dimanche, 04 février 2007
HEDIA
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J'ai un profond respect des dates anniversaires
Ces portes que le Temps dispose autour de nous
Pour ouvrir un instant nos cœurs à ses mystères
Et permettre au passé de voyager vers nous
Par ces mots que chante Yves Duteil, je commence cette note à l'intention de Hédia, ma compagne, pour son énième anniversaire. Oui, énième, parce qu'un bon mari ne se souvient jamais de l'âge de sa femme, mais, toujours, de son anniversaire. Ce n'est pas moi qui le dis mais le dramaturge et poète Jacques Audiberti… Le seul poète qui avait eu le privilège d'épouser une antillaise dont le prénom est composé de trois prénoms à la fois: Élisabeth-Cécile-Amélie…Tandis que moi, j'ai eu la chance de me lier à une personne qui est à la fois: femme, épouse et amie… et qui s'appelle tout simplement: Hédia. (هادية traduction: celle qui montre le bon chemin)
Hasard fatal
Et non fortuit
De quoi lier
Ilots et lunes
A mes envies
Dans mon recueil Écumes des vers, je m'adresse à Hédia par un lot de questions, intitulé À ma compagne, écrit pour la même occasion en 1993, lui demandant entre-autre :
L'espace que j’occupe dans ta vie, est-il limitrophe au tien ? Superposé ? Ou interactif ?
À l'époque, jeunesse oblige, l'espace occupait le temps. Avec l'âge, il s'avère que c'est le temps qui occupe davantage l'espace. Pour ne pas perdre le nord, je remplacerais donc le mot espace par espace-temps. Ainsi non seulement j'épouserais l'esprit scientifique des temps modernes, mais je m'adapterais à cette date cyclique qui est l'anniversaire de mon épouse… et cette fois-ci je reformulerais mon questionnement comme suit :
L'espace-temps qui balise notre vie à deux, est-il partagé ? Fusionné ? Ou partitionné ?
J'ajouterais :
L'air de ton signe qui attise mon feu, est-t-il mélodique ? Organique ? Ou mélancolique?
Avant de conclure je dirais à tous ceux et celles qui partagent nativement la même date que ma compagne, soyez lucidement heureux et heureuses, avec elle, comme elle, pour elle, pour moi, pour vous, pour la vie.
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Harmonie si
Enchantée, c'est
De quoi plaire aux
Innombrables
Amants à vie
A toi, Hédia, femme de ma liberté, témoin ontologique de ma virtuelle absence, inlassable compagne de route, octave de ma voix grave, riveraine de ma divagation, verseau de mon sagittaire, Ève de toutes mes côtes et de tous côtés, gardienne de mes buts manqués, rivale ludique, propriétaire de mes biens de mille fois rien, foi de ma bonne foi, bonne foi de ma foi, cadence de mon rythme intérieur, accélérateur de mes atermoiements, aimant de mon corps, enzyme de mon âme, phare de ma nuit, palmier de mes dattes, date de mon temps et amour de ma romance à toi... Sois heureuse malgré moi, malgré toi, malgré tout. Soyons heureux, nous deux.
Pour rien au monde, n'oublie pas une chose: tu es Hédia de ma vie…
Très bon et multi-heureux anniversaire.
A mes aimables visiteurs exigeants, soyez indulgents pour la qualité, non numérique, des photos de Hédia que j'avais moi-même prises à la place Saint Marc, un certain été vénitien en Italie, ainsi que pour l'esquisse au crayon de son portrait, que j'ai dessiné à la hâte (par souci de séduction) lors d'une de nos premières rencontres, elle et moi, un certain été tunisois, en Tunisie.
RAFRAFI
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lundi, 29 janvier 2007
Se taire c'est mourir
Contre la censure notamment politique, bien d'artistes et de poètes se sont levés pour que celle-ci soit un jour levée. Jadis, Victor HUGO accusa la censure dans ses Correspondance,(1830, p. 465):
La censure est mon ennemie littéraire, la censure est mon ennemie politique. La censure est de droit improbe, malhonnête et déloyale. J'accuse la censure.
Cinq ans après, il ajoute dans Les Chants du crépuscule, (1835, p. 104) :
... j'entends aboyer au seuil du drame auguste
La censure à l'haleine immonde, aux ongles noirs,
Cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs
Quelques années plus tard, G. FLAUBERT apporta sa pierre et écrit dans ses Correspondance, (1852, p. 59) :
La censure, quelle qu'elle soit, me paraît une monstruosité, une chose pire que l'homicide ; l'attentat contre la pensée est un crime de lèse-âme..
Vivant sous l'occupation ou sous la tyrannie, certains poètes et artistes arabes se sont levés eux aussi contre ce fléau. Un des exemples les plus éloquents en la matière, est un poème dont deux vers sont attribués à tort au poète algérien Tahar DJAOUT (1954 - 1993) alors que c'est du poète palestinien Muin BASISU (1927-1984). Je vous en traduis ce passage :
Se taire c'est mourir
Alors parle et meurs !"
Puisque le mieux-dire
n'est pas celui du sultan ni de l'émir
Ce n'est pas, non plus, ce rire
Que vend le grand arlequin
Au petit arlequin
Et toi, si tu parles, tu meurs
Si tu te tais, tu meurs
Alors, parle et meurs
(Voir texte arabe en-bas)
Pour finir je vous invite à cliquer sur le dessin ci-joint, où l'auteur met face à face un intellectuel (à droite, avec à la place de la tête, un crayon) et un politique (à gauche, avec à la place de la tête, une gomme), plongés tous les deux dans une discussion à crayon rompu… Ce dessin que j'ai apprécié et gardé dans mon ordi, a été publié voici quelques années par un quotidien arabe londonien (alquds alarabi) mais qui reste encore d'actualité.
RAFRAFI
الصمت موت
قلها ومت
فالقول ليس ما يقوله السلطان والأمير
وليس تلك الضحكة التي يبيعها المهرج الكبير
للمهرج الصغير
فأنت إن نطقت مت
وأنت إن سكت مت
قلها ومت
الشاعر معين بسيسو
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