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vendredi, 06 octobre 2006

Les enfants, quel peuple !‎

medium_miro-16.jpg‎"Car vos enfants ne sont pas vos enfants, ils sont ceux et celles de l'appel de la vie à elle même."‎
Khalil GIBRAN (Le Prophète)


Les enfants, quel peuple! L'enfance, quel pays! Me disais-je assez souvent. En ‎fait, depuis belle lurette, j'envisageais de parler d'enfants ou d'enfance. De ce ‎peuple qui nous habite nous tous, ou de ce pays qui n'a jamais eu de frontières ‎que dans l'imaginaire de ceux qui manquent d'imagination... de ce pays d'enfants ‎de tous pays... d'enfants du pays de tous les enfants, de tous temps et de tous ‎teints. Parler d'enfants qui, chaque fois en se réveillant, mettent à jour le langage ‎de la fraîcheur et la fraîcheur du langage, c'est parler de rosée matinale et de ‎feuillage.‎
Mais c'est quoi un enfant si ce n'est encore cette fabuleuse synthèse ‎d'étonnement béat et béant, de voix lactée, de rire viscéral, de colère sonnante et ‎d'élocution trébuchante... bref, une primeur d'être, un petit être, de prime abord ‎délicieux, parfois insaisissable, très souvent craintif, mais toujours loyal, donc, ‎mignon et inévitablement aimable. ‎
Pour être plus subjectif encore, je dirais qu'un enfant en train de manger, me ‎donne l'impression qu'il mange aussi pour moi, pour nous tous. D'où un ‎sentiment de responsabilité qui engendre une attention spontanée envers ‎l'enfant pour qu'il mange à sa faim. Sentiment parental -paternel ou maternel- ‎me diriez-vous ? C'est possible. Mais ce qui est certain c'est qu'il est aussi un ‎sentiment profondément moral voire existentiel : Car un enfant qui ne trouve rien ‎à manger, c'est l'humanité toute entière qui agonise. ‎
L'enfant c'est toi, ma chère lectrice ou mon cher lecteur, avant que tu ne ‎découvres la tristesse, premier symptôme de vieillissement psychique... Avant ‎que tu ne deviennes nostalgique du passé... Ou, comme disait Nietzsche, avant ‎que tu ne commences à croire "que les contes et les jeux appartiennent à ‎l'enfance".‎
Ainsi dirais-je que l'enfance est le pays des merveilles par excellence. C'est l'âge ‎des pierres précieuses de l'éblouissement, où le temps n'est pas encore une ‎matière à tuer mais à vivre en concevant sans cesse l'espace adéquat. L'enfance ‎c'est ce contact charnel avec les couleurs, les odeurs, les sons. La virginité de la ‎perception où le solide semble toujours compact et le liquide toujours fluide. Où ‎la chimie relève de la magie et la physique de l'acrobatie. L'enfance c'est quand ‎penser veut dire se taire, et parler veut dire penser. C'est quand rêver veut dire ‎vivre et vivre veut dire rêver. ‎
Je dirais aussi que le privilège accordé aux enfants ressemble à celui des ‎philosophes de La Cité platonicienne, où coexistent aussi les travailleurs et les ‎gardiens. Mais avec une différence de taille: les enfants sont plutôt plus heureux ‎que ces philosophes. ‎
Ah! Les enfants, quel peuple vous êtes ? ‎
Pour vous mes petits, tous les drapeaux du monde se valent pour leurs belles ‎couleurs et leurs différents dessins. Pour nous les "grands", ses drapeaux ‎témoignent de la rivalité, très souvent belliqueuse, de la discorde très souvent ‎martiale. Pas de frontières tendues à vos yeux entre deux rives, entre reliefs et ‎plaines, entre forêt et rivières, ou mieux encore, entre deux postes frontières... ‎Vos regards s'étendent librement tous azimuts, à l'instar de vos rêves et de vos ‎petits pas... ‎
On assimile souvent les enfants aux anges! Les adultes ne seraient-ils pas ainsi ‎des démons?! Pour les enfants, qui, semble-t-il, sont plus réalistes, les adultes ‎ne sont que des grandes personnes, tantôt bonnes, tantôt méchantes, ni plus ni ‎moins.‎
Mais entre enfants, que se passe t-il ? L'entente l'emporte toujours sur la ‎fâcherie. Car le temps plaisant n'est pas à perdre mais à perdurer. Donc, pas de ‎rancune. On efface tout et on recommence. Toujours prêts à partir à zéro, soit ‎pour compter jusqu'à onze ou douze ou parfois un peu plus lorsque salive et ‎respiration concordent - juste assez pour compter membres de la famille, amis et ‎voisins -, soit pour aller de l'avant vers une nouvelle trouvaille qui pourrait être à ‎chaque fois la même... ‎
Qui dit entente dit partage. Là aussi, ce peuple d'enfants est en mesure de ‎donner le bon exemple à nous en tant qu'individus adultes, ainsi qu'à tous les ‎peuples sur Terre. Un enfant c'est quelqu'un qui, habituellement, n'aime pas ‎rester seul ou jouer seul. Pour lui, la compagnie, c'est la joie de vivre. Il n'est pas ‎si exigeant, pourvu qu'il soit entouré d'enfants, comme lui, et toujours avec lui.‎
Ô enfants, Ô merveilleux peuple. Vous êtes tout ce qu'il y a de plus libres, riches, ‎sincères et humains. Vous êtes tous de ce monde, mais ce monde n'est pas ‎encore à vous, il est à ceux qui vous imitent maladroitement et très souvent ‎brutalement, à ceux qui oublient ce qu'ils étaient et croient qu'ils ont tout compris, ‎aux humanoïdes que sont ces adultes –nous tous- qui vous rendent la vie ‎impossible et infernale. Ne grandissez pas trop vite avant que votre enfance ne ‎soit totalement mûrie. Gardez toujours avec vous, vos petites monnaies, vos ‎cerfs-volants, vos croquis et dessins, vos chansons dorlotantes, les noms et ‎adresses de vos tous premiers amis, vos carnets scolaires, vos jouets, vos ‎premières photos de tous formats, vos premières missives, vos petits projets qui ‎grandiront avec vous, vos petits souvenirs, vos espoirs et surtout vos sourires. ‎Oui, un simple sourire vaut des milliers de formules toutes-faites de politesse. ‎Aux enfants qui n'ont presque rien de tout cela, je dirais: gardez quand même ‎vos rêves, avec quoi vous façonneriez un jour ou l'autre, vos vies, c'est-à-dire ‎notre avenir qui sans vous et sans vos rêves, resterait incertain voire inconnu... ‎
Avant de finir ce billet par un quatrain intitulé enfance, que j'ai composé il y a ‎quelques mois à la suite d'une agréable rencontre avec une enfant, suivi de ‎quelques citations et des liens sur l'enfance, je voudrais lister des prénoms qui, ‎pour moi, sentent et sonnent l'enfance dans toute sa diversité humaine la plus ‎large. Ils appartiennent à des enfants soit que j'adore, que j'aime bien, que je ‎connais, que je connais très peu, ou dont je regrette fort bien leur tragique ‎disparition, ou même seulement dont j'entends parler et voudrais un jour les ‎rencontrer. À eux et à tous ceux qui portent les mêmes ou d'autres prénoms, je ‎dédie le quatrain à:‎
Elyes, Douraïd, Mohamed-Ali, Marouane, Khalil et Oussama, Grégory, Khaled, ‎Omar et Rayyan, Emna, Yasmine, Férial & Hana, Stelios, Émeline, Zoé, Mehdi, Sonia, Ahmad et ‎Karim, Aya, Amira, Eman, Stéphane, Farés, Adam, Eddora, Faysal, Antoine, ‎Faé, Hédi et Sofiane…‎

medium_libye.2.jpg



enfance

mon ami  l'e n f a n t
prête-moi  ton  r i r e
a f i n    d e    r a v i r
ma gaieté  d'a n t a n

mon ami  b a m b i n
flâne   sur   les   rives
pour que  je  te suive
la main dans  la main

mon  cher   chérubin
plane  sur   les   toits
ce   ciel  est  à   t o i
et ses astres hautains

m o n   petit   môme
femelle  que   je  vois
m â l e  que   tu  sois
t'es un grand'Homme


Rafrafi 2006
A l'entete illustration : toile de Miro
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Voici quelques très belles citations relatives au thème de ‎l'enfance:‎

‎- Enfants dont la mémoire se souvient qu'elle descend des étoiles.
Werner Lambersy
‎- Car un enfant qui pleure, qu'il soit de n'importe où, est un enfant qui pleure. ‎
Barbara
‎- Si l'on veut s'approcher des enfants, il faut parfois devenir enfant soi-même.
Nemcova Bozena
‎- L'enfance est terriblement sérieuse, ne l'oubliez pas. Un enfant engage tout son être. Et nous, ‎hommes graves et mûrs ? À quoi sommes-nous prêts à engager tout notre être ? Nous tenons trop à ‎notre chère carcasse.
VERCORS
‎- Pourquoi Dieu met-il donc le meilleur de la vie tout au commencement ?‎
Victor Hugo‎
‎- Il y a deux moments de sa vie où tout homme est respectable : son enfance et son agonie.‎
Henry Millon de Montherlant
‎- L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres; rien n'est moins sensé ‎que d'y vouloir substituer les nôtres.‎
Jean-Jacques ‎Rousseau
‎- L'enfance. Cette heureuse et brève période de l'existence où l'on a tout juste assez de conscience ‎pour savourer la joie d'être et d'inconscience pour ignorer les difficultés de la vie.‎
André Duval
‎- Il arrive un moment, dans la vie intérieure des familles, où les enfants deviennent, soit volontairement, ‎soit involontairement, les juges de leurs parents.‎
Honoré de Balzac‎
‎- Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire,‎
Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire,‎
Ses pleurs vite apaisés.‎

Victor Hugo‎
‎- Les enfants n'ont ni passé ni avenir, et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent.‎
Jean de La Bruyère‎
‎- Il est aussi vain d'écrire spécialement pour le peuple que pour les enfants. Ce qui féconde un enfant, ‎ce n'est pas un livre d'enfantillages.‎
Marcel Proust
‎- Les enfants commencent par aimer leurs parents. En grandissant, ils les jugent, quelquefois ils leur ‎pardonnent.
Oscar Wilde‎
‏-‏Il vaut mieux être chassé d'entre les hommes que d'être détesté des enfants.
Richard Henry Dana
‎- A quoi sert la vie si les enfants n'en font pas plus que leurs pères ?
Gustave Courbet
‎- J'étais un enfant, ce monstre que les adultes fabriquent avec leurs regrets.
Jean-Paul Sartre
‎- Les enfants trouvent tout dans rien, les hommes ne trouvent rien dans tout.‎
Giacomo Leopardi
‎- Si les enfants devenaient ce qu'en attendent ceux qui leur ont donné la vie, il n'y aurait que des dieux ‎sur la terre.‎
A. Poincelot
‎- Il n'existe aucun homme qui n'ait été formé par l'enfant qu'il était.‎
Maria Montessori
‎- Qu'aviez-vous envie de faire plus tard quand vous étiez enfant ? " Ce que je voulais faire ? Je m'en ‎souviens très clairement, avec une troublante précision. C'était : rien. J'avais envie de vivre et qu'on ‎me fichât la paix.
Jean d'ORMESSON
‎- C'est peut-être l'enfance qui approche le plus de la «vraie vie».
Andrée Breton
‎- Je donnerais tous les paysages du monde pour celui de mon enfance.‎
CIORAN
‎- L'éternel enfant. - Nous croyons que les contes et les jeux appartiennent à l'enfance, myopes que ‎nous sommes ! Comment pourrions-nous vivre, à n'importe quel âge de la vie, sans contes et sans ‎jeux ! Il est vrai que nous donnons d'autres noms à tout cela et que nous l'envisageons autrement, ‎mais c'est là précisément une preuve que c'est la même chose ! - car l'enfant, lui aussi, considère son ‎jeu comme un travail et le conte comme la vérité. La brièveté de la vie devrait nous garder de la ‎séparation pédante des âges - comme si chaque âge apportait quelque chose de nouveau -, et ce ‎serait l'affaire d'un poète de nous montrer une fois l'homme qui, à deux cents ans d'âge, vivrait ‎véritablement sans contes et sans jeux.
Friedrich NIETZSCHE
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Ci-après quelques liens, drôles, intéressants ou officiels, autour de l'enfance. Bonne navigation:‎

Poésie pour les enfants et pour les raffinés
Enfants refugies du monde
Enfants du Monde
Apprendre l'arabe, pour les enfants
UNICEF
Le Musée des enfants
Le site du Défenseur des enfants
Le travail des enfants
Association contre la Mutilation des Enfants
Les devinettes pour les enfants
Les enfants dans la guerre
Webmômes, l'art aux enfants (6 à 12 ans)‎
Sites pour enfants - La Petite planète‎
Anniversaires et fêtes d'enfants‎
Des chansons pour enfants
SOS Enfants sans Frontières
Bonjour les enfants
Enfants palestiniens dans les prisons israéliennes
Enfants de la Palestine
Tout pour les enfants
Partage: Parrainage d'enfants défavorisés
Poésie pour les enfants‎
Le sommeil et nos enfants
Logos Translations multilingual dictionary
Mots d'enfants: Petit Monde
Une ronde d'enfants autour de la terre‎
Famidoo
Le poète et l'enfant (anthologie pour enfants)‎
Comment aider les enfants à comprendre la mort‎

06:05 Publié dans Pensée | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook | |

Commentaires

Très beau texte (comme toujours oserais-je dire). Mais ce que j'aime tout particulièrement c'est la citation introductive... Elle est tout simplemement maginfique de vérité et c'est ce qui fait sa transcendante beauté.

A bientôt
Votre ami

Écrit par : MG | jeudi, 19 octobre 2006

Où sont nos enfances passées, des trépas d'aujourd'hui, nos haines de demain, Où sont ces rires insouciants qu'au cache-cache je perdais. Ravie de découvrir de tels mots, merci et @bientôt

Écrit par : youkou | lundi, 30 octobre 2006