Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Gaza à feu et à sang | Page d'accueil | La France secourue par Gaza »

jeudi, 01 janvier 2009

Les Juifs forment-ils un peuple ?

S_Sand.jpg(Le cinquième jour à Gaza : 400 morts –dont 75 enfants- et 2000 blessés)

Avant d'être hâtivement et arbitrairement taxé d'antisémitisme (faut-il rappeler d'abord qu'arabe est aussi sémite), je précise que le titre de cette note est inspiré du titre Quand et comment le peuple juif fut inventé? d'un livre paru récemment aux éditions Fayard écrit par l'un des Nouveaux Historiens israéliens, Shlomo Sand. Livre qui figure déjà depuis 3 mois sur la liste des bestsellers israéliens et dont l'édition en français s'est vendue si rapidement qu’elle a déjà dû être rééditée à trois reprises!
L'actualité d'aujourd'hui (voir note précédente) était pour beaucoup dans le choix du thème de la présente note. Néanmoins, cette question (juive), je me la posais depuis bien longtemps. Je dirais depuis que j'ai commencé à embrasser la question palestinienne, qui est presque de mon âge.
Certes, ce genre de question, a priori complexe, exige beaucoup de prudence et de précision. Faute de quoi, on tombe dans la simplification ou l'absolutisme. Au fait, tout dépend et du dogme et de la méthode.
Sans n'avoir jamais eu l'intention de me spécialiser dans l'étude de cette question, ceci ne m'avait pas empêché pour autant de fouiller et de me documenter là-dessus. Outre les sources théologiques (Torah, Bible, Coran), et certains livres d'Histoire, il y avait aussi "la question juive" de Karl Marx et celle de Fédor Dostoïevski. Cette même question a été profondément étudiée et critiquée par des penseurs arabes contemporains tels que le Libanais Kamal Salibi, le jordanien Jawdat Essaad et l'égyptien Abdel Wahab Elmessiri (grand spécialiste en la matière), sans oublier la très contestée approche de Roger Garaudy, qualifiée de négationniste. Toutes ces références se basent sur des lectures sacrée, théologique, historiciste ou matérialiste. Le point essentiellement polémique et problématique dans celles-ci (excepté les Livres Saints), porte sur la question juive dans sa dimension sioniste donc contemporaine. Hormis Marx (juif), les autres sont ou chrétiens ou musulmans.
La première lecture critique juive de la question juive a vu le jour en 1938 en Palestine par le mouvement des rabbins Netouré Karta. Se référant au Talmud babylonien, Netouré Karta interdit toute proclamation d’un État juif. En 1980 arrivent les Nouveaux Historiens israéliens, qui eux aussi se sont presque limités à son aspect sioniste. Seul Shlomo Sand, qui parmi eux, est allé plus loin dans l'antiquité pour en extraire des révélations troublantes aux yeux notamment des monothéistes des trois religions.
C'est pour cette raison que j'ai préféré vous proposer deux articles parus en France (l'un en aout dernier, l'autre en janvier 2002) écrits par le même Shlomo Sand, où il étaye sa thèse qui remet en cause des convictions séculaires, jusqu'à l'alliance judéo-chrétienne de l'Occident et le principe sioniste de la Terre Promise.
Ci-après les deux articles en guise de cadeau de fin d'année de ma part à tous les curieux avides de savoir.
Bonne lecture:

RAFRAFI

DÉCONSTRUCTION D’UNE HISTOIRE MYTHIQUE
Comment fut inventé le peuple juif

Les Juifs forment-ils un peuple? A cette question ancienne, un historien israélien apporte une réponse nouvelle. Contrairement à l’idée reçue, la diaspora ne naquit pas de l’expulsion des Hébreux de Palestine, mais de conversions successives en Afrique du Nord, en Europe du Sud et au Proche-Orient. Voilà qui ébranle un des fondements de la pensée sioniste, celui qui voudrait que les Juifs soient les descendants du royaume de David et non —à Dieu ne plaise!— les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars.
Par SHLOMO SAND
Historien, professeur à l’université de Tel-Aviv, auteur de Comment le peuple juif fut inventé, Fayard, 2008.

Tout Israélien sait, sans l’ombre d’un doute, que le peuple juif existe depuis qu’il a reçu la Torah(1) dans le Sinaï, et qu’il en est le descendant direct et exclusif. Chacun se persuade que ce peuple, sorti d’Égypte, s’est fixé sur la «terre promise», où fut édifié le glorieux royaume de David et de Salomon, partagé ensuite en royaumes de Juda et d’Israël. De même, nul n’ignore qu’il a connu l’exil à deux reprises: après la destruction du premier temple, au VIe siècle avant J.-C., puis à la suite de celle du second temple, en l’an 70 après J.C.
S’ensuivit pour lui une errance de près de deux mille ans : ses tribulations le menèrent au Yémen, au Maroc, en Espagne, en Allemagne, en Pologne et jusqu’au fin fond de la Russie, mais il parvint toujours à préserver les liens du sang entre ses communautés éloignées. Ainsi, son unicité ne fut pas altérée. A la fin du XIXe siècle, les conditions mûrirent pour son retour dans l’antique patrie. Sans le génocide nazi, des millions de Juifs auraient naturellement repeuplé Eretz Israël («la terre d’Israël») puisqu’ils en rêvaient depuis vingt siècles.
Vierge, la Palestine attendait que son peuple originel vienne la faire refleurir. Car elle lui appartenait, et non à cette minorité arabe, dépourvue d’histoire, arrivée là par hasard. Justes étaient donc les guerres menées par le peuple errant pour reprendre possession de sa terre; et criminelle l’opposition violente de la population locale.
D’où vient cette interprétation de l’histoire juive? Elle est l’œuvre, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, de talentueux reconstructeurs du passé, dont l’imagination fertile a inventé, sur la base de morceaux de mémoire religieuse, juive et chrétienne, un enchaînement généalogique continu pour le peuple juif. L’abondante historiographie du judaïsme comporte, certes, une pluralité d’approches. Mais les polémiques en son sein n’ont jamais remis en cause les conceptions essentialistes élaborées principalement à la fin du XIXe siècle et au début du XXe.
Lorsque apparaissaient des découvertes susceptibles de contredire l’image du passé linéaire, elles ne bénéficiaient quasiment d’aucun écho. L’impératif national, telle une mâchoire solidement refermée, bloquait toute espèce de contradiction et de déviation par rapport au récit dominant. Les instances spécifiques de production de la connaissance sur le passé juif —les départements exclusivement consacrés à l’«histoire du peuple juif», séparés des départements d’histoire (appelée en Israël «histoire générale»)— ont largement contribué à cette curieuse hémiplégie. Même le débat, de caractère juridique, sur «qui est juif?» n’a pas préoccupé ces historiens: pour eux, est juif tout descendant du peuple contraint à l’exil il y a deux mille ans.
Ces chercheurs «autorisés» du passé ne participèrent pas non plus à la controverse des «nouveaux historiens», engagée à la fin des années 1980. La plupart des acteurs de ce débat public, en nombre limité, venaient d’autres disciplines ou bien d’horizons extra-universitaires: sociologues, orientalistes, linguistes, géographes, spécialistes en science politique, chercheurs en littérature, archéologues formulèrent des réflexions nouvelles sur le passé juif et sioniste. On comptait également dans leurs rangs des diplômés venus de l’étranger. Des «départements d’histoire juive» ne parvinrent, en revanche, que des échos craintifs et conservateurs, enrobés d’une rhétorique apologétique à base d’idées reçues.
Le judaïsme, religion prosélyte
Bref, en soixante ans, l’histoire nationale a très peu mûri, et elle n’évoluera vraisemblablement pas à brève échéance. Pourtant, les faits mis au jour par les recherches posent à tout historien honnête des questions surprenantes au premier abord, mais néanmoins fondamentales.
La Bible peut-elle être considérée comme un livre d’histoire? Les premiers historiens juifs modernes, comme Isaak Markus Jost ou Leopold Zunz, dans la première moitié du XIXe siècle, ne la percevaient pas ainsi: à leurs yeux, l’Ancien Testament se présentait comme un livre de théologie constitutif des communautés religieuses juives après la destruction du premier temple. Il a fallu attendre la seconde moitié du même siècle pour trouver des historiens, en premier lieu Heinrich Graetz, porteurs d’une vision «nationale» de la Bible: ils ont transformé le départ d’Abraham pour Canaan, la sortie d’Égypte ou encore le royaume unifié de David et Salomon en récits d’un passé authentiquement national. Les historiens sionistes n’ont cessé, depuis, de réitérer ces «vérités bibliques», devenues nourriture quotidienne de l’éducation nationale.
Mais voilà qu’au cours des années 1980 la terre tremble, ébranlant ces mythes fondateurs. Les découvertes de la «nouvelle archéologie» contredisent la possibilité d’un grand exode au XIIIe siècle avant notre ère. De même, Moïse n’a pas pu faire sortir les Hébreux d’Égypte et les conduire vers la «terre promise» pour la bonne raison qu’à l’époque celle-ci... était aux mains des Égyptiens. On ne trouve d’ailleurs aucune trace d’une révolte d’esclaves dans l’empire des pharaons, ni d’une conquête rapide du pays de Canaan par un élément étranger.
Il n’existe pas non plus de signe ou de souvenir du somptueux royaume de David et de Salomon. Les découvertes de la décennie écoulée montrent l’existence, à l’époque, de deux petits royaumes: Israël, le plus puissant, et Juda, la future Judée. Les habitants de cette dernière ne subirent pas non plus d’exil au VIe siècle avant notre ère: seules ses élites politiques et intellectuelles durent s’installer à Babylone. De cette rencontre décisive avec les cultes perses naîtra le monothéisme juif.
L’exil de l’an 70 de notre ère a-t-il, lui, effectivement eu lieu? Paradoxalement, cet «événement fondateur» dans l’histoire des Juifs, d’où la diaspora tire son origine, n’a pas donné lieu au moindre ouvrage de recherche. Et pour une raison bien prosaïque: les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple.
Une partie d’entre eux se convertit au christianisme au IVe siècle, tandis que la grande majorité se rallia à l’islam lors de la conquête arabe au VIIe siècle. La plupart des penseurs sionistes n’en ignoraient rien : ainsi, Yitzhak Ben Zvi, futur président de l’État d’Israël, tout comme David Ben Gourion, fondateur de l’État, l’ont-ils écrit jusqu’en 1929, année de la grande révolte palestinienne. Tous deux mentionnent à plusieurs reprises le fait que les paysans de Palestine sont les descendants des habitants de l’antique Judée(2).
A défaut d’un exil depuis la Palestine romanisée, d’où viennent les nombreux Juifs qui peuplent le pourtour de la Méditerranée dès l’Antiquité ? Derrière le rideau de l’historiographie nationale se cache une étonnante réalité historique. De la révolte des Maccabées, au IIe siècle avant notre ère, à la révolte de Bar-Kokhba, au IIe siècle après J.-C, le judaïsme fut la première religion prosélyte. Les Asmonéens avaient déjà converti de force les Iduméens du sud de la Judée et les Ituréens de Galilée, annexés au «peuple d’Israël». Partant de ce royaume judéo-hellénique, le judaïsme essaima dans tout le Proche-Orient et sur le pourtour méditerranéen. Au premier siècle de notre ère apparut, dans l’actuel Kurdistan, le royaume juif d’Adiabène, qui ne sera pas le dernier royaume à se «judaïser»: d’autres en feront autant par la suite.
Les écrits de Flavius Josèphe ne constituent pas le seul témoignage de l’ardeur prosélyte des Juifs. D’Horace à Sénèque, de Juvénal à Tacite, bien des écrivains latins en expriment la crainte. La Mishna et le Talmud(3) autorisent cette pratique de la conversion — même si, face à la pression montante du christianisme, les sages de la tradition talmudique exprimeront des réserves à son sujet.
La victoire de la religion de Jésus, au début du IVe siècle, ne met pas fin à l’expansion du judaïsme, mais elle repousse le prosélytisme juif aux marges du monde culturel chrétien. Au Ve siècle apparaît ainsi, à l’emplacement de l’actuel Yémen, un royaume juif vigoureux du nom de Himyar, dont les descendants conserveront leur foi après la victoire de l’islam et jusqu’aux temps modernes. De même, les chroniqueurs arabes nous apprennent l’existence, au VIIe siècle, de tribus berbères judaïsées: face à la poussée arabe, qui atteint l’Afrique du Nord à la fin de ce même siècle, apparaît la figure légendaire de la reine juive Dihya el-Kahina, qui tenta de l’enrayer. Des Berbères judaïsés vont prendre part à la conquête de la péninsule Ibérique, et y poser les fondements de la symbiose particulière entre juifs et musulmans, caractéristique de la culture hispano-arabe.
La conversion de masse la plus significative survient entre la mer Noire et la mer Caspienne: elle concerne l’immense royaume khazar, au VIIIe siècle. L’expansion du judaïsme, du Caucase à l’Ukraine actuelle, engendre de multiples communautés, que les invasions mongoles du XIIIe siècle refoulent en nombre vers l’est de l’Europe. Là, avec les Juifs venus des régions slaves du Sud et des actuels territoires allemands, elles poseront les bases de la grande culture yiddish(4).
Ces récits des origines plurielles des Juifs figurent, de façon plus ou moins hésitante, dans l’historiographie sioniste jusque vers les années 1960; ils sont ensuite progressivement marginalisés avant de disparaître de la mémoire publique en Israël. Les conquérants de la cité de David, en 1967, se devaient d’être les descendants directs de son royaume mythique et non —à Dieu ne plaise!— les héritiers de guerriers berbères ou de cavaliers khazars. Les Juifs font alors figure d’«ethnos» spécifique qui, après deux mille ans d’exil et d’errance, a fini par revenir à Jérusalem, sa capitale.
Les tenants de ce récit linéaire et indivisible ne mobilisent pas uniquement l’enseignement de l’histoire: ils convoquent également la biologie. Depuis les années 1970, en Israël, une succession de recherches «scientifiques» s’efforce de démontrer, par tous les moyens, la proximité génétique des Juifs du monde entier. La «recherche sur les origines des populations» représente désormais un champ légitimé et populaire de la biologie moléculaire, tandis que le chromosome Y mâle s’est offert une place d’honneur aux côtés d’une Clio juive(5) dans une quête effrénée de l’unicité d’origine du «peuple élu».
Cette conception historique constitue la base de la politique identitaire de l’État d’Israël, et c’est bien là que le bât blesse ! Elle donne en effet lieu à une définition essentialiste et ethnocentriste du judaïsme, alimentant une ségrégation qui maintient à l’écart les Juifs des non-Juifs — Arabes comme immigrants russes ou travailleurs immigrés.
Israël, soixante ans après sa fondation, refuse de se concevoir comme une république existant pour ses citoyens. Près d’un quart d’entre eux ne sont pas considérés comme des Juifs et, selon l’esprit de ses lois, cet État n’est pas le leur. En revanche, Israël se présente toujours comme l’État des Juifs du monde entier, même s’il ne s’agit plus de réfugiés persécutés, mais de citoyens de plein droit vivant en pleine égalité dans les pays où ils résident. Autrement dit, une ethnocratie sans frontières justifie la sévère discrimination qu’elle pratique à l’encontre d’une partie de ses citoyens en invoquant le mythe de la nation éternelle, reconstituée pour se rassembler sur la «terre de ses ancêtres».
Écrire une histoire juive nouvelle, par-delà le prisme sioniste, n’est donc pas chose aisée. La lumière qui s’y brise se transforme en couleurs ethnocentristes appuyées. Or les Juifs ont toujours formé des communautés religieuses constituées, le plus souvent par conversion, dans diverses régions du monde: elles ne représentent donc pas un «ethnos» porteur d’une même origine unique et qui se serait déplacé au fil d’une errance de vingt siècles.
Le développement de toute historiographie comme, plus généralement, le processus de la modernité passent un temps, on le sait, par l’invention de la nation. Celle-ci occupa des millions d’êtres humains au XIXe siècle et durant une partie du XXe. La fin de ce dernier a vu ces rêves commencer à se briser. Des chercheurs, en nombre croissant, analysent, dissèquent et déconstruisent les grands récits nationaux, et notamment les mythes de l’origine commune chers aux chroniques du passé. Les cauchemars identitaires d’hier feront place, demain, à d’autres rêves d’identité. A l’instar de toute personnalité faite d’identités fluides et variées, l’histoire est, elle aussi, une identité en mouvement.
________________________________________
(1) Texte fondateur du judaïsme, la Torah —la racine hébraïque yara signifie enseigner— se compose des cinq premiers livres de la Bible, ou Pentateuque: Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome.
(2) Cf. David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi, «Eretz Israël» dans le passé et dans le présent (1918, en yiddish), Jérusalem, 1980 (en hébreu) et Ben Zvi, Notre population dans le pays (en hébreu), Varsovie, Comité exécutif de l’Union de la jeunesse et Fonds national juif, 1929.
(3) La Mishna, considérée comme le premier ouvrage de littérature rabbinique, a été achevée au IIe siècle de notre ère. Le Talmud synthétise l’ensemble des débats rabbiniques concernant la loi, les coutumes et l’histoire des Juifs. Il y a deux Talmud : celui de Palestine, écrit entre le IIIe et le Ve siècle, et celui de Babylone, achevé à la fin du Ve siècle.
(4) Parlé par les Juifs d’Europe orientale, le yiddish est une langue slavo-allemande comprenant des mots issus de l’hébreu.
(5) Dans la mythologie grecque, Clio était la muse de l’Histoire.
Le Monde-Diplomatique AOÛT 2008 - Page 3


Israël : notre part de mensonge
par Schlomo Sand
Nous savons depuis le XIXe siècle avec Ernest Renan que, pour édifier une nation, il faut non seulement se souvenir, mais aussi oublier. Le point de vue exprimé dans Le Monde (21 décembre 2001) par Limor Livnat, ministre israélienne de l'éducation, confirme que la négation des droits d'un autre peuple nécessite de recourir à ce même mécanisme mental.
Au cours des dernières années, en Israël, il nous a été donné de voir un historien (Shlomo Ben Ami) s'essayer à la politique ; nous pouvons maintenant voir ce que donne l'écriture de l'histoire par une politicienne. Encore faut-il souligner qu'en l'occurrence la politicienne qui a confié à ce journal ses considérations historiographiques n'est pas n'importe qui, puisqu'il s'agit de la ministre qui s'emploie activement à façonner la conscience et la mémoire du passé de la jeunesse israélienne.
Limor Livnat est une adepte de l'histoire de la "longue durée": elle situe le commencement au XIIe siècle avant notre ère et la fin au milieu du deuxième millénaire. L'acteur principal en est un "peuple-race" éternel qui avait réussi à se conquérir un territoire au tout début de l'histoire, mais qui, comme les premiers Espagnols au VIIIe siècle, avait vu sa terre occupée par de méchants Arabes. Toutefois, tout comme les Espagnols qui expulsèrent les Arabes après huit siècles de présence, les juifs parvinrent, eux aussi, à se réapproprier leur terre après mille deux cents longues années.
Durant ce très long exil, les juifs rêvèrent de regagner leur patrie, ce qui ne fut possible qu'avec l'affaissement de l'Empire ottoman. En 1947, la souveraineté des juifs sur leur terre fut proclamée, et, comme ils avaient le cœur généreux, ils acceptèrent de se contenter de 10 % du territoire de la Palestine mandataire. La guerre de 1967 leur permit d'élargir leur territoire et d'accomplir ainsi la justice immanente de l'Histoire. Mais ne voilà-t-il pas que resurgirent alors d'étranges Arabes, avec à leur tête un Égyptien nommé Arafat, qui, par leurs revendications infondées, prétendirent porter atteinte à la vision historique magnifique du retour d'un peuple sans terre sur une terre sans peuple!
Je ne sais si la lecture d'un tel récit doit prêter à rire ou à pleurer. Puisque Auschwitz est aussi évoqué –et comment ne le serait-il pas?–, il nous faut bien pleurer. Soyons juste: Limor Livnat n'est pas la seule patriote au monde à croire à l'antériorité quasi éternelle de la nation dont elle se revendique. Nombre de nationalistes, dans le monde entier, ont procédé ainsi et se sont inventé un passé historique imaginaire, pas toujours pour justifier au présent une politique cruelle.
La plupart des manuels d'enseignement en Israël regorgent de considérations semblables à celles de Limor Livnat, qui en est elle- même nourrie et qu'en sa qualité de ministre de l'éducation elle s'emploie de son mieux à faire reproduire dans les cerveaux des petits et des grands.
Les premières tentatives visant à reconsidérer cette façon d'écrire l'histoire, apparues lors des brèves années d'Oslo, ont été réfrénées par la ministre militante dès sa prise de fonctions. Elle avait été aidée en cela par l'impéritie stratégique d'Ehoud Barak, qui avait préparé le terrain pour le retour en force d'une "mémoire juive" bien aux normes.
Je recommanderais, par exemple, à Mme la ministre de lire les études d'archéologues israéliens importants que leurs recherches ont conduits à réfuter l'idée de la conquête de Canaan par les Hébreux et, partant, du génocide qu'ils auraient exécuté sur instruction divine. J'imagine toutefois que, pour Limor Livnat, la Bible est un livre d'histoire crédible et que le cruel génocide a bien eu lieu.
J'essaierais également de convaincre Mme Livnat qu'au VIIIe siècle il n'y avait pas encore de nation espagnole et que, précisément, la conquête musulmane de la presqu'île ibérique apporta aux juifs un âge d'or sans équivalent dans aucun royaume chrétien. Je crains cependant que cette version historique ne puisse être entendue alors qu'aujourd'hui le monde occidental tresse des couronnes à la civilisation "judéo-chrétienne" et associe l'islam à l'intolérance et à la terreur.
Il faudrait aussi rappeler à Limor Livnat que, selon la croyance juive millénaire, "Sion" ne constituait pas une patrie, mais un lieu saint vers lequel il ne sera permis d'émigrer qu'après la rédemption. C'est d'ailleurs pourquoi les juifs de Babylone, se sentant menacés, partirent vers Bagdad et non pas à Jérusalem, bien que les deux cités appartinssent au même royaume. Mais tout cela est peine perdue, car Limor Livnat semble trop éloignée de la compréhension de toute religiosité juive.
Il faudrait encore attirer l'attention de Limor Livnat sur une autre erreur: la ministre se trompe quand elle affirme que la résolution de l'ONU de 1947 a accordé 10 % du territoire de la Palestine du Mandat aux 620 000 juifs présents. En fait, ils en obtinrent 60 %, alors que 1 300 000 Arabes reçurent 40 % du territoire. Limor Livnat ignore apparemment les frontières de la Palestine mandataire fixées en 1922 après la création du royaume de Transjordanie.
Je fais partie des Israéliens qui ont cessé de revendiquer pour eux-mêmes des droits historiques imaginaires: si l'on invoque, en effet, des frontières ou des "droits" remontant à deux mille ans pour organiser le monde, nous allons le transformer en un immense asile psychiatrique. De même, si nous continuons à éduquer les enfants israéliens sur la base d'une mémoire nationale à ce point contrefaite, nous ne parviendrons jamais à un compromis historique durable.
Je fais mienne la métaphore de l'historien Isaac Deutscher, qui a comparé la création de l'État d'Israël à la situation d'un homme qui saute d'une maison en flammes et qui atterrit durement sur un autre homme qui se trouve devant le seuil de la maison, et à qui, bien sûr, est causé un dommage. Le jugement moral à porter sur l'homme qui a sauté de la maison est relatif.
La conquête des territoires en 1967 peut donner lieu à une autre métaphore: un autre homme descend les marches d'une maison qui ne brûle pas et va piétiner l'homme blessé qui gît ligoté. Jusqu'en 1948, les colons juifs peuvent être considérés comme des réfugiés apatrides. A partir de 1967, les colons qui vont s'installer dans les territoires occupés proviennent d'un État qui leur assure une souveraineté. Ce n'est pas la première fois ni, semble-t-il, la dernière que des persécutés deviennent persécuteurs.
Le refus de Limor Livnat de reconnaître un État palestinien dans les frontières de 1967 est un appel à continuer le piétinement. De même, son refus de reconnaître la nécessité d'une certaine réparation, dans la mesure du possible, de l'injustice commise en 1948 empêche de progresser dans les négociations qui sont à renouer. De ce point de vue, Ehoud Barak ne lui a pas été vraiment supérieur: le prisonnier bénéficie aussi d'une autonomie sur 90 % du territoire de sa cellule!
En 1993, Itzhak Rabin a commencé l'évacuation des territoires occupés. Le drapeau palestinien a flotté sur Jénine et Ramallah. Cependant, parallèlement à ce processus politique, la plupart des historiens israéliens n'ont pas entrepris l'œuvre de déminage de la mythologie qui a amené beaucoup d'Israéliens à croire que ces territoires font partie intégrante de la patrie indivisible. Par la reproduction de ces mensonges historiques, les historiens ont aussi leur part dans la dégradation actuelle. Les politiciens de droite et de gauche comme Mme Livnat ou M. Barak qui ont poursuivi systématiquement une politique de colonisation dans les territoires occupés perpétuent l'entreprise de façonnement idéologique de la mémoire.
S'il appartient aux Israéliens d'apprendre une histoire plus crédible que celle proposée par Limor Livnat, les Palestiniens devraient également se pénétrer de la raison douloureuse selon laquelle on ne réparera pas une injustice historique au prix d'une nouvelle injustice. Bien que cela soit difficile pour eux, il faut bien le dire: la proclamation du droit au retour des réfugiés dans les territoires d'avant 1948 équivaut de fait à un refus de reconnaître l'État d'Israël. Les Israéliens doivent, bien sûr, évacuer tous les territoires conquis en 1967, y compris la partie arabe de Jérusalem, cependant que les dirigeants palestiniens doivent formuler un projet de compromis s'agissant des conséquences tragiques de 1948 et ne pas continuer à nourrir les illusions de leurs compatriotes.
Comme partie du peuple occupant, il ne m'est pas aisé –et peut-être n'en ai-je pas le droit– d'indiquer la voie au peuple occupé. Mais plus le temps passe et plus le cauchemar s'épaissit.
James Joyce, dans Ulysse, fait dire à son personnage, professeur d'histoire, qu'elle est un cauchemar dont il tente de se réveiller. Il y a tout lieu de craindre que les leçons d'histoire dispensées par la ministre israélienne de l'éducation n'empêchent à jamais le réveil.
(Traduit de l'hébreu par Michel Bilis.)
par Shlomo Sand
Shlomo Sand est professeur d'histoire à l'université de Tel-Aviv.
• ARTICLE PARU DANS LE MONDE DU 05.01.02


03:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |

Commentaires

Si cela t'intéresse lis ça: Les mythes fondateurs de la politique israélienne que tu trouveras ici : http://www.kiffegrave.com/2008/12/les-mythes-fondateurs-de-la-politique-israelienne/

Écrit par : Kiffe Grave | jeudi, 01 janvier 2009

Salut. En tant qu'historien je suis tout à fait pour des approches critiques et notamm

Écrit par : Roumi | jeudi, 01 janvier 2009

Salut. En tant qu'historien je suis tout à fait pour des approches critiques et notamment ce qui permet d'affiner l'histoire de tel ou tel peuple. Ceci dit, je dirai que pour moi tout ce qui remet sur le très long terme en cause l'homogénéité d'un peuple n'est pas une surprise ; le peuple chinois, français ou tunisien n'existe pas plus en suivant la même démarche analytique... c'est essentiel de souligner ce point car il ne faudrait pas tirer des conclusions trop hâtives (en l'occurrence des réponses idéologiques aux problèmes actuels) de ces révélations qui n'en sont pas vraiment et qui sont en fait le lot commun de chaque peuple... car chaque peuple affirme bien entendu son ancienneté, sa cohérence, sa légitimité à s'intégrer dans l'espace vis-à-vis des autres peuples, ... tout ceci n'est qu'illusion et nul n'est plus fondé qu'un autre dans ce domaine à donner des leçons dans la mesure où la notion de peuple dépasse en réalité de loin sa substance historique passée pour s'incarner dans le présent sous le filtre de nos conceptions présentes qui ne sont pas neutres, qui que nous soyons. C'est une réalité qu'à certains égards on peut considérer comme triste mais qui est cependant incontournable, en dépit d'efforts possibles pour la nuancer très modestement.

Écrit par : Roumi | jeudi, 01 janvier 2009

Je te souhaite une très bonne année Rafrafi ainsi qu'à Hédia. Puissions-nous voir évoluer le monde vers plus de justice et de compassion le plus vite possible.

Et Merci pour cette note inestimable, non parce qu'elle démontre "la non-substance historique" mais parce qu'elle démontre "la non-substance historique".

Que l'historicité, l'analyse, l'autocritique, ne soient pas les vertus exclusives de certains peuples et qu'elles ne soient jamais des interdits.

Très très Bonne Année 2009 à vous deux. Monique

Écrit par : Monique | jeudi, 01 janvier 2009

À Roumi
D'abord merci pour ton passage. Je vois que tu noies un peu le poisson. L'historien que tu es (à part ta note –listing- sur les Beys, je n'ai trouvé sur ton blog aucune référence à tes travaux en matière d'histoire), doit nuancer un peu les termes. Contrairement à la Chine et la France, la Tunisie, en tant que peuple- État, appartient (dans le présent) à une nation plus large à savoir la nation arabe. Ce qui est aussi ambigu dans ton com, est-ce à moi ou bien à l'auteur S. Sand, que tu adresses ton conseil (il ne faudrait pas tirer des conclusions trop hâtives -en l'occurrence des réponses idéologiques aux problèmes actuels). Quant à moi je n'en ai tiré aucune conclusion sauf de souligner l'intérêt de cette démarche qui a déjà intéressé en plus de son éditeur israélien mais aussi l'éditeur français ainsi que le journal le Monde.
L'historien que tu es, doit d'abord lire le livre en question avant d'apporter des conclusions sur "les conclusions". Je suis d'accord avec ta définition des peuples et de leur identité et comment ils se forment au fur et mesure, mais là tu semble esquiver une vérité qui saute aux yeux: quand tu dis que "chaque peuple affirme bien entendu son ancienneté, sa cohérence, sa légitimité à s'intégrer dans l'espace vis-à-vis des autres peuples" et tu oublies en même temps que pour cela, ce peuple ne doit pas, Un, fabriquer une fausse ancienneté (ce que révèle S. Sand sur Israël) et Deux, confisquer par tous les moyens, une terre à un autre peuple. Je ne vois pas en quoi tu es historien!!
Dernier point, mais sans méchanceté: "Roumi", pourquoi t'as choisi ce pseudonyme. Je sais ce que veut dire. Mais comme celui du harki, tu ne vois pas que ça reflète une crise d'identité" chez toi. Juste une question.
Merci quand même et bonne année 2009
RAFRAFI

Écrit par : RAFRAFI | jeudi, 01 janvier 2009

Salut.
Mon blog me permet de me détendre d’où l’absence de références historiques précises ; si je devais y écrire des textes avec notes et bibliographie j’aurais encore l’impression de travailler et mes journées sont déjà bien longues de ce point de vue.

Mon commentaire n’est adressé à personne en particulier – je n’ai jamais agressé personne - et mon commentaire précédent ne remettait en prime nullement en cause l’intérêt de la démarche de relecture de l’histoire d’un peuple ou d’une nation ; je n’ai aucunement commenté le contenu dans la mesure où je ne l’ai effectivement pas lu. Je soulignais simplement la nécessité d’appliquer cette démarche analytique à tout peuple ou toute nation. C’est en cela que je me réclamais historien car la plupart des gens, c’est un simple constat, appliquent souvent un type de raisonnement pour porter une contradiction mais sans être prêts à prendre le risque de s’appliquer le même raisonnement, ne serait-ce que par curiosité et pour éprouver les fondements de ses propres certitudes.

Il se trouve que chaque peuple ou nation se développe sur une base historique qui n’est rien d’autre qu’une construction. L’Histoire est une construction faite de choix. Des choix d’abord liés à la faible quantité des sources ; on brode souvent pour donner de la consistance à la trame historique et cela est fait avec plus ou moins de soins ; au fil des siècles cette broderie finit souvent par s’éloigner de beaucoup de la trame et la broderie devient même la trame si on n’y prend garde… et on n’y prend souvent pas garde ! Ensuite les sources sont assez souvent contradictoires donc ceux qui ont eu à écrire au fil du temps ont fait des choix, parfois en toute bonne fois, sans que l’on puisse dire s’ils étaient bien inspirés ou non. Enfin quand il s’agit d’une histoire nationale, et à plus forte raison dans les deux derniers siècles, les choix opérés sont souvent idéologiques, l’histoire étant considérée le plus souvent comme un outil au service de la définition de l’identité et de l’altérité. Cette démarche, qui existait déjà auparavant mais a connu sa plus grande expression plus récemment, tend à souligner certains faits, à en atténuer d’autres, le tout en vue de donner à un peuple ou nation la base nécessaire à son développement. Cela va de la généalogie spécifique où l’on valorise certains apports au détriment d’autres, l’exaltation de certaines grandes figures dont l’exemple paraît à un moment donné concorder avec les valeurs que l’on souhaite mettre en avant, la tentative de définitions d’espaces cohérents bien avant l’heure, ... Il y aurait énormément à dire mais ce qui est certain c’est que tout peuple ou nation, sans exception, mérite étude critique de ce point de vue et on trouverait de ces « mensonges », si c’est le terme que l’on retient, un peu partout… sauf que quand on est concerné plus directement, on les nie ou les reconnaît plus difficilement, souvent à demi-mots, et que ces mensonges deviennent, quand on veut bien les reconnaître, de simples erreurs ou imperfections sans conséquences, ce que ne sont évidemment pas ceux des autres. Il y a, à l’évidence, beaucoup de paradoxes liés au maniement de ce type de travaux historiques et non pas à la substance même de ce types de travaux relatifs à l’identité ; c’est ce que je tiens à dire.

Dans mon commentaire précédent, je me suis volontairement cantonné à ces considérations théoriques, me gardant bien d’aller sur le terrain de la pratique. Je n’ai donc rien dit de précis sur les deux fameux peuples dont il est question ici. Je me suis permis d’écrire le précédent commentaire simplement parce que je vois bien à quoi servent souvent les travaux d’historiens consacrés à ces questions aujourd’hui brûlantes ; on les utilise souvent comme des armes ou arguments miracles sans voir qu’ils résultent d’une grille d’analyse qui s’applique à tout autre objet du même type. Ainsi chacun, avant de les utiliser devrait réfléchir au fait qu’on peut assez facilement lui opposer des considérations du même type et se demander donc si des arguments de cette espèce sont parmi les plus pertinents à exploiter ou non, s’ils ne sont pas dans certains cas des sortes d’impasses où deux logiques fragilisées se heurteraient frontalement sans échappatoire possible. Chacun a ses failles en terme d’expression identitaire et, refusant de les voir, offre l’occasion aux autres de s’en servir. C’est donc une invitation à la remise en cause personnelle, à l’excellence intellectuelle, à l’exploration de nouvelles voies réflexives générant de nouvelles démarches peut-être plus fructueuses. Je vois donc très bien en quoi je suis historien ; je le voyais déjà au précédent message mais il est vrai qu’en ces temps de crise l’on fait de moins en moins crédit.

Concernant mon pseudonyme, cette simple enveloppe, je dirais qu’à la rigueur se poser des questions sur son identité est toujours la plus saine des occupations humaines, celle qui nous ouvre le plus aux autres notamment ; fort de ce principe, je n’ai aucun problème avec ce que j’ai été, suis et serai que j’ignore encore.

Écrit par : Roumi | vendredi, 02 janvier 2009

Encore à Roumi
Je vois que tu préfères rester dans le vague. Mon but par cette note est de susciter auprès des visiteurs des questions ou des réponses, dans un sens ou d'un autre, mais dans le vif de la question posée par le livre. Le bain de sang qui coule actuellement à Gaza incite lui seul à une discussion plus ciblée. Il y a une tendance chez certains historiens tunisiens à incarner plus Ibn Khaldoun l'historiciste (dans sa Muqaddima) qu'Ibn Khaldoun l'historien (dans son Kitab al-ibar). Se croyant plus sages que le reste des arabes, ils se transforment en donneurs de leçons par le biais de la théorie. Résultat, ils sont quasiment absent de la praxis au sens marxien, d'où par la suite leur squelettique présence dans le vécu arabe commun. Je ne sous-estime aucunement ta contribution. Mais elle est inappropriée à l'objectif de ma note qui ne relève pas d'un luxe mais d'un souci. Je préfère que tu consacres cet effort plutôt au thème même du livre que de tourner autour.
Par ailleurs, je ne t'ai pas demandé des références historiques dans ton blog, mais des références bibliographiques à toi, puisque tu te présentes en historien. Sinon, je te vois ou bien un étudiant en Histoire ou bien un enseignant d'histoire au lycée. Et c'est aussi respectable. D'autre part, tu as tout le droit de garder l'anonymat. Mais je ne vais pas continuer cette discussion avec toi que lorsque je saurai à qui j'ai à faire. Être historien c'est aussi être curieux de connaître et les évènements et les personnes (contemporaines comprises). Ainsi je présume que tu as déjà (ou pas encore) connu sur moi (à travers mon blog) plus que je l'ai fait sur toi. Tu es francilien et je suis parisien (de résidence). Je serai donc ravi de te rencontrer un jour. Si jamais tu prouves le même désir, répond moi par e-mail et non pas ici, pour ne pas modérer les com.
Cordialement
RAFRAFI

Écrit par : RAFRAFI | vendredi, 02 janvier 2009

bonjour rafrafi,
J'apprécie tout ce que tu fais. Bravo. Mais, je repasserais une fois que j'aurai fini la relecture de ta note. Très intéressante. Ça mérite qu'on s'arrête, que l'on prenne du recul, et surtout ne pas faire comme ROUMI. Bizarre..... Insupportable. Le moment est grave, le sang coule. Roumi t'as mal choisi ...!!!!!!

Écrit par : Balqis | vendredi, 02 janvier 2009

Ta note est intéressante malheureusement le simple fait de citer Garaudy la dénature. Cela étant dit, il me semble que le sujet lui-même n'a pas ou n'a plus d'intérêt. Les juifs depuis la fondation d'Israël ont montré maintes fois qu'ils formaient un véritable peuple capable de réagir dans un environnement hostile, d'organiser une démocratie et de mettre en valeur un territoire ! Les palestiniens devraient peut-être s'inspirer de cela. Il faut évidemment leur en donner les moyens, et les dirigeants israéliens semblent privilégier la haine et la violence ; quant aux dirigeants palestiniens, ils servent bien mal un peuple courageux !
Très bonne année 2009 en espérant que les choses évolueront dans le bon sens !

Écrit par : aliscan | samedi, 03 janvier 2009

Mon cher aliscan
D'abord merci pour ton passage et tes vœux. Quant à ta remarque sur Garaudy, le fait d'être cité, je ne vois pas en quoi ceci dénature ma note! Même si tu diabolises Garaudy, Satan est cité à maintes reprises dans les livres saints, idem pour Hitler dans les livres d'histoire, qu'ils soient académique ou scolaires. Tu dis que ma note est intéressante, je t'en remercie. Mais ce qui est à mon sens plus intéressant c'est cet approche historique que propose cet historien, lui même juif et israélien, et que l'éditeur français Fayard a choisi de publier et le journal le Monde d'en parler par des articles écrits par l'auteur lui-même. Escamoter cette nouvelle lecture historique juive pour parler de la politique actuelle des dirigeants en place, c'est être plus royaliste que le roi. Si jamais l'Histoire t'intéresse (je pense que si, eu égard à ton blog) je t'invite à lire le livre en question. Tu sais très bien que toute politique s'appuie aussi sur un certain passé, sur une certaine Histoire. Merci encore
RAFRAFI

Écrit par : RAFRAFI | samedi, 03 janvier 2009