ne pas voir les enfants brûlés vifs, calcinés, les hôpitaux effondrés, les cortèges de cadavres... Cela revient à effacer ce que Gaza endure&amp;nbsp;: les files d’attentes-abattoirs aux abords des rares points de distribution humanitaire, ces «&amp;nbsp;hungers games&amp;nbsp;» mortels où sont abattus ceux qui tentent de se nourrir, comme tout autant ces petites embarcations frappées par les drones alors qu’elles tentent de pêcher un peu de poisson.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;À cette invisibilisation s’ajoute une hiérarchisation assumée de la souffrance. Le discours d’Arfi est ainsi traversé par ce que Judith Butler appelle une hiérarchie du deuil légitime&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh3&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Judith Butler Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb3&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou comment seuls certains morts méritent d’être pleurés, seuls certains corps peuvent être reconnus comme dignes de deuil. Les autres, ceux de Gaza, ceux de Rafah, ceux de Nuseirat, ceux que la photographe Fatem Hassona, et bien d’autres avec elle, photographiait, n’ont droit qu’à une mention convenue, neutralisée, aussitôt diluée dans l’argumentaire d’une guerre «&amp;nbsp;nécessaire&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;juste&amp;nbsp;». Ils sont niés, tout en étant mentionnés, posés ainsi comme les variables certes regrettables, mais inévitables, d’une équation guerrière censée rester légitime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ainsi se met en place un monopole discursif sur la souffrance et l’innocence. Celui-ci transforme les faits en affects manipulés, les morts en outils d’un récit unilatéral, les survivants en suspects. Il devient alors possible, dans l’espace public, d’effacer des massacres en cours au nom de la mémoire d’un autre massacre. Ce déplacement n’est pas seulement rhétorique. Il constitue l’un des piliers de l’impunité contemporaine. Il interdit, dès l’origine, toute politique de justice. Il incarne, à ce titre, l’un des signes les plus manifestes de notre faillite morale collective.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;1.2. Le bannissement de la critique, la stratégie de la criminalisation politique&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le discours de Yonathan Arfi procède à une opération de brouillage sémantique particulièrement préoccupante. Il amalgame de manière volontaire et systématique l’antisionisme à l’antisémitisme, la critique de l’État d’Israël à une haine des Juifs, et toute dénonciation des massacres à Gaza à un soutien implicite ou explicite au Hamas. Cette confusion, souvent dénoncée mais ici institutionnalisée, vise à rendre indistincts les registres politiques, moraux et historiques, pour disqualifier d’emblée toute parole critique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;L’appel explicite à l’adoption d’une loi contre l’antisionisme constitue à cet égard un tournant grave. Il érige en dogme ce qui devrait relever du débat public, criminalise une position politique - la critique d’un régime, d’une idéologie, d’un projet colonial - et fait glisser la République vers une forme de religion civile autoritaire, où certaines opinions deviennent sacrilèges. Cette volonté de judiciarisation du désaccord transforme la démocratie en terrain miné, où penser autrement revient à risquer la mise au ban.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais le sommet de cette stratégie est atteint lorsque Arfi accuse des responsables politiques, notamment de La France Insoumise, Rima Hassan ou Jean-Luc Mélenchon, de «&amp;nbsp;souhaiter un génocide&amp;nbsp;» afin de «&amp;nbsp;mieux accabler Israël&amp;nbsp;».&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh4&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;. “Avec lui, Rima Hassan, Thomas Portes, David Guiraud, Aymeric Caron et&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb4&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Cette accusation, dont la violence symbolique est inouïe, ne se contente pas de délégitimer les critiques&amp;nbsp;: elle les moralise à l’extrême, en les projetant dans un espace de perversion intentionnelle. Ce n’est plus une bataille d’idées, c’est une disqualification radicale de l’adversaire, une tentative de le priver même de légitimité à exister dans le débat. Les opposants ne sont plus seulement des adversaires&amp;nbsp;: ils sont posés comme monstres, animés par le désir de mort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ces propos infâmes, scandaleux dans leur formulation et ignobles dans leurs implications, font écho à ceux tenus par Ivan Attal le 30&amp;nbsp;mars 2025 sur Radio J, lorsque, interviewé par le journaliste Frédéric Haziza, il n’hésitait pas à affirmer que les palestiniens «&amp;nbsp;envient notre shoah&amp;nbsp;», qu’ils «&amp;nbsp;veulent absolument un génocide&amp;nbsp;» pour obtenir un état, que leur identité s’est construite en «&amp;nbsp;miroir d’Israël&amp;nbsp;», et qu’ils veulent se “réapproprier l’histoire juive&amp;nbsp;».&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh5&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;https://youtube.com/shorts/bf4RnH2fL9o?si=GVjO1qWDRDsFoR9-&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb5&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Ce type de rhétorique fonctionne comme un miroir déformant et attribue aux autres une pulsion génocidaire précisément pour occulter ou neutraliser les accusations formulées à l’égard de la politique israélienne. C’est un renversement stratégique, fondé non sur les faits, mais sur une assignation morale délirante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il faut souligner que cette inversion repose aussi sur un usage pervers du langage républicain. L’universalisme revendiqué devient ici un masque commode pour une entreprise d’exclusion&amp;nbsp;: on invoque la République, la démocratie, l’humanisme… mais pour mieux refuser aux dissidents le droit de s’exprimer, de manifester, de dénoncer. La République ainsi mobilisée devient un mot creux, une incantation vide, un dispositif rhétorique de clôture. Loin d’ouvrir l’espace démocratique, elle le referme sur une identité close, saturée, communautarisée à rebours.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;À travers cette séquence, se dessine une mécanique redoutable&amp;nbsp;: l’enfermement du débat, la stigmatisation des voix critiques, la diabolisation des opposants, et l’institutionnalisation d’une confusion meurtrière entre justice pour les victimes et fidélité aveugle à un État. Cette mécanique ne sert ni la mémoire, ni la justice, ni la République. Elle sert une politique de la peur, de la censure, et de la falsification.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;1.3. Essentialisation, réduction du judaïsme au sionisme, et langage de la déshumanisation&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;L’essentialisation opérée par Yonathan Arfi se double d’une confusion entre judaïsme et sionisme. En assimilant les Juifs du monde entier à la politique menée par Israël, il réduit la complexité plurielle du judaïsme à un soutien inconditionnel à l’État israélien. Or, le judaïsme, en tant qu’héritage culturel, éthique et spirituel, ne saurait se réduire à un projet nationaliste. Cette confusion empêche une critique nécessaire et légitime de l’État d’Israël, et met en danger ceux qui refusent cette assimilation forcée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette réduction est d’autant plus grave qu’elle trahit une longue tradition juive de désobéissance et de critique radicale représentée par des figures telles que Spinoza&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh6&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Spinoza, on le sait, excommunié par la communauté juive d’Amsterdam en 1656,&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb6&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Walter Benjamin&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh7&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;La pensée de Walter Benjamin oppose à toute souveraineté constituée une&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb7&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Hannah Arendt&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh8&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Hannah Arendt s’est exprimée de manière critique sur le sionisme et sur la&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb8&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Emmanuel Levinas&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh9&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Si Emmanuel Levinas a proposé une philosophie du visage et de la&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb9&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou encore Yeshayahu Leibowitz&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh10&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Yeshayahu Leibowitz, a souvent dénoncé la dérive nationaliste et idolâtre du&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb10&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... Comme on le verra après, penser depuis cette tradition, penser depuis l’éthique juive implique, selon Benjamin, une fidélité au fragment, au reste, à ce qui échappe à toute souveraineté constituée. Ce geste critique empêche toute justification de l’impunité étatique. Il rend possible un judaïsme fidèle à la mémoire des opprimés, et non aux puissances en place.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais cette essentialisation ne se contente pas de réduire le judaïsme. Elle participe d’un langage de la déshumanisation de l’autre. Elle contribue à délégitimer toute souffrance palestinienne, à la rendre inaudible, voire suspecte. Ce processus n’est pas abstrait&amp;nbsp;: il se manifeste dans des déclarations officielles, explicites et répétées. Deux jours après l’attaque du 7&amp;nbsp;octobre, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant déclarait que l’armée israélienne «&amp;nbsp;combattait des animaux&amp;nbsp;»&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh11&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Yoav Gallant, « We are fighting human animals and we are acting accordingly.&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb11&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, justifiant un siège complet de Gaza. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, affirmait qu’il fallait «&amp;nbsp;tirer sur les femmes et les enfants pour la sécurité d’Israël&amp;nbsp;»&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh12&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Itamar Ben-Gvir – « tirer sur les femmes et les enfants » Plusieurs sources&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb12&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le vice-président de la Knesset, Nissim Vaturi, appelait à «&amp;nbsp;effacer Gaza de la surface de la Terre&amp;nbsp;»&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh13&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Nissim Vaturi – « Gaza should be wiped off the map. » Déclaration rapportée&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb13&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que le ministre du Patrimoine, Amichay Eliyahu, évoquait l’usage d’une bombe nucléaire en affirmant qu’il n’y avait «&amp;nbsp;aucun civil non impliqué à Gaza&amp;nbsp;».&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh14&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Amichay Eliyahu. À la question sur l’usage d’une bombe nucléaire sur Gaza,&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb14&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme l’a rappelé l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice, ces propos ne sont pas des écarts marginaux&amp;nbsp;: ils incarnent une grammaire génocidaire inscrite au cœur du langage d’État. Ce ne sont pas seulement des mots, mais des cadres d’intelligibilité, des permissions d’agir. Le génocide ne commence pas avec les bombes, mais avec les énoncés qui rendent ces bombes pensables.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;1.4. La complaisance républicaine et la contradiction permanente&amp;nbsp;: François Bayrou et Emmanuel Macron&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La posture du gouvernement français face à Israël ne relève pas d’une simple ambivalence, mais d’une convergence de fond. Contrairement à la politique d’indépendance vis-à-vis des États-Unis incarnée en son temps par le général de Gaulle - qui, en 1967, dénonçait publiquement l’agression israélienne contre ses voisins arabes&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh15&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;On peut rappeler ici, à titre comparatif, la rupture franche du général de&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb15&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;- Emmanuel Macron n’a jamais exprimé de désaccord fondamental avec la stratégie israélo-américaine. Au contraire, il en épouse les contours majeurs, tout en opérant à la marge quelques gestes à peine symboliques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ainsi, tandis qu’il qualifie publiquement les actions israéliennes à Gaza de «&amp;nbsp;honteuses&amp;nbsp;» et appelle à un cessez-le-feu immédiat, la France maintient et développe ses contrats d’armement avec Israël, soutient le blocus de Gaza en ne le contestant jamais formellement, continue d’observer un silence stratégique sur les nombreuses violations du droit international, contribuant ainsi de manière «&amp;nbsp;indirecte&amp;nbsp;» mais décisive à la poursuite de l’entreprise de destruction. Cette posture schizophrène fragilise la parole de la France, la prive de toute autorité morale, et enracine sa position dans une logique de double langage permanent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce décalage entre les mots et les actes est rendu encore plus manifeste dans le discours de François Bayrou au dîner du CRIF&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh16&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Il était accompagné de plusieurs ministres, et notamment Bruno Retailleau&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb16&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;– qui fait suite à celui tenu l’an dernier par Gabriel Attal, alors premier ministre, et dans lequel il avait dénoncé une «&amp;nbsp;vague d’antisémitisme&amp;nbsp;» en France - où il évoque Israël comme un «&amp;nbsp;miracle&amp;nbsp;», inscrit dans une longue téléologie biblique, et qualifie les violences du 7&amp;nbsp;octobre de «&amp;nbsp;pogrom le plus grave depuis la Shoah&amp;nbsp;». Une telle rhétorique sacralise l’État d’Israël tout en escamotant la réalité présente du massacre de masse à Gaza. Elle reconduit la mémoire de la Shoah non comme avertissement universel, mais comme dispositif d’immunisation morale. Elle empêche toute pensée complexe, et neutralise d’avance toute critique comme sacrilège.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce langage du premier ministre s’accompagne d’une rhétorique sécuritaire qui convoque sans cesse le spectre de «&amp;nbsp;la bête immonde&amp;nbsp;» qui prend aujourd’hui la gueule de l’islamisme radical. Ainsi, sous couvert d’une vigilance démocratique, c’est une réactivation continue des figures ennemies qui est opérée&amp;nbsp;: les défenseurs des droits des Palestiniens sont discrédités comme agents d’un islamisme rampant, quand bien même ils en dénoncent les violences. Cette stratégie empêche toute critique autonome d’Israël sans tomber sous le soupçon d’une compromission extrême.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme l’a rappelé la Rapporteuse spéciale des Nations Unies, Francesca Albanese, dans son rapport de juin 2025, cette posture de soutien implicite s’inscrit dans une architecture de responsabilités globalisée. Ce rapport pointe l’implication directe de nombreuses entreprises internationales, y compris européennes, dans l’infrastructure matérielle du génocide en cours. L’exportation d’armes, les systèmes de surveillance, les partenariats technologiques, les soutiens logistiques au blocus participent d’une complicité active, et non d’un simple silence. La France, loin d’être extérieure à cette architecture, y est pleinement intégrée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Face à une telle configuration, l’appel à l’éthique ou au droit international ne peut se contenter de formules creuses. Il exige une rupture réelle, matérielle, diplomatique. Il exige que la France cesse d’entretenir des relations stratégiques, militaires et économiques avec un État engagé dans des actes qualifiés de génocidaires par les instances mêmes qu’elle prétend défendre. Faute de quoi, la parole républicaine devient une coquille vide, et le droit une fiction instrumentalisée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans une telle configuration, invoquer les valeurs républicaines ou le droit international sans en tirer de conséquences concrètes revient à s’en faire les fossoyeurs. L’éthique n’a de sens que si elle interrompt. La mémoire n’a de valeur que si elle oblige. Et la République, si elle ne veut pas devenir le masque d’un ordre inhumain, doit cesser d’armer ceux qui bombardent des enfants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;II. Pour une pensée critique renouvelée&amp;nbsp;: réaffirmer le sens de la justice&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Face à un tel dispositif discursif, où les mots sont retournés contre les faits, où la mémoire devient une arme de légitimation, où la souffrance est monopolisée et la critique disqualifiée, il est urgent de refonder les termes mêmes du débat. Il ne s’agit pas seulement de répondre, mais de déplacer l’axe du discours, de faire émerger une autre intelligibilité des événements.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il s’agit de réarmer la pensée. De sortir de la sidération provoquée par l’ampleur de la violence, comme par le retournement des valeurs. Il s’agit de restaurer la puissance critique du langage, de renouer avec les exigences de justice, de vérité, d’universalité concrète, et non d’un universalisme rhétorique devenu instrument de domination.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette tâche n’est pas secondaire. Elle est à la racine de toute possibilité d’agir politiquement, de nommer l’intolérable, de lutter contre les formes contemporaines de l’effacement. Elle exige un travail rigoureux, lucide, sans surplomb, sans illusion, mais habité par une éthique de la responsabilité et de la rupture.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;2.1. La nécessité de nommer le génocide&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans ce contexte apocalyptique, face à l’ampleur vertigineuse des destructions - plus de 42 000 bâtiments détruits ou endommagés selon les données satellitaires de l’ONU (UNOSAT)&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh17&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;UNOSAT, Satellite-detected damage assessment in the Gaza Strip (update),&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb17&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, 32 hôpitaux visés ou anéantis d’après Médecins Sans Frontières&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh18&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Médecins Sans Frontières (MSF), Gaza : Health System in Collapse,&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb18&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, environ 400 écoles endommagées ou détruites, laissant plus de 600 000 enfants sans accès à l’éducation. Le bilan humain est effroyable&amp;nbsp;: plus de 15&amp;nbsp;000 enfants tués, soit 44&amp;nbsp;% des victimes recensées parmi les quelque 57 000 personnes décédées depuis le début du conflit selon les chiffres croisés du ministère de la santé de Gaza et des agences internationales&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh19&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Données issues du Ministère de la Santé de Gaza, croisées avec les rapports&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb19&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;- ces logiques d’effacement s’accompagnent d’un silence politique d’autant plus assourdissant qu’il est masqué par la rhétorique humanitaire ou l’abstention diplomatique. Les chiffres ne sont pas seulement des données&amp;nbsp;: ils sont les traces d’un monde détruit, d’une réalité que la langue officielle refuse de dire. L’usage du mot génocide n’est ni une outrance militante, ni une provocation rhétorique. Il s’agit d’un impératif éthique, intellectuel et juridique. Ne pas nommer, c’est consentir. Ne pas nommer, c’est effacer, et au moins à deux reprises&amp;nbsp;: d’abord les corps&amp;nbsp;; puis le sens même de leur disparition.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;L’accusation de génocide repose ici sur des critères définis dans la Convention des Nations Unies de 1948&amp;nbsp;: volonté d’anéantir, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique ou religieux, par des actes de meurtre, de destruction des conditions de vie, d’empêchement de reproduction, de transfert d’enfants, etc. Or, ce ne sont pas les intentions seules qui qualifient juridiquement un génocide, mais le caractère systématique et délibéré des actes. À Gaza, ces éléments sont présents, documentés, publics, assumés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Nommer le génocide, c’est donc rétablir une ligne de discontinuité dans l’espace discursif et politique, là où le langage tend à se neutraliser lui-même par euphémisation, relativisme ou saturation. C’est dire qu’il existe encore un seuil à ne pas franchir, un interdit structurant pour toute éthique politique digne de ce nom. C’est refuser de laisser s’installer un régime d’indifférence absolue, où l’extermination devient un bruit de fond, une donnée parmi d’autres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Nommer le génocide, enfin, ce n’est pas désigner un coupable abstrait, mais désigner un processus historique et une logique d’État à l’œuvre, au nom d’une souveraineté sacralisée, au nom d’un mythe sécuritaire devenu absolu. C’est réinscrire la mémoire des événements dans un ordre symbolique clair, qui redonne aux morts un nom, une adresse, une vérité. C’est, comme le disait Robert Antelme, affirmer que l’homme, même au fond de sa déchéance imposée, demeure l’homme, et qu’aucun appareil militaire, aucun récit national, ne peut révoquer cette part commune.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;2.2. Redonner sens à la République&amp;nbsp;: le dissensus comme impératif démocratique&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La République, telle qu’elle est invoquée dans les discours de Yonathan Arfi ou de François Bayrou, tend à devenir une forme vidée de son contenu démocratique, réduite à un consensus d’exclusion. Présentée comme l’ultime rempart contre les extrémismes, elle se mue pourtant en instance de disqualification systématique de toute voix dissidente, notamment dès lors qu’il s’agit de critiquer la politique d’Israël ou de dénoncer les massacres à Gaza. Cette République-là ne protège certainement pas les marges, elle les stigmatise. Cette République-là n’écoute certainement pas les minorités critiques, elle les criminalise. Cette République-là ne débat certainement pas, elle sanctuarise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Or, l’histoire même de la République française enseigne que sa force ne réside pas dans l’effacement du conflit, mais dans sa mise en forme politique. Le dissensus, entendu comme confrontation réelle, parfois violente, mais toujours nécessaire des positions, des mémoires, des visions du juste, est constitutif de toute politique républicaine authentique (Rancière&amp;nbsp;; Abensour etc.). Ce n’est pas le silence imposé qui fonde la démocratie, mais la parole plurielle, risquée, conflictuelle. Rappelons qu’à l’époque de l’Affaire Dreyfus, ce sont les voix dissonantes de Zola, Jaurès, Lucien Herr, ou Bernard Lazare, souvent marginalisées, diffamées, qui ont permis de faire éclater la vérité, contre l’ordre établi, contre les institutions, contre les évidences supposées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est pourquoi l’exclusion actuelle de figures critiques, qu’elles soient universitaires, militantes, artistiques ou politiques, ne relève pas d’un sursaut républicain, mais d’un tournant autoritaire du discours public. Assimiler toute critique du sionisme à une forme d’antisémitisme, tout appel à la justice pour Gaza à une apologie du terrorisme, c’est criminaliser la pensée, inverser la charge de la violence, et trahir l’héritage conflictuel de la République elle-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce glissement est d’autant plus préoccupant qu’il se prétend fidèle à l’universalisme. Mais il s’agit ici d’un universalisme mutilé, amputé de ceux qu’il refuse d’écouter. L’universel ne se décrète pas, il se conquiert, il se réinvente depuis les blessures, les exils, les révoltes. Comme le rappelait Aimé Césaire, «&amp;nbsp;il n’y a pas de mission civilisatrice, il n’y a que des missions d’humanité.&amp;nbsp;»&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh20&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb20&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Et l’humanité véritable commence toujours par l’attention au dissensus, par l’accueil de ce qui dérange, de ce qui résiste, de ce qui s’élève.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Redonner sens à la République, aujourd’hui, ce n’est donc pas réaffirmer une identité figée, communautarisée, alignée sur une géopolitique, mais retrouver sa capacité d’écoute, sa plasticité conflictuelle, sa mémoire des luttes. C’est rouvrir le champ du pensable et du dicible, là où l’indignation est rendue suspecte, là où la douleur des enfants palestiniens devient un silence stratégique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;2.3. Judaïsme, pensée critique et exigence de justice universelle&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Réduire le judaïsme à un simple soutien à la politique de l’État d’Israël constitue une double trahison. Une trahison théologique tout d’abord, car le judaïsme n’est pas une idéologie étatique. Une trahison éthique ensuite, car il porte en lui une exigence millénaire de justice, de mémoire, de fidélité au fragment et à l’exilé, une attention radicale à la vulnérabilité, à l’opprimé, à l’étranger.&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;C’est cette tradition-là qui est trahie lorsqu’on l’assimile à un nationalisme d’État fondé sur l’exclusion, la colonisation, et la violence d’annihilation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Walter Benjamin rappelait que la «&amp;nbsp;tradition véritable&amp;nbsp;» n’est jamais celle des puissants, mais celle des opprimés. Elle ne sacralise pas l’histoire établie, elle en sauve les éclats, les ruines, les fragments. Ce que Benjamin appelle la «&amp;nbsp;tradition des opprimés&amp;nbsp;» se situe à rebours de toute entreprise de légitimation d’un ordre dominant. Elle ouvre un espace critique à l’intérieur même de l’héritage, en le réactivant depuis ce qui a été brisé, effacé, nié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Nombreuses aussi sont les voix juives, en Israël, en diaspora, en France, qui refusent cette équation réductrice entre judaïsme et sionisme, entre judaïcité et allégeance à un État. Leur position n’est pas marginale, mais constitutive d’un courant profond du judaïsme diasporique, de l’anti-idolâtrie prophétique à la dissidence messianique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Penser depuis une telle «&amp;nbsp;tradition&amp;nbsp;», c’est refuser que le judaïsme devienne l’instrument d’une hégémonie, et c’est exiger, au contraire, que la mémoire juive reste du côté des humiliés, des déplacés, des sans-voix. C’est depuis cette fidélité critique, et non depuis une solidarité identitaire aveugle, que peut s’exprimer une voix juive fidèle à son histoire de persécutions, de diasporas, d’exodes. La mémoire de la Shoah ne peut être invoquée pour justifier un déni de justice à d’autres peuples. Elle oblige au contraire à refuser qu’un peuple en opprime un autre au nom de sa propre souffrance. Le judaïsme ne peut être confisqué par un État ni réduit à une politique d’anéantissement. La fidélité à cette tradition ne se mesure pas à l’adhésion au pouvoir, mais à la capacité de se tenir auprès de celles et ceux que le pouvoir efface.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est au nom de cette tradition, et non en dépit d’elle, qu’il devient impératif de dénoncer l’oppression exercée sur le peuple palestinien. S’en réclamer aujourd’hui implique non pas le silence, mais l’insurrection éthique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce que le judaïsme offre au monde, ce n’est pas une forteresse, mais une ouverture, une manière de penser la blessure, la mémoire, la transmission, le refus de l’injustice. Il ne peut être confisqué par un État ni réduit à une politique d’anéantissement. La fidélité à cette tradition ne se mesure pas à l’adhésion au pouvoir, mais à la capacité de se tenir auprès de celles et ceux que le pouvoir efface. C’est cette responsabilité universelle qu’il nous faut réaffirmer, aujourd’hui plus que jamais, depuis Gaza.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;2.4. La voix des victimes contre le discours dominant&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Alors que Yonathan Arfi et François Bayrou discourent, alors que la scène politique française multiplie les déclarations d’allégeance et les postures morales sélectives, les enfants de Gaza brûlent dans l’indifférence organisée. Les civils palestiniens sont bombardés, privés d’eau, de nourriture, de soins, réduits à l’errance dans les ruines, et toute tentative de dénoncer cette destruction systémique est aussitôt criminalisée, renvoyée à un prétendu antisémitisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;L’enjeu n’est pas seulement politique ou diplomatique&amp;nbsp;: il est philosophique, éthique et civilisationnel. Il s’agit d’entendre , non comme un geste compassionnel ou humanitaire, mais comme une exigence de justice, les récits, les cris, les silences de celles et ceux qui vivent sous les bombes. Il s’agit de ne pas détourner le regard, de ne pas se réfugier dans la neutralité commode des institutions, dans la passivité de l’impuissance politique organisée. Car la vérité ne réside pas dans les salons officiels ni dans les communiqués de presse, mais dans les marges, les corps fracassés, les voix étouffées, les images interdites. Ce qui est à entendre ne demande ni charité, ni pitié, ni commisération, mais une rupture avec l’ordre du discours dominant, une interruption de l’aveuglement organisé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme l’écrivait Frantz Fanon dans Les Damnés de la terre&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Quand on entend dire que l’humanité est une chose admirable, on cherche des hommes.&amp;nbsp;»&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh21&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, Paris, La Découverte, 2002 [édition&amp;nbsp;(…)&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb21&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&amp;nbsp;Cette phrase condense une critique radicale du discours humaniste tenu par les puissances coloniales, un humanisme d’apparat, purement rhétorique, démenti dans les faits par la violence systémique infligée aux colonisés. A cela, Fanon y oppose la nécessité d’une réhumanisation concrète, arrachée au réel des corps niés, des existences mutilées, des subjectivités écrasées. Cette phrase ne désigne certainement pas une essence, mais une exigence. Celle de retrouver, dans un monde dévasté, la trace de ce qui peut encore faire humanité. Aujourd’hui, ce sont les&amp;nbsp;&lt;em&gt;enfants de Gaza&lt;/em&gt;, privés de maisons, d’écoles, de funérailles dignes, qui incarnent cette vérité. Non parce qu’ils seraient meilleurs ou plus innocents que d’autres, mais parce qu’ils sont déshumanisés, niés, effacés, dans un silence médiatique et politique qui redouble la violence qu’ils subissent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Faire entendre leur voix, ce n’est pas simplement plaider pour une cause mais tenter de sauver quelque chose de l’idée même de justice, de «&amp;nbsp;l’universalité réelle&amp;nbsp;», contre toutes les rhétoriques d’exception.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Conclusion&amp;nbsp;: penser contre l’effacement&lt;/span&gt;&lt;/h2&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Face à cette inversion et cette complicité institutionnelle, nombreux sont ceux qui se mobilisent et pensent autrement, cherchant à reconstruire une pensée capable de désamorcer ces pièges discursifs. Il est urgent de renforcer cette dynamique critique pour retrouver le sens profond de la justice, au nom de toutes les victimes, sans hiérarchisation, sans essentialisation, sans exclusion. C’est cette pensée critique renouvelée qui constitue aujourd’hui une exigence vitale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ceux qui n’ont plus de maison, plus d’école, plus de ville, ce sont eux aujourd’hui qui nous obligent à réinterroger ce que signifie encore «&amp;nbsp;être humain&amp;nbsp;». Ce sont les enfants de Gaza. Ce sont les femmes de Gaza. Ce sont les hommes de Gaza. Ce sont aussi les ruines de Gaza, les quartiers entiers effacés, les vergers dévastés, les nappes phréatiques polluées, les infrastructures vitales broyées, signes d’un urbicide, d’un écocide, d’une stratégie de destruction intégrale d’un territoire, de ses milieux de vie, de ses formes d’hospitalité. C’est l’ensemble du tissu vivant, humain, architectural, végétal, qui se trouve ainsi visé, disloqué, anéanti.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La honte ne doit pas simplement changer de camp. Elle doit retrouver une adresse, non pas dans une instance de jugement ou une autorité morale, mais dans ce point de disjonction où l’histoire vacille, où la parole s’interrompt, où la vérité, non juridiquement instituée mais historiquement insupportable, exige d’être dite. Elle ne se formule pas comme une sentence, mais comme un contre-temps. Elle devient alors force de transformation, non pas en tant qu’instrument de réprobation morale, mais comme une puissance de réveil et de désajointement, capable de fracturer le présent, d’arracher l’histoire à ses enchaînements supposés, de restituer à ce qui fut détruit la possibilité d’un nom, d’un geste, d’une survivance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce n’est pas la responsabilité au sens de l’assignation qu’elle convoque, ni devoir juridique, ni charge morale fondée sur une faute établie, ni sentence articulée à une autorité institutionnelle. Ce type de responsabilité présuppose un sujet défini, une causalité repérable, un jugement prononçable. Il relève d’une économie du compte rendu, du blâme, de la réparation. Or ce qui se manifeste ici procède d’un tout autre régime&amp;nbsp;: non celui de la causalité, mais celui de l’appel. Un appel sans visage, sans origine identifiable, sans visée accusatoire. Un appel muet, anonyme, comparable au messager dont parle Walter Benjamin, porteur d’une vérité qui ne s’impose pas mais expose. Cet appel n’émane pas d’un futur désirable ni d’une transcendance justicière. Il surgit du fond même de l’irréparable, non pas pour réclamer une réparation impossible, mais pour maintenir ouverte la blessure de ce qui fut détruit sans recours. L’irréparable, ici, n’est pas un constat de défaite mais la source d’une exigence éthique radicale, une fidélité inquiète à ce qui, n’ayant pas été sauvé, continue pourtant d’appeler. En ce sens, la honte ne retrouve pas un visage, mais une adresse&amp;nbsp;: ce lieu de disjonction où l’histoire vacille, où la vérité ne se décrète pas, mais insiste. Et l’écoute de cet appel engage, non par injonction extérieure, mais depuis la rupture même qu’il creuse dans le présent.&amp;nbsp;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;(…) si l’ennemi triomphe, m&lt;/em&gt;&lt;em&gt;ême les morts ne seront pas en&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;sûreté&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;&amp;nbsp;[&lt;a id=&quot;nh22&quot; class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Walter Benjamin, « Sur le concept d’histoire », opus cité, 2000, p. 431.&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nb22&quot; rel=&quot;appendix&quot;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;écrivait Walter Benjamin dans ses thèses sur la philosophie de l’histoire, ce qui oblige à penser une autre forme de responsabilité comme étant non plus tournée vers la réparation ou le tribunal, mais vers l’interruption, le contretemps, le surgissement d’un devoir depuis ce qui ne peut plus être sauvé, mais ne doit pas être oublié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce n’est pas dans les palais, les dîners officiels, les discours bien ordonnés&amp;nbsp;; ni dans les postures confortables de ceux qui se croient, par automatisme ou bonne conscience, du bon côté de l’histoire&amp;nbsp;; ni dans les silences feutrés d’une certaine gauche progressiste, qui préfère l’abstention morale à l’engagement réel&amp;nbsp;; ni dans l’assurance de certains qui, convaincus de détenir la vérité, s’exonèrent de toute écoute, que cette exigence prend corps. Elle surgit dans les ruines, les cris, les gestes, ici et ailleurs, de celles et ceux qui, sans honte ni paralysie - ce qui n’excluent pas un profond désespoir - refusent de détourner le regard et organisent le pessimisme. Gaza ne demande pas des lamentations rituelles, mais une réactivation de la capacité à dire non. À dire, non, plus jamais cela, et faire de ce refus une puissance agissante en inventant des gestes d’interruption, des stratégies de désobéissance, des hospitalités dissidentes, des contre-cartographies concrètes, des formes collectives de désalignement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;À dire&amp;nbsp;: non, plus jamais cela. Pour personne, ni humain, ni vivant, ni forme de vie vouée à l’anéantissement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;strong&gt;Sylvain George&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;div id=&quot;nb1&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 1&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh1&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;1&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Comme on le montrera, le terme «&amp;nbsp;amnésie&amp;nbsp;» ne renvoie pas à un oubli involontaire &amp;nbsp;: il désigne ici une stratégie délibérée d’effacement des souffrances actuelles des palestiniens, instaurée par une parole publique qui sanctuarise certains récits et en mutile d’autres. L’«&amp;nbsp;amnésie&amp;nbsp;» concerne d’une part la mémoire collective complexifiée (historiquement, la Shoah) instrumentalisée pour immuniser Israël contre toute critique contemporaine&amp;nbsp;; et d’autre part l’absence de reconnaissance des civils palestiniens, malgré des faits documentés, au nom d’un récit moral monopolistique. L’amnésie devient un dispositif politiquement agissant&amp;nbsp;: elle gomme la souffrance réelle pour mieux imposer un silence mémoriel politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb2&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 2&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh2&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;2&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Discours de Yonathan Arfi lors du 39&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;dîner du Crif, jeudi 3&amp;nbsp;juillet 2025&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;spip_out&quot; href=&quot;https://www.crif.org/fr/content/discours-de-yonathan-arfi-lors-du-39e-diner-du-crif&quot; rel=&quot;external&quot;&gt;https://www.crif.org/fr/content/discours-de-yonathan-arfi-lors-du-39&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;-diner-du-crif&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb3&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 3&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh3&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;3&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Judith Butler Ce qui fait une vie. Essai sur la violence, la guerre et le deuil, Paris, Zones, 2010.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb4&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 4&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh4&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;4&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;. “Avec lui, Rima Hassan, Thomas Portes, David Guiraud, Aymeric Caron et quelques autres... ont en commun d’être de faux amis des Palestiniens et de vrais ennemis de la République. Faux ami des Palestiniens, tant pour eux leur détresse n’a qu’une fonction, celle de vilipender l’État juif. Au fond, ils ne craignent pas un génocide&amp;nbsp;: une part d’eux-mêmes l’espère, pour mieux accabler Israël et stigmatiser les Juifs, accusés de complicité&amp;nbsp;! Vrais ennemis de la République en revanche qu’ils sacrifient sur l’autel du communautarisme assumé et du clientélisme décomplexé.” Discours de Yonathan Arfi lors du 39&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;dîner du Crif, jeudi 3 juillets 2025&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;a class=&quot;spip_out&quot; href=&quot;https://www.crif.org/fr/content/discours-de-yonathan-arfi-lors-du-39e-diner-du-crif&quot; rel=&quot;external&quot;&gt;&lt;em&gt;https://www.crif.org/fr/content/discours-de-yonathan-arfi-lors-du-39&lt;sup class=&quot;typo_exposants&quot;&gt;e&lt;/sup&gt;-diner-du-crif&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb5&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 5&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh5&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;5&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;a class=&quot;spip_out&quot; href=&quot;https://youtube.com/shorts/bf4RnH2fL9o?si=GVjO1qWDRDsFoR9-&quot; rel=&quot;external&quot;&gt;https://youtube.com/shorts/bf4RnH2fL9o?si=GVjO1qWDRDsFoR9-&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb6&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 6&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh6&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;6&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Spinoza, on le sait, excommunié par la communauté juive d’Amsterdam en 1656, développe dans&lt;em&gt;&amp;nbsp;L’Éthique&amp;nbsp;&lt;/em&gt;et dans le&lt;em&gt;&amp;nbsp;Traité théologico-politique&amp;nbsp;&lt;/em&gt;une pensée radicale de l’altérité et de la liberté. Il récuse toute sacralisation de l’histoire ou de l’identité collective. Cf. notamment&amp;nbsp;: Spinoza, “Traité théologico-politique”, chapitres XVI, Œuvres complètes, PUF, 2012.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb7&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 7&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh7&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;7&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;La pensée de Walter Benjamin oppose à toute souveraineté constituée une fidélité au fragment, au reste, à l’histoire discontinue des vaincus. Voir notamment&amp;nbsp;: Walter Benjamin, «&amp;nbsp;Sur le concept d’histoire&amp;nbsp;», in Œuvres III, Paris, Gallimard, 2000. Thèses II, VI et IX.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb8&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 8&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh8&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;8&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Hannah Arendt s’est exprimée de manière critique sur le sionisme et sur la création de l’État d’Israël dans plusieurs écrits. Dans une lettre ouverte publiée en 1948 dans le&lt;em&gt;&amp;nbsp;New York Times&lt;/em&gt;&lt;em&gt;,&amp;nbsp;&lt;/em&gt;signée avec Albert Einstein et d’autres intellectuels juifs, elle dénonçait les dérives du parti sioniste révisionniste (Tnuat Haherut), qu’elle rapprochait des mouvements fascistes européens. Voir&amp;nbsp;:&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;«&amp;nbsp;New Palestine Party&amp;nbsp;: Statement by American Professors of Jewish Faith&amp;nbsp;», The New York Times, 4&amp;nbsp;décembre 1948.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb9&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 9&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh9&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;9&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Si Emmanuel Levinas a proposé une philosophie du visage et de la responsabilité pour l’autre, il convient, comme l’a montré Judith Butler, de ne pas occulter les ambivalences de ses positions sur Israël&amp;nbsp;: penser depuis l’éthique juive ne saurait justifier l’impunité d’un État-nation) Voir «&amp;nbsp;Levinas trahi&amp;nbsp;? La réponse de Judith Butler à Bruno Chaouat&amp;nbsp;»,&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;21&amp;nbsp;mars 2013.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb10&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 10&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh10&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;10&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Yeshayahu Leibowitz, a souvent dénoncé la dérive nationaliste et idolâtre du sionisme d’État. Il écrivait ainsi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Placer l’État d’Israël, l’histoire juive ou la culture juive au-dessus de Dieu constitue une idolâtrie.&amp;nbsp;» cf.&amp;nbsp;&lt;em&gt;Judaism, Human Values and the Jewish State&lt;/em&gt;, Harvard University Press,1992.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb11&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 11&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh11&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;11&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Yoav Gallant, «&amp;nbsp;We are fighting human animals and we are acting accordingly.&amp;nbsp;» 9&amp;nbsp;octobre 2023, lors d’une allocution publique. Source journalistique&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;spip_out&quot; href=&quot;https://www.bbc.com/news/world-middle-east-67053094&quot; rel=&quot;external&quot;&gt;BBC News&lt;/a&gt;, Al Jazeera.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb12&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 12&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh12&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;12&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Itamar Ben-Gvir – «&amp;nbsp;tirer sur les femmes et les enfants&amp;nbsp;» Plusieurs sources (notamment Middle East Monitor, Mondoweiss, et des rapports d’ONG) ont rapporté que Ben-Gvir a tenu des propos incitant à tirer sur les manifestants, y compris les femmes, sous couvert de sécurité. Cette citation exacte n’a pas été diffusée de manière officielle sous cette forme synthétique. Il est prudent de reformuler en mentionnant les nombreuses déclarations violentes de Ben-Gvir et son approbation de tirs à balles réelles contre les civils.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb13&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 13&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh13&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;13&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Nissim Vaturi – «&amp;nbsp;Gaza should be wiped off the map.&amp;nbsp;» Déclaration rapportée par plusieurs médias israéliens et internationaux tels que Times of Israel, Haaretz, Al Jazeera&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb14&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 14&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh14&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;14&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Amichay Eliyahu. À la question sur l’usage d’une bombe nucléaire sur Gaza, Eliyahu a répondu&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;That’s one way.&amp;nbsp;» Entretien du 5&amp;nbsp;novembre 2023 avec Kol Barama Radio (Israël), relayé par The Times of Israel, et Reuters.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb15&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 15&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh15&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;15&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;On peut rappeler ici, à titre comparatif, la rupture franche du général de Gaulle avec la politique israélienne à l’issue de la guerre des Six Jours. Dès juin 1967, il impose un embargo sur les armes à destination d’Israël, dénonçant son attaque contre ses voisins arabes. En novembre 1967, lors d’une conférence de presse devenue célèbre, il critique ouvertement l’expansionnisme israélien, affirmant que «&amp;nbsp;la France condamne l’occupation des territoires&amp;nbsp;» et appelle à un retrait conformément à la résolution 242 de l’ONU. Cette position contrastait avec le soutien antérieur de la France à Israël et marquait une volonté d’indépendance vis-à-vis des États-Unis. Elle s’oppose radicalement à l’attitude actuelle d’Emmanuel Macron, qui n’a jamais remis en cause la logique stratégique israélo-américaine, se contentant de gestes symboliques, sans inflexion de fond. Voir notamment&amp;nbsp;: Charles de Gaulle, conférence de presse du 27&amp;nbsp;novembre 1967&amp;nbsp;; et les analyses comparées de la diplomatie française dans&amp;nbsp;: Frédéric Encel, Géopolitique d’Israël, PUF, 2020.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb16&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 16&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh16&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;16&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il était accompagné de plusieurs ministres, et notamment Bruno Retailleau (Intérieur), Élisabeth Borne (Éducation), Gérald Darmanin (Justice) et Benjamin Haddad (Europe), ainsi que du président du Sénat Gérard Larcher. Sophia Aram, humoriste à France Inter, fut la récipiendaire cette année du «&amp;nbsp;prix du Crif&amp;nbsp;» lors de la cérémonie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb17&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 17&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh17&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;17&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;UNOSAT, Satellite-detected damage assessment in the Gaza Strip (update), United Nations Institute for Training and Research (UNITAR), mai-juin 2025.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb18&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 18&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh18&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;18&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Médecins Sans Frontières (MSF), Gaza&amp;nbsp;: Health System in Collapse, communiqués de février à juin 2025.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb19&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 19&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh19&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;19&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Données issues du Ministère de la Santé de Gaza, croisées avec les rapports de l’UNICEF, de l’OCHA et de Save the Children, compilés entre octobre 2023 et juin 2025. Voir notamment&amp;nbsp;: UNICEF, Gaza&amp;nbsp;: Children under fire, juin 2025.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb20&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 20&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh20&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;20&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Aimé Césaire, Discours sur le colonialisme, Paris, Présence Africaine, 1955 (éd. originale 1950), p. 30.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb21&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 21&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh21&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;21&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, Paris, La Découverte, 2002 [édition originale 1961], chapitre VI «&amp;nbsp;La guerre coloniale et la médecine&amp;nbsp;», p. 285&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Quand on entend dire que l’humanité est une chose admirable, on cherche des hommes.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;nb22&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span class=&quot;spip_note_ref&quot;&gt;[&lt;a class=&quot;spip_note&quot; title=&quot;Notes 22&quot; href=&quot;https://lundi.am/Ce-que-Gaza-fait-au-langage-reponse-au-discours-du-CRIF-2025?fbclid=IwY2xjawLw1IVleHRuA2FlbQIxMQABHlLD8naJxe1fOIOU5417VKMXxdhvzGhvC3ZUOXDUr0GwVzT_jHPiVHJQNHdo_aem_hG1sUbqSqvGKOXObDzgdDg#nh22&quot; rev=&quot;appendix&quot;&gt;22&lt;/a&gt;]&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Walter Benjamin, «&amp;nbsp;Sur le concept d’histoire&amp;nbsp;»,&amp;nbsp;&lt;em&gt;opus cité&lt;/em&gt;, 2000, p. 431&lt;strong&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;h2 class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;img src=&quot;https://aoc.media/wp-content/uploads/2025/07/enfantsgaza.png&quot; width=&quot;208&quot; height=&quot;109&quot; /&gt;&lt;/h2&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
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      <title>Gaza, ce n’est pas seulement Gaza</title>
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      <updated>2025-07-27T18:46:38+02:00</updated>
      <published>2025-04-12T04:52:00+02:00</published>
                      <summary>     Gaza, ce n’est pas seulement Gaza   «Elle est la pierre de touche,...</summary>
      <content type="html" xml:base="https://rafrafi.blogspirit.com/">
          &lt;div class=&quot;bandeau &quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1398376&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/01/02/2811866538.jpg&quot; alt=&quot;image0-resp1280.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;h1 id=&quot;titre&quot; class=&quot;titre crayon article-titre-6801 &quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Gaza, ce n’est pas seulement Gaza&lt;/h1&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;«Elle est la pierre de touche, le point d’entrée des pires fascismes à venir.»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;par&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Catherine Libert&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;parution&quot; style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;paru dans LUNDI MATIN, le 31 mars 2025&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&quot;articlebox-threeC&quot;&gt;&lt;div class=&quot;articlebox-left&quot;&gt;&lt;div id=&quot;flag1&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;flag2&quot;&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div id=&quot;articlecontent&quot; class=&quot;article main&quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Aujourd’hui, ça fait 534 jours&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Soit presque 18 mois&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;534 jours que je ne dors presque plus... que je me réveille trois à quatre fois par nuit pour allumer mon téléphone et chercher à avoir des nouvelles de Gaza...&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;534 cycles de 24h dans un continuum de jours et de nuits que je poste et archive ces nouvelles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class=&quot;articletexte crayon article-texte-6801 &quot;&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je crois que j’ai toujours su.&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Que Gaza, ce n’est pas seulement Gaza. Que tout ce qui lutte, tout ce qui se dresse contre l’effacement du monde, contre l’effacement de l’histoire, a quelque chose à voir avec elle.&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est une ligne de front qui n’en est pas une.&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un territoire qui déborde ses propres frontières, une brèche dans laquelle se joue plus que son propre destin, plus que sa propre géographie.&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Gaza est ce qui résiste encore en nous et si elle devait disparaitre, nous serions finis...&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Elle est la pierre de touche, le point d’entrée des pires fascismes à venir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La violence de frappe du 7&amp;nbsp;octobre a été un point de bascule de l’histoire. La puissance du flash totalitaire qui s’est révélé dès les premiers jours de l’attaque nous a fait entrapercevoir la pire anticipation d’un futur possible, le dévoilement de ce qui, depuis toujours, était là, en attente, prêt à surgir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;.......&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Les semaines passent, les morts se comptent, se décomptent... jusqu’à ce qu’on ne retienne plus les visages mais les nombres...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Les semaines s’accumulent comme les morts et les ruines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Les morts commencent à se décomposer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Mais le monde autour de nous continue. Comme si rien n’avait changé. Comme si tout pouvait continuer. Mais nous, nous ne sommes plus là, nous regardons le génocide qui creuse un trou de plus en plus large sous nos pieds...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il y a maintenant deux temporalités parallèles.&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Deux réalités qui ne se rejoignent plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous étions tous impuissants face au flux incessant des images chargées de morts... nos esprits étaient épuisés par la sidération mais aussi par la fragmentation permanente du réel...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Les reels, qui ne sont pas le réel, ont une durée moyenne dans les stories de trente secondes... Personne n’a encore vraiment étudié cette question de la fragmentation du temps dans nos cerveaux, mais il faut essayer d’imaginer ce que peut provoquer l’effet de régulières secousses de trente secondes de génocides sur le cerveau humain... des séances répétées d’ électrochocs n’auraient pas été plus terribles... Cette discontinuité de l’horreur a pour effet de nous empêcher de percevoir ce que les gazaouis tentent par tous les moyens de nous faire ressentir.&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Comment faire accepter l’idée même du génocide quand sa réalité n’apparaît qu’en images subliminales, entre-coupée de publicités, de selfies et de fictions personnelles vides de sens&amp;nbsp;?...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;L’œil saturé avale tout. L’esprit s’engourdit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Et cette durée réduite de la story, il faut aussi l’imaginer du côté des gazaouis qui filment... Comment un père face à son enfant en train de mourir, va-t-il faire savoir au monde ce qui est en train de se passer sous ses yeux s’il n’a que trente secondes&amp;nbsp;?...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Trente secondes, ce n’est pas le temps d’un génocide. Ce n’est pas le temps de la souffrance. Comment raconter une agonie en trente secondes&amp;nbsp;?Comment faire savoir tout ce qui est en train de s’effondrer, si le monde n’a que trente secondes d’attention à offrir&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est dans cette volonté de redonner du temps au réel de Gaza que j’ai commencé à visionner des centaines d’heures de génocide... des centaines d’heures hachées en portions de trente secondes que j’ai commencé à monter ensemble pour récupérer de la durée... retracer le temps des images que les gazaouis tentaient par tous les moyens de nous donner à voir depuis des mois...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Donner à voir, le cinéma devrait normalement servir à cela s’il n’était si occupé à être cette usine de rêves rentables et efficaces...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;Au cinéma c’est le temps qui a remplacé l’espace. C’est de l’espace qui s’est enregistré sur le film sous une autre forme. Ce n’est plus tout-à-fait l’espace, Mais une sorte de traduction, une sorte de sentiment que l’on a de cet espace, C’est-à-dire du temps.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Ici et ailleurs&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il fallait redonner une durée, un corps tangible à ce génocide en cours, et en même temps interroger le cinéma dans son incapacité à redonner du récit à ces images...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le film que j’en ai sorti retrace les six premiers mois du génocide de Gaza, du 7&amp;nbsp;octobre aux premiers jours de ramadan, à travers le point de vue de six gazaouis avec qui je suis en contact depuis des mois. Ce sont les premiers temps de l’enfer et depuis, la situation s’est tellement aggravée qu’on en viendrait presqu’à regretter cette première période.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je vous écris de la Cité du Temps interrompu. La catastrophe lente ne s’achève pas. Notre vie s’écoule, notre vie s’amenuise et nous attendons encore «&amp;nbsp;le moment qui repasse le mur&amp;nbsp;». (...) Le désordre est partout. Les oreilles sont pour l’unification de l’Univers mais les bras sont pour tomber dessus et la léthargie pour laisser faire. Le fer ne pèse plus. Il se rencontre dans la haute atmosphère, solide, rapide, fait au mal. Mais la pensée pèse. Elle n’a jamais tant pesé (...)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Je vous écris des pays de l’atroce. Je vous écris de la capitale à la foule endormie. On vit en indifférence dans l’horreur. On appelle la fin et vient celle du nivellement... Les formes nobles ne se montrent plus (...)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;La paix a honte... Sachez-le aussi&amp;nbsp;: nous n’avons plus nos mots. Ils ont reculé en nous- mêmes. (...) Parfois, dans un grand bruit, nos maisons à étages de poussière à la rue se déversent. (...) Tout avait couleur de ferraille et de poutre enfumée et couleur de fatigue profonde. Des triangles d’oiseaux rigides parcouraient le ciel à grand bruit. (...)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Le temps s’écoulait , réponse évasive, les années en lanière, entre les doigts des traîtres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Nous nous sommes regardés en silence. Nous nous sommes regardés avec le sérieux précoce des enfants d’aveugle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Tout tombe... tout tombe et déjà tu erres dans les ruines de demain.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;La lettre dit encore&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class=&quot;autobr&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Henri Michaux&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;À Ahmed, Mahmoud, Bachar et Amir&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;small&gt;&lt;strong&gt;Catherine Libert&lt;/strong&gt;&lt;/small&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;----&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Source : &lt;a href=&quot;https://lundi.am/Gaza-ce-n-est-pas-seulement-Gaza&quot;&gt;lundi.am/Gaza-ce-n-est-pas-seulement-Gaza&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
        <uri>https://rafrafi.blogspirit.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>De Petro à Trump</title>
      <link rel="alternate" type="text/html" href="https://rafrafi.blogspirit.com/archive/2025/01/27/de-petro-a-trump-3369560.html" />
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      <updated>2025-01-27T19:25:31+01:00</updated>
      <published>2025-01-27T19:23:00+01:00</published>
                      <summary>    رسالة من الرئيس الكولومبي غوستافو بيدرو        إلى دونالد ترامب...</summary>
      <content type="html" xml:base="https://rafrafi.blogspirit.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;رسالة من الرئيس الكولومبي غوستافو بيدرو&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;إلى دونالد ترامب&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/00/01/1549937929.png&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1394365&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/00/01/1119090047.png&quot; alt=&quot;image_2025_01_27T17_37_05_458Z.png&quot; width=&quot;160&quot; height=&quot;166&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;ترامب، أنا لا أحبّ السفر كثيرًا إلى الولايات المتحدة، أجدها مملة بعض الشيء، لكن أعترف أن هناك أشياء تستحق الاهتمام. أحب زيارة أحياء السود في واشنطن، حيث شاهدت هناك معركة كاملة في عاصمة الولايات المتحدة بين السود واللاتينيين مع حواجز، وقد بدا لي ذلك سخيفًا لأنهم يجب أن يتحدوا&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;أعترف بأنني أحب والت ويتمان، وبول سايمون، ونوام تشومسكي، وميلر&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;أعترف بأن ساكو وفانزيتي، اللذين يجري دمهما في عروقي، هما من الشخصيات التي لا تُنسى في تاريخ الولايات المتحدة، وأتابع سيرتهما. لقد تم إعدامهما بواسطة الكرسي الكهربائي لأنهما كانا قادة عماليين، على يد الفاشيين الذين يوجدون داخل الولايات المتحدة كما في بلادي&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;أنا لا أحب نفطك، ترامب، فهو سيدمر الجنس البشري بسبب الجشع. ربما في يوم من الأيام، مع كأس من الويسكي الذي سأقبله رغم معاناتي من التهاب المعدة، يمكننا الحديث بصراحة عن هذا الموضوع. ولكن سيكون من الصعب لأنك تعتبرني عرقًا أدنى، وأنا لست كذلك، ولا أي كولومبي&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;لذا إذا كنت تعرف شخصًا عنيدًا، فأنا هو ذلك الشخص، نقطة. يمكنك بمحاولتك الاقتصادية المتعجرفة أن تحاول تنفيذ انقلاب كما فعلت مع ألليندي، لكنني سأموت على مبادئي، لقد صمدت أمام التعذيب وسأصمد أمامك. لا أريد مستعبدين بجانب كولومبيا، فقد عانينا منهم بما يكفي وتحررنا. ما أريده بجانب كولومبيا هم عشاق الحرية، وإذا لم تستطع مرافقتي، فسأذهب إلى أماكن أخرى. كولومبيا هي قلب العالم وأنت لم تفهم ذلك. إنها أرض الفراشات الصفراء، وجمال “ريميديوس”، ولكنها أيضًا أرض العقيد “أوريليانو بوينديا”، وأنا أحدهم، وربما الأخير&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;قد تقتلني، لكنني سأبقى في شعبي الذي وُجد قبل شعبك في الأميركتين. نحن أبناء الرياح والجبال والبحر الكاريبي والحرية&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;أنت لا تحب حريتنا، حسنًا. أنا لا أصافح المستعبدين البيض، بل أصافح البيض الأحرار ورثة “لينكولن” والفلاحين السود والبيض في الولايات المتحدة، الذين بكيت وصليت عند قبورهم في ساحة معركة وصلت إليها بعد أن اجتزت جبال توسكانا الإيطالية، وبعد أن نجوت من الكوفيد&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;هؤلاء هم الولايات المتحدة، وأمامهم أركع، ولا أركع أمام أحد آخر&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1394368&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/01/02/2781050377.jpg&quot; alt=&quot;TrumpPortrait.jpg&quot; /&gt;أسقطْني، أيها الرئيس، وسترد عليك الأميركتان والإنسانية&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;كولومبيا لم تعد تنظر إلى الشمال، بل تنظر إلى العالم، فدماؤنا تأتي من دماء الخلافة الأندلسية، حضارة ذلك الزمان، ومن اللاتينيين الرومان في البحر المتوسط، الحضارة التي أسست الجمهورية والديمقراطية في أثينا. دماؤنا تتضمن أيضًا مقاومة السود الذين استعبدتموهم. في كولومبيا يوجد أول إقليم حر في الأميركتين، قبل واشنطن، في كل الأميركتين، وهناك أجد ملجئي في أناشيدهم الأفريقية&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;أرضنا عريقة في فنون الصياغة منذ زمن الفراعنة المصريين، ومن أوائل الفنانين في العالم في “تشيريبيكيتي”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;لن تسيطر علينا أبدًا. يقف ضدك المحارب الذي جاب أراضينا صارخًا بالحرية، ويدعى “بوليفار”&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;شعوبنا خجولة نوعًا ما، لكنها محبة، وستستعيد قناة بنما التي سلبتموها بعنف. مئتا بطل من جميع أنحاء أمريكا اللاتينية يرقدون في “بوكاس ديل تورو”، بنما الحالية، التي كانت سابقًا جزءًا من كولومبيا، وقد قتلتموهم&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;أنا أرفع علمًا، وكما قال “غايطان”، حتى لو بقيت وحدي، سيظل العلم مرفوعًا بكرامة أمريكا اللاتينية، وهي كرامة أمريكا التي لم يعرفها جدك، لكن جدي عرفها، أيها الرئيس المهاجر إلى الولايات المتحدة&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;حصارك لا يخيفني، لأن كولومبيا، بالإضافة إلى كونها بلد الجمال، هي قلب العالم. أعلم أنك تحب الجمال مثلي، فلا تهنه، وسيمنحك حلاوته&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;كولومبيا من اليوم تفتح أبوابها للعالم، نحن بناة الحرية، الحياة، والإنسانية&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;لقد أبلغوني أنك تفرض رسومًا جمركية بنسبة 50% على ثمرة عملنا لدخول الولايات المتحدة، سأفعل الشيء نفسه&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;فلنزرع الذرة، التي تم اكتشافها في كولومبيا، ولتغذي العالم&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;غوستافو بيدرو&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
        <uri>https://rafrafi.blogspirit.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>Sapho Maintenant</title>
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      <updated>2025-07-27T18:49:07+02:00</updated>
      <published>2021-11-15T20:10:00+01:00</published>
                      <summary>  Traduction du français vers l'arabe de MAINTENANT, poème écrit et chanté...</summary>
      <content type="html" xml:base="https://rafrafi.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Traduction du français vers l'arabe de MAINTENANT, poème écrit et chanté par &lt;a href=&quot;https://www.facebook.com/sapho.ebguy&quot;&gt;Sapho&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;(Texte original : Image jointe en bas de page)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/02/01/168663579.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1134809&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/02/01/1535012686.jpg&quot; alt=&quot;Sapho.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;الآن&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;(قصيد من تأليف وتلحين وغناء &lt;a href=&quot;https://www.facebook.com/sapho.ebguy&quot;&gt;صافو&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;بما أنّ الموتَ الآن يجول&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;وله اسمٌ جميل&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;فهو هذا الوجع المُراوغ المُتربّص به&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;إنّه الوَرم الكسول&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;الآن بما أنّ هذا الكَسول&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;يجول ويجول&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;فهذا تحذير&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;لِذا فغيْرتي تتهاوَى&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;مثل فستانٍ مُلقَى أرضاً&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;أنا شُفيت وهو عليل&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;أعانقه وأمسك به&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;فيبتسم لي بابتعادٍ قليل&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;لكنني دائما في الليالي العنيفة&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;أرَى شقراوات مُزيّفات&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;يُحدّقن فيَّ ببعض الازدراء&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;ببعض الابتذال وشرود الذهن&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;وأرى أشقرَ مُزيّفاً يَغيب&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;في صُوَرٍ داخل قلبي الخَصيب&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;صوَرٍ تختفي في استيقاظي&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;عندما أعود إلى الحياة&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;بما أنّ الموت الآن يجول&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;والوقت يَنفد&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;لِندعْ الأقمارَ تجْعلنا أحلَى&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;وليكنْ كلّ يومٍ من أيّامنا حِلْيَة&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;( &lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://www.facebook.com/sapho.ebguy&quot;&gt;صافو&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; )&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;ترجمة محمد الرفرافي&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/00/00/3184557961.2.png&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1134807&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/00/00/1076504682.2.png&quot; alt=&quot;Maintenant.png&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
      </content>
    </entry>
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      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
        <uri>https://rafrafi.blogspirit.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>Trente cinq ans après!</title>
      <link rel="alternate" type="text/html" href="https://rafrafi.blogspirit.com/archive/2020/10/01/trente-cinq-ans-apres.html" />
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      <updated>2024-07-18T02:19:52+02:00</updated>
      <published>2020-10-01T22:11:00+02:00</published>
                            <category term="En arabe" scheme="http://www.blogspirit.com/ns/types#category" />
                              <summary>    !آه يا عرب&amp;nbsp;      بكلّ بساطة &quot;صهيونية&quot; غير نادرة، وصلت الطائرات...</summary>
      <content type="html" xml:base="https://rafrafi.blogspirit.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 24pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;!آه يا عرب&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;بكلّ بساطة &quot;صهيونية&quot; غير نادرة، وصلت الطائرات الإسرائيلية...إلى أين؟ إلى شمال إفريقيا. نعم، وتحديدا إلى تونس، عاصمة &quot;الاعتدال&quot; العربي.. وصلت إلى عقر دار بورقيبة الذي كان أول من نادى في الستينات للجلوس إلى طاولة الحوار مع حكماء صهيون..لم تكن الغارة بعيدة عن قصر قرطاج الرئاسي، هناك فقط فاصل بحري بنحو 20 كيلومتر بين هذا القصر المطل على خليج تونس وبين &quot;حمّام الشطّ&quot; الذي كان هدف الغارة غير العمياء، المطل من الناحية المقابلة على نفس الخليج.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;ستّ طائرات إسرائيلية قيل أنّها فرنسية الصنع أو أمريكية، تمّ تزويدها لوجيستكيا في الجوّ بطائرة أمريكية، لكي تقطع مسافة 2500 كلم وتصل إلى مقر الضيافة التونسية لمنظمة التحرير الفلسطينية.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;ست طائرات بعدد أسنان نجمتها السداسية، طارت بكبرياء وثقة وأيضاً بحماية الأسطول السادس هو الآخر، ليس لقصف بيروت أو بغداد لأن ذلك قد تم ودخل أرشيف التاريخ العربي المعاصر، وإنّما لضرب هدف عربي آخر أبعد جغرافيا صحيح ولكنه عسكريا- صهيونيا ليس أبعد من صور أو صيدا..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;قال سفير إسرائيل في باريس بلسانه الفرنسي الألكن وبلهجة المنتصر أنّ &quot;تونس تحتضن المنظمة الإرهابية&quot; وأنّ بلده قام &quot;بواجبه في ضرب مركز الإرهاب مثلما فعل في الماضي وكما سيفعل في المستقبل&quot;... هكذا هي الحقيقة الإسرائيلية الدّامغة تعلن عن نفسها، أولا بالفعل، وثانيا بالقول.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;لكن إذا تتبّعنا منطق السفير الذي هو منطق طيران حكومته، لتساءلنا قائلين: باريس تحتضن مكتبا لمنظمة التحرير وبالتالي &quot;مركزا للإرهاب&quot; فلماذا لا تقصف إسرائيل مقر الإرهاب هذا؟ هل لأنّ إبراهيم الصوص مدير هذا المكتب، رجل أنيق، يجيد العزف على البيانو ويتحدث بفرنسية أكثر طلاقة من فرنسية السفير زميله العدو؟ لا يبدو الأمر كذلك؟ أم لأن قصف مقر المنظمة في باريس قد يؤدي إلى مقتل بعض اليهود القاطنين قرب المقر أو المارين بالقرب منه؟ هناك شيء من هذا القبيل. أم لأن قصف مكتب باريس يعني قصف باريس نفسها، أي قصف جزء من ذاكرة الغرب الذي أنشأ إسرائيل من رمادنا؟ يبدو أن ذلك أكثر إقناعا...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;على نفس المنوال نتساءل: منظمة الأمم المتحدة تحتضن عضوا مراقبا من منظمة التحرير، فلماذا لا تضرب إسرائيل مقر هذه المنظمة؟ السؤال يبدو سرياليا، لكن المطلع على علاقة إسرائيل بقرارات هذه المنظمة الدولية سيجد أنّ إسرائيل يكفيها أنها لا تتردد في &quot;البول&quot; (و معذرة للتعبير) على قرارات هذه المنظمة التي تحتضن العضو الفلسطيني المراقب.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;عندما سؤل السفير التونسي في باريس عن موقفه مما حدث، عاد المسكين إلى أرشيف الدبلوماسية التونسية ليستخرج من غبارها وثيقة مصّفرة تروي دعوة &quot;المجاهد الأكبر&quot; منذ الستينات، إلى إتباع سياسة&amp;nbsp; التفاوض والحوار مع إسرائيل، مؤكدا- أي السفير- بلهجة المنهزم التي باتت لهجتنا المعاصرة، على أنّ تونس لم يسبق لها أبدا أن كانت وراء أي عمل إرهابي ضدّ إسرائيل &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;!!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;صحيح أنّ تونس لم تشترك رسميا في أية حرب عربية ضدّ الكيان الصهيوني وأنّه في كلّ مرّة ترسل فيها تونس جنودا من أبنائها إلى ساحة المعركة، تنتهي الحرب قبل وصولهم.. لكن ألا يكفي أن تبدي تونس استعدادها لمحاربة إسرائيل كي تكون عدوا في نظر هذه الأخيرة؟..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;نسي السفير أن إسرائيل لا ترى العرب مجزّئين، ذلك أن إسرائيل وحدها ترانا موحَّدين أوّلا وضدها ثانياً.. نسي السفير أن زميله اللدود في باريس، قالها في تصريح صحفي بأن إسرائيل تقف وحدها في مواجهة 150 مليون عربي..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;تونس التي يريدها البعض فينيقية أوّلا وإفريقية ثانيا ومتوسّطية ثالثا وإسلامية رابعا وفرانكفونية خامسا ولا أدري ماذا سادسا وسابعا... ولكن عربية آخرا.. تونس هذه، تراها إسرائيل عربية أوّلا وفلسطينية ثانيا وأحيانا العكس. وما احتضان تونس لمنظمة التحرير بعد بيروت إلاّ دليل على هذا القدر الدموي الذي يربط العربي بالعربي حتّى القبر..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;بورقيبة الذي انتظر طويلا تحقيق حلمه السّتيني في الحوار &quot;المتحضّر&quot; مع إسرائيل، عاش أيضاً طويلا حتّى شاهد كيف سقطت البندقية الفلسطينية في بيروت وكيف احترقت أغصان زيتون لبنان، وكيف جاء أبو عمّار إلى تونس باحثا عن غصن زيتون آخر من زياتين المنستير.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;أبو عمّار من ناحيته انتظر طويلا تحقيق حلمه السّبعيني في الحوار الشّفوي مع ذوي حوار المدافع، وبقي صامدا في بيروت ليس لكي يموت وإنّما لكي يخرج مرفوع الرأس كالفينيقيين ويركب البحر الذي يمتدّ من شواطئ صور إلى شواطئ قرطاج، عاصمة الفينيقيين التي صارت عاصمة الاعتدال السياسي المتمثّل في الواقع في الاعتزال الرئاسي من أي موقف خارجي صارم خوفا على البيت الوطني من شرَهِ الطّامعين أو سُخط الحاقدين.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;بورقيبة الذي سبق أن راهن على تحضّر إسرائيل والذي كثيرا ما أكد على أنّ الصراع العربي الإسرائيلي هو صراع حضاري، عاش المسكين طويلا حتّى رأى من شرفة قصره القرطاجي المطل مباشرة من الناحية المقابلة على شاطئ حمّام الشّط كيف جاءت طائرات حكماء صهيون لتمارس حوارها الحضاري وتقضي على آخر حلم تبقّى لدى بورقيبة الحالم والمسالم..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;بورقيبة الذي استنجد بريغن لحمايته من خطر الطيّران الليبي، فأرسل إليه هذا الأخير بارجة حربية من الأسطول السّادس، لا بد أن خطر له ولو لِحين أنّ الطائرات المُغيرة هي طائرات ليبية.. فماذا يا ترى كان شعوره عندما سمع تبنّي إسرائيل لغارتها الحضاريّة؟ وماذا كان موقفه عندما تأكّد له أنّ هذه الطائرات قد تزودت جوّا بالوقود من طائرة أمريكية من نفس الأسطول الذي جاء يحميه من غارة ليبية؟&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt; وماذا كان شعوره من مباركة هذه الغارة من قبل صديقه ريغن الذي نزل ضيفا عليه قبل أشهر&amp;nbsp; قليلة في واشنطن؟&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;وأبو عمّار&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt; هذا المقاتل من دون سلاح، والبطل من دون انتصار، والمفاوض من دون أنصار لا من حملة السلاح ولا من معتقلي أنصار.. أما آن له أن يقتنع بأنّه في نظر عدوه، إما قاتل أو مقتول؟&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;فندق &quot;سلوى&quot; بحمّام الشط الذي احتضن شتات المنظمة الفلسطينية، لم يكن للسلوى، كان للبلوى..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا بورقيبة&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt; يا من تشبّثتَ بذكرى &quot;جهادك&quot; القديم كتشبّث الأحبار بالعهد القديم، يا من توقّعت خيرا من &quot;البيت الأبيض&quot; وآمنت بنقاوة لونه، ما دامت أنفاسك باقية فإنّ هناك فرصة نتمنّاها ألاّ تضيع، وهي في أن تُنهي عهدك الطويل بوقفة بدوية &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt; نعم بدوية شجاعة ضد تحضّر تل أبيب وخالتها واشنطن، فترسل مثلا طائرة انتحارية إن لم يكن إلى تل أبيب فإلى إحدى بوارج الأسطول السّادس وهي على أيّة حال لا تزال قريبة من سواحلك.. واقترح عليك أن تدعو أبا عمّار لقيادة هذه الطائرة.. ليس لأنّي ضدّ أبي عمّار الذي أكنّ له منذ زمان محبّة غير معلنة رغم انتكاساته التي قتلتنا، وإنّما لإصرار إسرائيل على قتله أينما ذهب وأينما احتمى، فإنّي لا أجد لخلاصه حلاّ غير تخلّصه نهائيّا من خصاله السياسية وتحلّيه بخصال المسيح المخلّص.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;آه يا عرب&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;فندق &quot;سلوى&quot; لم يكن للسلوى.. كان للبلوى..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 20.0pt; font-family: 'Sakkal Majalla';&quot;&gt;محمد الرفرافي/ أكتوبر 1985&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <entry>
      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
        <uri>https://rafrafi.blogspirit.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>&quot;Juste encore une année&quot;</title>
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      <updated>2020-01-01T15:05:11+01:00</updated>
      <published>2020-01-01T15:03:00+01:00</published>
                      <summary>       Juste encore une année         pour que je termine, peut-être,...</summary>
      <content type="html" xml:base="https://rafrafi.blogspirit.com/">
          &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/01/01/1831134467.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1081413&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/01/01/3936423280.jpg&quot; alt=&quot;Ma-Da-7.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Juste encore une année &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;pour que je termine, peut-être,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;une&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt; conversation déjà commencée&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;Un départ déjà commencé&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;Pour que nous puissions remplacer les idées&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;par une randonnée à pied,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;libérés de temps et de bannières&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;Avons-nous trahi quelqu'un&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;pour que nous appelions tout territoire hors blessure, une écume&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;Juste encore une année &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;Une année qui suffit pour que je revive ma vie entière&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;en une seule fois&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;ou en un seul baiser&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;ou en un seul coup de feu qui éliminerait mes questions&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;Juste encore une année &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Monotype Corsiva';&quot;&gt;/&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt;&quot;&gt;Mahmoud Darwich, poète palestinien (1941-2008) / &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.0pt;&quot;&gt;Traduction de l’arabe par Mohamed Rafrafi (1/1/2020)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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      <author>
        <name>Mohamed RAFRAFI</name>
        <uri>https://rafrafi.blogspirit.com/about.html</uri>
      </author>
      <title>L’indépendance de l’esprit</title>
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      <updated>2018-11-11T17:12:19+01:00</updated>
      <published>2018-11-11T17:12:19+01:00</published>
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          &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/01/01/2595955001.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1053079&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/01/01/979695818.jpg&quot; alt=&quot;Fière_déclaration_d'intellectuels_1919.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Je vous propose le texte du manifeste connu sous le nom de &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_l%27ind%C3%A9pendance_de_l%27Esprit&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;em&gt;La Déclaration de l'indépendance de l'Esprit&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, rédigé par &lt;a href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Romain_Rolland&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;Romain Rolland&lt;/a&gt;, publié dans le quotidien L'Humanité du 26 juin 1919, et cosigné notamment par Henri Barbusse, Albert Einstein, Stefan Zweig, Hermann Hesse, Bertrand Russell…&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Bonne lecture&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Déclaration de l’indépendance de l’esprit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;« &lt;/span&gt;Travailleurs de l’Esprit, compagnons dispersés à travers le monde, séparés depuis cinq ans par les armées, la censure et la haine des nations en guerre, nous vous adressons, à cette heure où les barrières tombent et les frontières se rouvrent, un appel pour reformer notre union fraternelle, – mais une union nouvelle, plus solide et plus sûre que celle qui existait avant&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La guerre a jeté le désarroi dans nos rangs. La plupart des intellectuels ont mis leur science, leur art, leur raison au service des gouvernements. Nous ne voulons accuser personne, adresser aucun reproche. Nous savons la faiblesse des âmes individuelles et la force élémentaire des grands courants collectifs : ceux-ci ont balayé celles-là, en un instant, car rien n’avait été prévu afin d’y résister. Que l’expérience au moins nous serve pour l’avenir&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt; !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et d’abord, constatons les désastres auxquels a conduit l’abdication presque totale de l’intelligence du monde et son asservissement volontaire aux forces déchaînées. Les penseurs, les artistes ont ajouté au fléau qui ronge l’Europe dans sa chair et dans son esprit une somme incalculable de haine empoisonnée ; ils ont cherché dans l’arsenal de leur savoir, de leur mémoire, de leur imagination des raisons anciennes et nouvelles, des raisons historiques, scientifiques, logiques, poétiques de haïr ; ils ont travaillé à détruire la compréhension et l’amour entre les hommes. Et ce faisant, ils ont enlaidi, avili, abaissé, dégradé la pensée, dont ils étaient les représentants. Ils en ont fait l’instrument des passions et (sans le savoir peut-être) des intérêts égoïstes d’un clan politique ou social, d’un Etat, d’une patrie ou d’une classe. Et à présent, de cette mêlée&amp;nbsp; sauvage, d’où toutes les nations aux prises, victorieuses ou vaincues sortent meurtries, appauvries, et dans le fond de leur cœur – bien qu’elles ne se l’avouent pas – honteuses et humiliées de leur crise de folie, la pensée compromise dans leurs luttes sort, avec elles, déchue&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;a href=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/02/01/1232586777.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-1053080&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;https://rafrafi.blogspirit.com/media/02/01/611636853.jpg&quot; alt=&quot;Romain_Rolland-1914.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Debout ! Dégageons l’Esprit de ces compromissions, de ces alliances humiliantes, de ces servitudes cachées ! L’Esprit n’est le serviteur de rien, c’est nous qui sommes les serviteurs de l’Esprit. Nous n’avons pas d’autre maître. Nous sommes faits pour porter, pour défendre sa lumière, pour rallier autour d’elle tous les hommes égarés. Notre rôle, notre devoir est de maintenir un point fixe, de montrer l’étoile polaire, au milieu du tourbillon des passions, dans la nuit. Parmi ces passions d’orgueil et de destruction mutuelle, nous ne faisons pas un choix ; nous les rejetons toutes ; Nous honorons la seule vérité libre, sans frontières, sans limites, sans préjugés de races ou de castes. Certes, nous ne nous désintéressons pas de l’Humanité. Pour elle nous travaillons, mais pour elle tout entière. Nous ne connaissons pas les peuples. Nous connaissons le Peuple – unique, universel, le Peuple qui souffre, qui lutte, qui tombe et se relève, et qui avance toujours sur le rude chemin trempé de sueur et de son sang – le Peuple de tous les hommes, tous également nos frères. Et c’est afin qu’ils prennent, comme nous, conscience de cette fraternité que nous élevons au-dessus de leurs combats aveugles l’Arche d’Alliance – l’Esprit libre, un et multiple, éternel&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;A la date du 23 juin 1919, cette déclaration a reçu l’adhésion de&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt; :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Jane Addams (Etats-Unis) ; René Arcos (France) ; Henri Barbusse (France) ; Léon Bazalgette (France) ; Jean-Richard Bloch (France) ; Roberto Bracco (Italie) ; Dr.L-E-J Brouwer (Hollande) ; A . de Châteaubriant (France) ; Georges Chennevière (France) ; Benedetto Croce (Italie) ; Albert Doyen (France) ; Georges Duhamel (France) ; Prof. A.Einstein (Allemagne) ; Dr. Frederik van Eeden (Hollande) ; Georges Eekhoud (Belgique) ; Prof. A. Forel (Suisse) ; Verner von Heidenstam (Suède) ; Hermann Hesse (Allemagne) ; P.J. Jouve (France) ; J.C. Kapteyn (Hollande) ; Ellen Key (Suède) ; Selma Lagerlof&amp;nbsp; (Suède) ; Prof. Max&amp;nbsp; Lehmann (Allemagne) ; Carl Lindhagen (Suède) ; M. Lopez-Pico (Catalogne) ; Heinrich Mann (Allemagne) ; Marcel Martinet (France) ; Frans Masereel (Belgique) ; Emile Masson (France) ; Jacques Mesnil (Belgique) ; Sophus Michaelis (Danemark) ; Mathias Morhardt (France) ; Prof. Georg-Fr. Nicolaï (Allemagne) ; Eugène d’Ors (Catalogne) ; Prof. A. Prenant (France) ; Romain Rolland (France) ; Bertrand Russel (Angleterre) ; Han Ryner (France) ; Paul Signac (France) ; Jules Romain (France) ; G. Thiesson (France) ; Henry van de Velde (Belgique) ; Charles Vildrac (France) ; Léon Werth (France) ; Israël Zangwill (Angleterre) ; Stefan Zweig (Autriche). (France) ; Bertrand Russel (Angleterre) ; Han Ryner (France) ; Paul Signac (France) ; Jules Romain (France) ; G. Thiesson (France) ; Henry van de Velde (Belgique) ; Charles Vildrac (France) ; Léon Werth (France) ; Israël Zangwill (Angleterre) ; Stefan Zweig (Autriche).&lt;/p&gt;
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