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vendredi, 04 mai 2012

Dopage électoral !

sarko-holland.jpegUn candidat qui se ressource dans une campagne électorale pour reprendre de nouvelles forces de persuasion, me fait penser au sportif qui, illégalement bien sûr, se dope pour gagner une course ou un match. Le fait que certains politologues qualifient le duel Hollande-Sarkozy, de «judo politique» qui s’est soldé selon eux par plutôt un «match nul» confirmerait cet aspect pugilistique de cette compagne présidentielle. Quant au dopage dans ce marathon vers l’Élysée, il semble être parfaitement légal sans qu’il ne soit unanimement ni forcément convaincant.

Pratiquement tous les candidats au premier tour se sont dopés en se ressourçant, chacun à sa façon, à ses principes de base. Seul Jean-Luc Mélenchon du Front de gauche (comme par allégeance au Front Populaire des années 36-38 dont le slogan électoral était «Pain, Paix, Liberté»), s’est dopé, en plus de l’héritage à la fois radical-socialiste, communiste, écologiste et extrême-gauchiste, de quelques slogans inspirés du Printemps arabe du genre «Prenez le pouvoir», «Révolution citoyenne», «Place au peuple», «La marche pour la 6ème République» etc.. Ce dopage lui a permis, semble-t-il, de réaliser un score (dépassant les 10%) jamais atteint par cette mouvance depuis 1981, mais a aussi indirectement dopé, par ricochet, le Front National, qui réalisa au premier tour le plus haut score de son histoire. Toutefois, le schéma de 2002, où on a vu un deuxième tour entre la droite et l’extrême-droite, ne s’est pas reproduit; et nous voilà devant le schéma classique d’un deuxième tour entre la droite et la gauche (Hollande-Sarkozy). Avec tout de même une différence qui est une première dans l’histoire de la Cinquième République, à savoir un président sortant qui, comme candidat, arrive en deuxième position.

Je m’attendais à voir au moins un de ces deux candidats finalistes dans leur débat télévisé, dire un mot sur ce fameux printemps arabe. Ce n’est pas pour qu’ils s’en dopent, loin de là, ils n’en ont d’ailleurs pas besoin. Mais se contenter d’évoquer l’épiphénomène qu’on appelle «al- Qaïda en Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne», autour duquel leurs positions convergent! et négliger ce phénomène historique, à savoir le Printemps arabe, qui est en train de bouleverser le paysage sociopolitique et du Maghreb et du Machrek, cela paraît bizarre!. Non pas de la part de Sarkozy dont le présumé dopage financier par Kadhafi en 2006, ne l’encouragerait pas à aborder ce «Printemps»... Mais Hollande?!!

Enfin, passons…

De par ma position d’observateur non partisan qui se veut objectif, je dirais que face à un Hollande fidèle et nostalgique qui se dope politiquement du Mitterrandisme du Programme Commun des années 70, voire de l’image même du défunt Président, jusqu’au mimétisme, j’ai vu un Sarkozy pragmatique et opportuniste qui n’hésite pas à se doper des voix de l’extrême-droite. Si dans l’autre sens, Sarkozy n’a eu de flirt électoral qu’avec les voix du MoDem et aucunement avec celles de la gauche, Hollande, par contre, a furtivement tendu une perche à l’extrême droite, en promettant, la restauration du scrutin proportionnel. Et c’est bien le mode de scrutin qu’avait rétabii Mitterrand en 86 permettant au Front National d’avoir des sièges au parlement.

Au bout de presque 30 ans de séjour en France, et à l'aide de mes lectures du passé et du présent français, la leçon que je pourrais en tirer, me dit que, hormis Vichy (40-44), cette alternance pendulaire droite-gauche depuis la Constituante de 1789, avait toujours conduit l’élite politique de France vers un compromis renouvelé. Ceci commença déjà à la naissance de ce clivage droite-gauche en 1791, lorsque entre monarchiens qui voulaient donner au Roi le droit de veto absolu et les républicains qui n’en voulaient pas, on a fini par lui accorder le veto suspensif.

Que ce soit sous une gauche au pouvoir avec un programme modéré (le Front populaire) ou avec un système bicaméral (celle de l’après-guerre) ou encore avec le «Tournant de la rigueur» qui va jusqu’à la privatisation et la cohabitation (sous Mitterrand) ou sous une droite gaullienne décolonisatrice et anti-atlantiste (avec De gaulle) ou gauchisante jusqu’à la cohabitation à l’envers (sous Chirac qui finit par devenir «Hollandiste») où même sous Sarkozy l’atlantiste qui recrute des ministres de gauche (Kouchner, Mitterrand-neveu…), la France refuse l’extrême pour ne jongler qu’avec deux pieds bien musclés (que Le Pen dénomme du nom de «UMPS» devant lequel «la France est à genoux»), un centre modérateur (cette fois-ci Bayrou casse le tabou et vote pour Hollande) et deux extrêmes pour le dopage électoral. Démonstration éloquente : l’alliance électorale en 2002 entre, à la fois, toute la gauche, le centre et la droite, et ce juste pour contrer l’extrême-droite, arrivée au deuxième tour en cette année-là. 

Pour mieux finir cette note, j’ai à mon tour, besoin de me doper. A cet effet je vous propose une très courte vidéo de 28 secondes seulement, dans laquelle vous allez apprécier, comme moi c’est sûr, le très génial Raymond Devos qui résume juste en deux mots tout ce que je viens de raconter dans cette note. (cliquez ICI)

RAFRAFI

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