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lundi, 21 mars 2016

Poésie gazouillée

Pour la #JourneeMondialeDeLaPoesie je consacre cette note à un florilège de tweets en arabe que j'ai écrits sur la poésie (@rafrafi_med): 

تغريدات الشعر

#يوم_الشعر_العالمي

هنا بعض من تغريداتي عن الشّعر على مدى ثلاث سنوات مضت:

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زمنُ السَّرد مُوازٍ لِزمن قارئهِ؛

زمنُ الشِّعر إمّا محفورٌ في زمن قارئهِ أو متصالبٌ معه.

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الشعر في دمي بين الأكسجين والحديد. حين اختنق يتأكسد وحين أغضب يحمر، يتأذى من الضغط، ينزف مع الجرح ويقتات من السكر. القلب مطبخه والمخ صالونه.

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بالألم أذهبُ إلى الشِّعر مُتوسِّلاً مَدَدَهُ، بالفرح أعود من الشّعر مُتوسّدا زَبَدَهُ.

***

الشّعر هو نقطة تقاطع التجارب والمعارف والفنون والخرافات والجنون، أو هكذا مفترضا أن يكون أو لا يكون.

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إذا تخيّلنا الفنون على اختلافها من موسيقى ورقص ورسم ونحت وسرد ومسرح وسينما... الخ، زبائنَ في مطعم، فإن الشِّعر هو صاحب المطعم وطبّاخه ونادله.

***

طقوس_القراءة

أقرأ سرداً، فأبحث فيه عن الشِّعر؛

عِلماً، أبحث فيه عن فلسفة؛

فلسفة، أبحث فيها عن كل شيء؛

لكن حين أقرأ شعرا لا أبحث..أجد أو لا أجد.

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نَرْجَسُ الشِّعر شفّاف وليس أبيض مثل الموت.. لهذا لا نُدرِكه بِحواسِّنا.. نُدرِكه بالصّمت.

***

ثنائيات:

الفِكْرُ يُصافِحك أو يَصْفعك.. الشِّعر لا يَظْهَر إلاّ لِكي يُعانِقَك.

***

أقول

في هشاشةِ الشّاعر قوّة الشِّعر

هشاشةُ الشّاعر إسمنت العالَم الذي لا يكفُّ عن الانهيار.

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يأبى الشِّعر إلاّ أن يأتيني ضَيْفاً بثوبٍ فاخر، كملِكٍ يُحِبّ شَعْبه، مُتسلّلا إلى كوخيَ الفقير ولا أجد شيئا لائقا أقدّمُه له سوى أبجديتي.

***

أقول

الشِّعر طريقي بلا خارطة إلى حيث لا أدري، ولن أدري.. ولا أرغب في أن أدري.

***

أقول

أعْذبُ الشِّعْرِ، أقْرَبُهُ... إليك.

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نسبة كلام الشِّعر إلى كلام النثر في هذا العالم هي مثل نسبة الغازات النادرة إلى غاز الآزوت، وهي الغازات الأنقى والأخف والأكثر ارتفاعا في الجو.

***

كيمياء الشِّعر:

 استبطان مُتصوّف

+ حيرة فيلسوف

+ هذيان مَجنون

+ نعومة عاشق

+ دهشة طِفل

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= عُصارة شاعر

***

الشِّعر حليب البداية وصليب النهاية.

***

لا تبحث في الشِّعر عن فكرة أو حكمة أو معلومة أو نصيحة.. لأنّ الشِّعر كما العشق، هما مثل الماء، جُعِلا فقط للارتواء أو للسباحة أو.. للغرق.

***

والشعر أيضا هو ما كان وزْنُهُ ريشةً، ورَوِيُّهُ مِنقاراً، وبحرُهُ ما يراه النَّوْرَسُ.

***

الشعر أَعْشَبُ طريقٍ بين عُزلتيْن قاحلتيْن.

***

بالشعر يورِق الكلامُ في شجرة اللغة، وتَسقط القصيدة تفاحةً بفعلِ جاذبية القلب.

***

كلمات الشعر خلايا جِذعية في جسد اللغة.

***

الحديث عن الشعر كالحديث عن العشق.. لذيذ ومُنفلت مِثل ركْضِ صبيٍ في حديقة.

***

وأنت تقرأ شعراً لا تبحث فيه عن فكرة أو موعظة أو معلومة،

لو احتوى سوى ذلك، لما كان شعرا بل نثرا؛

الشعر، وكباقي الفنون،ينبوع دهشة وانفعال ومتعة.

***

أقول

إذا مزجتَ الشِّعر بالإيديولوجية

فالغلبة ستكون لهذه الأخيرة

تماما مثلما تَخلط بياضَ البيْضة مع صَفارِها

النتيجة ستكون خليطاً مُصْفرًّا.

***

اللغة عانس ما لمْ تتزوّج الشِّعر. 

RAFRAFI

@rafrafi_med

 

lundi, 28 décembre 2015

Olivier Roy et le djihad

image_djihad.jpgOlivier Roy: «Chez les jeunes anti-système, le djihad a remplacé le mythe de la Révolution»

Un entretien avec le spécialiste du monde musulman sur les jeunes Européens partant pour le djihad.

Par Jean-Dominique Merchet

Olivier Roy, 65 ans, enseigne à l’Institut universitaire de Florence. Philosophe de formation, très bon connaisseur de l’Afghanistan, il est l’auteur de nombreux ouvrages comme L’échec de l’Islam politique, L’Islam mondialisé ou La sainte ignorance. Il vient de publier un livre d’entretiens avec Jean­Louis Schlegel, toujours aux éditions du SeuilEn quête de l’Orient perdu dans lequel il retrace son itinéraire. Un récit très vivant, souvent drôle, rempli d’analyses qui brisent les lieux communs sur le monde musulman. Passionnant. 

La participation de deux Français, Maxime Hauchard et (peut-être) Mickaël Dos Santos, aux assassinats conduits par le groupe terroriste Daesh jette une lumière crue sur l’engagement djihadiste de jeunes Européens, en Syrie et en Irak. Selon le ministère de l’Intérieur, 1132 personnes originaires de France seraient impliquées dans ces réseaux, un chiffre en forte augmentation depuis quelques mois; 373 seraient actuellement en Syrie. Le nombre de morts atteint la centaine. Parmi ces djihadistes, on compte environ un quart de convertis et 20% de femmes. Il s’agit d’un phénomène international, avec environ 3000 jeunes Européens sur un total de 15000 volontaires étrangers. Cet engagement est sans précédent par son ampleur. Pour mieux le comprendre, nous avons interrogé Olivier Roy, directeur de recherches au CNRS et auteur de nombreux ouvrages sur le monde musulman.

----Che.jpg

Q: Vous faites une comparaison qui va en surprendre plus d’un : pour vous, les jeunes djihadistes s’apparentent aux militants de l’ultragauche des années 1970.

R: Depuis la fin du XIXe siècle, on observe en Europe un espace de radicalisation antisystème. Ce furent d’abord les anarchistes et l’on pourrait s’interroger sur le culte de la jeunesse pour le fascisme. A partir des années 1960, ce mouvement a pris une dimension générationnelle, que l’on a retrouvée avec la Gauche prolétarienne en France, les Brigades rouges en Italie et le groupe Baader­Meinhof en Allemagne. Au même moment (1971), il y a un mouvement comparable au Sri Lanka, qui s’est soldé par des milliers de morts. Cette radicalisation d’une partie de la jeunesse s’enracine dans l’idée qu’elle n’a plus de place dans le monde tel qu’il est et que la violence est à la fois inéluctable et positive. Qu’on se souvienne des maoïstes expliquant que le pouvoir est au bout du fusil ou l’image de combattant d’un Che Guevara ! On constate trois éléments de base : une impasse existentielle, la violence et l’internationalisation. On retrouve désormais les trois dans le phénomène djihadiste. Simplement, le djihad a remplacé la Révolution comme mythe. Ceux qu’on appelle des «barbares» sont dans le fantasme du redémarrage à zéro comme l’étaient les Gardes rouges de Mao ou les Khmers rouges. Des barbares, oui, mais cette barbarie est de chez nous.

Q: Le djihadisme serait donc leur nouvel, horizon révolutionnaire?

R: Les jeunes de ma génération –je suis né en 1949– étaient prêts à faire la Révolution n’importe où, en Bolivie ou au Yémen. Aujourd’hui, c’est pareil: ils cherchent le bon djihad et se moquent de l’endroit où ça se passe. On nous dit que c’est nouveau, mais pas du tout. Lionel Dumont était parti pour la Bosnie en 1995 et il y a eu toute une génération de djihadistes, certes moins nombreuse, qui est partie dans les Balkans, en Tchétchénie ou en Afghanistan. Ils ne sont pas de jeunes Beurs radicalisés par le conflit israélo-palestinien, comme on l’entend souvent. Aucun de ces nomades du djihadisme qui cherchent le pur combat n’est allé se battre en Palestine ou en Algérie. Ces conflits trop nationaux ne les intéressent pas: ils sont dans le global. C’est pour cela qu’ils adhèrent au salafisme, qui est une négation religieuse de toute culture particulière, toute ethnie, toute nationalité.

Q: Pourquoi ce mouvement surgit-il maintenant?

R: Il est le produit de la décadence d’Al-Qaïda. Al­Qaïda était un concept, sans base territoriale, et pour que ça marche, il faut des résultats. Or une fois que vous avez fait le 11 Septembre, soit vous trouvez la bombe atomique, soit vous finissez dans le minable, comme ce jeune Africain converti qui a égorgé un soldat dans les rues de Londres. Avec Daesh, c’est autre chose: il offre un formidable terrain de jeu à ces jeunes, c’est le jeu vidéo total dont ils sont nourris, l’aventure. Ils sont beaux, virils, avec leurs mitrailleuses lourdes sur leurs 4x4 chargeant leurs ennemis. Prenez les images des décapitations: cela n’a rien à voir avec le Coran, ce sont les mêmes mises en scènes que celles des narcos mexicains. Il y a, dans le djihadisme, une dimension romantique, la beauté du meurtre. On ne peut pas exalter le marquis de Sade, comme le fait une exposition à Paris, et faire comme si l’on ne comprenait pas cette beauté du mal! Lorsque vous êtes un jeune antisystème, entre quoi avez­vous le choix? Le «comité invisible» et l’écologie dure, avec leurs textes illisibles et prétentieux d’hypokhâgneux boutonneux, ou le djihad. Avec Daesh, vous êtes sûr de faire la une des médias et de plaire aux filles, comme Che Guevara. La féminisation croissante des djihadistes traduit bien le fait qu’il s’agit d’un phénomène moderne.

Q: Que peut­-on faire contre les jeunes djihadistes et notamment les nôtres?

R: Comme tout mouvement générationnel, il passera avec le temps. Mais en attendant, il faut cesser de les diaboliser, parce qu’à leurs yeux cela revient à les transformer en héros. Ce qu’ils veulent, c’est faire peur aux gens qui les ont humiliés ou ne les ont pas compris. Ils font la une des médias et un général américain dit qu’ils sont la plus grande menace actuelle. En faisant cela, on ne fait que leur dorer l’auréole! Au contraire, il faut les montrer pour ce qu’ils sont, des losers, des frustrés et des paumés. Mieux vaudrait aller voir ceux qui reviennent la queue entre les jambes, parce qu’ils n’ont pas trouvé là­ bas ce dont ils rêvaient. Ils n’ont pas supporté les réveils matinaux, les marches de 20km avec tout le barda, le fait d’être privé de leur jeu vidéo ou de nourriture! Et bien sûr, il y a ceux qui ont été sincèrement écœurés par la violence et le fanatisme.

Q: A vous écouter, ce djihadisme n’est pas un avatar radical de l’islam politique...

R: C’est justement la conséquence de l’échec de l’islam politique dans sa tentative de créer des États islamiques. Les Frères musulmans sont en échec: regardez ce qu’il se passe en Tunisie avec Ennahda qui a volontairement abandonné le pouvoir, perdu les élections, avalisé la constitution la plus laïque du monde arabe et se transforme en un parti conservateur ou démocrate-chrétien respectant la démocratie. Et en Iran, 35ans de République islamique ont donné naissance à la société la plus sécularisée du Moyen-Orient. Daesh, c’est donc l’oumma virtuelle et le projet impossible de donner une base territoriale à une utopie. Le califat est un concept qui suppose une expansion permanente et donc impossible. On n’imagine pas qu’il négociera un poste­frontière avec les Kurdes; pour eux, cela n’a aucun sens. Daesh refuse de s’inscrire dans un État-nation, comme l’avaient fait les talibans qui se limitaient à l’Afghanistan. Tant que Daesh est en expansion, il attire les jeunes, mais sa logique l’entraîne à l’échec, parce qu’en pratiquant la terreur, comme le faisaient les Mongols, et en massacrant ses adversaires, il ne leur laisse pas d’autre choix que de le combattre.

Q: Daesh s’enracine toutefois dans un territoire bien réel

R: Oui, et il bénéficie du fait que, pour la première fois depuis la chute de l’Empire ottoman en 1918, il n’y a plus aucun État dirigé par les sunnites dans le Croissant fertile. Sa zone d’expansion va de Tripoli, au Liban, aux quartiers nord de Bagdad. Le Liban est dirigé par une alliance de fait des chiites et des chrétiens, la Syrie par les Alaouites –qui ont abandonné le nationalisme arabe– et l’Irak par les chiites, majoritaires dans le pays, sans parler de la Palestine contrôlée par Israël. La solution politique est de réintégrer les sunnites arabes de toute cette région dans le jeu politique. En Syrie, cela ne peut se faire qu’avec le départ d’Assad et des garanties pour les Alaouites. Les Iraniens sont prêts à négocier. En Irak, compte tenu de l’héritage historique, il faut donner aux sunnites plus de poids politique, de l’ordre de 40%, que leur poids démographique (20%).

Q: Dans votre livre La sainte ignorance, vous décrivez le divorce entre la religion et la culture. Ce phénomène est­il à l’œuvre dans le djihadisme?

R: C’est un phénomène global qui touche toutes les religions. Avec la sécularisation, les différentes cultures deviennent profanes et il n’y a plus de «croyants sociologiques». Il y a 50ans, en France, même les anticléricaux partageaient la culture catholique et connaissaient la religion. C’est terminé. Le religieux n’est plus enraciné dans la culture dominante et partout, la religion se reconstitue comme un système de normes, en se pensant comme minoritaire. On le voit avec le salafisme dans l’Islam, mais aussi avec Jean­Paul II et Ratzinger chez les catholiques, avec les juifs ultra-orthodoxes, les évangélistes, et même chez les hindouistes en Inde. Dans cette situation, le croyant a le choix entre trois attitudes: revanchard pour tenter d’imposer ses normes à la société -c’est par exemple la Manif pour tous–; le choix de vivre en ghetto, de manière communautaire; enfin, l’idée apocalyptique que tout est foutu. On retrouve cela chez les djihadistes: le monde est pourri et je crains de l’être aussi. D’où la logique suicidaire à l’œuvre. Un chant fameux, un nasheed d’ailleurs très beau, entonné par les radicaux condamnés à mort sous Nasser, et repris par les djihadistes aujourd’hui, le Ghoraba, résume cela: «Nous sommes des étrangers sur la terre»

Source : L'Opinion

dimanche, 06 décembre 2015

Edwar al-Kharrat, inédit

حوار أدبي مع الروائي المصري

إدوارد خراط

صاحب "حيطان عالية"

أجرى الحوار: محمد الرفرافي

تونس، مؤتمر الأدباء العرب، 1973

Edward Kharrat.jpg إدوارد خراط قصاص مصري، خريج حقوق من جامعة الإسكندرية، يعمل كأمين عام مساعد في منظمة تضامن الشعوب الأفروآسيوية وأمين عام مساعد لاتحاد الكتاب الأفروآسيويين ونائب رئيس تحرير مجلة "لوتس".

لهذا الأديب مجموعتان قصصيتان: 

- حيطان عالية، صدرت سنة 1958

- ساعات الكبرياء، صدرت سنة 1973

كما ترجم 40 كتابا غرْبيا.

في لقاء مع الأدبي المصري أثناء فعاليات مؤتمر الأدباء العرب في دورة تونس 1973، سألته عن الخلفية الفكرية لجيل المثقفين الجدد في مصر فأجابني الخراط:

-"يمكن للمرء أن يتلمس بدايات هذا الجيل الذي نطلق عليه جيل الشباب أو موجة الأدب الشاب منذ ستينات هذا القرن وهو بطبيعة الحال نتاج الظروف الاجتماعية والسياسية والحضارية بصفة عامة التي بلغت ذروتها في تلك الحقبة التي تتسم بقدر كبير من التعقيد والكثافة بحيث نكتفي بمجرد الإيماء إلى مقوماتها في تطور الوضع العربي بصفة عامة وليس بحاجة إلى تعريف. ولكن المهم على الصعيد الأدبي والجدير بالتخصيص نوعا ما هو أن هذا الجيل ينحدر من أصلاب جيل الواقعية الأول الذي يقف في قمتها نجيب محفوظ ويوسف إدريس ومحمد شكري عياد وغيرهم... ولكنه في الوقت نفسه تطور ونمو يحمل بذرة الأصل وثمرة النقيض في وقت ما لهذا الجيل بمعنى أنه وإن كان قد استقى من التراث الأدبي بأعراقه البعيدة والقريبة على السواء، إلا أنه يدخل عليها تجديدا هاما. فهو يضم إليها أيضا ما تمثله من المناخ الحضاري العالمي كله ومن انعكاسات وإضافات الأدب والفكر العربي والى هذا المناخ الذي يجمع بين الواقعية واللاواقعية ويؤمن بالمؤثرات الاجتماعية لكنه يطمع إلى ماورائها في داخل الإنسان ذاته وغني عن القول بالطبع أنه لا يمكن الفصل بين الداخل والخارج في نهاية الأمر وأن الحاجز بين الذاتي والموضوعي حاجز وهمي بل عله حاجز من صنع منطلق رجعي وفي هذا السياق يمكن أن نجد تأثيرات لكتاب مثل "فرانز كافكا" و"فرجينيا وولف" و"جيمس جويس" في مرحلة ثم كتاب مثل "سارتر" و"كامو" في مرحلة أخرى ولكتاب مثل "آلان روب-غرييه" و"ميشال بيتور" و"ناتالي ساروت" في مرحلة أخيرة بالإضافة إلى نظريات وآراء منظرين مثل "جروج لوكاتش" و"ارنست فيشر". هذا المناخ كله بما يجيش في تيارات متضادة ومتكاملة كان له أثره المباشر أحيانا وغير المباشر أحيانا أخرى على هذا الجيل من الكتاب ولكننا في هذا السياق لا يمكن أن نغفل صدمة الواقع الذي عاشه ويعيشه هذا الجيل وردود فعلهم الذاتية بإزائه وانشقاقهم عنه وتمردهم عليه وارتباطهم به سلبا وإيجابا فعلا وتفاعلا"

سألته عن الوجوه الأدبية الجديدة الواعدة في مصر، فقال الخراط:

-" ليس من الغريب على القارئ أسماء مثل سليمان فياض وأبو المعاطي أبو النجا في جيل المتوسط ثم أسماء من الجيل الجديد مثل عبد الحكيم قاسم وإبراهيم أصلاف ويحيى الطاهر عبد الله وجمال الغيطاني وغيرهم.. بالإضافة إلى جيل سابق على هؤلاء وأظنهم ما زالوا يسهمون بالجديد شكلا ومضمونا."

سألته: ما هي الهموم الفنية والتاريخية التي تواجهك في تجربتك الكتابية؟

فأجابني الخراط:

- " منذ الخمسينات عندما بدأتُ مغامرة كتابة "حيطان عالية" وأظن أنه يحق لي في النهاية أن أسميها مغامرة كما يتضح لك وجدت نفسي مدفوعا بحس جاد بالتطور بل التثوير المستمر الذي نجتازه جميعا في هذه الحقبة على الصعيد الحضاري المركب وبالأخص منه الصعيد الأدبي وجدت عملي يواجه سلسلة متشابكة من المشاكل منها مشكلة اللغة ثم مشكلة البنيان الفني ثم مشكلة الحس المعاصر ثم مشكلة الخلفية والركيزة الاجتماعية أي إذا شئنا التعبير بقدر كبير حدا من التبسيط: مشكلة الوعي الداخلي والعالم الخارجي. وكان محور هذه المشكلة هو العثور على الصيغة التي تجد نوعا من التناسق الحرج الذي لا ينتهي أبدا إلى الاستقرار بين شقي هذه المعادلة ولنقل من البداية أنه لم يكن عندي ثمة بحث متعمد وعقلاني صرف كما أنه لم يكن عندي انسياق عفوي وسلبي لضغوط شقي المعادلة أي أن عملية الخلق الفني كانت عملية تلقائية تتكشف في سياق الخلق نفسه فتتبدى لها يقينية ما كأنها كانت قائمة منذ البداية، ولنعد الى البداية فنمس عنصر اللغة كان علي بالتزام نابع من عشق موله باللغة العربية أن أعيد اكتشافها لنفسي وأن أطوعها بحساسيتي التي أظل آمل طيلة الوقت أنها أيضا حساسية عصري أو جزء إليها تلك البراءة والجدة والكثافة مع احتفاظها بعراقتها ومن المفهوم بالطبع أن اللغة ليست أداة و لا سيدا وأنها أيضا لا يمكن فصلها عما تحمله في داخلها وتضيف إليه تنقله وتخلقه من رؤى وأبعاد ولا يمكن اقتطاعها عن كُلٍّ فني تتظاهر فيه وتنصهر عناصر شتى. فإذا جئنا إلى مشكلة البنيان كان من الواضح عندي أنه لا الأبنية التي عرفت بالواقعية. دعك بالطبع من الأبنية الكلاسيكية والرومانسية التي مرّ بها أدبنا القصصي في مراحل مراهقته و لا الأبنية التجريدية كانت تفي بما أريد أن أقول، بما يدعني إلى القول به كان علي أن أجد صيغة البنيان الذي يمتزج فيه الحلم بالواقع وصخر العالم الخارجي بهلامية وتدفق وسيولة العالم الداخلي بين ثبات المطلق والهروب المتصل للنسبي بين الزمن واللازمن، الوعي واللاوعي، صمت الطبيعة الميتافيزيقي وصرخة الوجه الإنساني. ومن ثم كانت مغامرتي في تكسير الأطر المألوفة في البنيان القصصي بحيث تكون قصتي أيضا هي قصتي وقصة مصر والعرب والحضارة التي أعيشها في وقت معا. هذا كما ترى مشروع طموح جدا لا أعرف إلى أي مدى ذهبت إلى تقصي أركانه ولكنني أعرف أنني أواصل دون وهن المضي في طريق لا غاية له بمعنى أني لا أعرف أين تقع غايتي. هذا كله ولم يغب عن ناظري ولا عن وعيي لحظة واحدة واقعنا التاريخي، بما يحتشد فيه من مرارة وانسحاق وما يجيش به في وقت واحد من هزات مخاض عنيف ومجيد."

لقاء أجراه: محمد الرفرافي/ تونس، 1973

إدوار الخراط من مواليد 1926، توفي مؤخرا في 1/12/2015

RAFRAFI

samedi, 08 août 2015

Camus sur Hiroshima

Albert Camus (1913-1960) sur Hiroshima. L'éditorial de Combat du 8 août 1945

Traduit en arabe par RAFRAFI

combat.jpg

في مثل هذا اليوم وقبل 70 سنة بالضبط، الفيلسوف والأديب الفرنسي آلبير كامو (1913-1960) يكتب عن هيروشيما افتتاحية صحيفة "كومبا" (كفاح) بتاريخ 8 أغسطس/آب 1945

العالَم هو ما هو عليه، أي نذْرٌ يسير. هذا ما يعرفه الجميع منذ يوم أمس عبر العرض الهائل الذي انخرطت في تقديمه الإذاعة والصُّحف ووكالات الأنباء حول موضوع القنبلة الذرية.

وبالفعل، وفي خضم سيل التعليقات الحماسية، أخبرونا أن أيّ مدينة متوسطة الحجم يمكن تدميرها بالكامل بواسطة قنبلة بحجم كرة قدم. كما انخرطت صُحف أمريكية وإنجليزية وفرنسية في تحرير مقالات أنيقة حول المستقبل، والماضي، وحول المخترعين، والتكلفة، وحول النزوع للسِّلمية وآثار الحروب والعواقب السياسية وحتى حول الطابع المستقل للقنبلة الذرية. ولِنُلخّص ذلك في جملة واحدة: الحضارة الميكانيكية وصلت للتوّ إلى آخر مستوياتها من الوحشية. سيكون علينا أن نختار، في مستقبل قريب نوعا ما، بين الانتحار الجماعي أو الاستخدام الذكي للاستكشافات العلمية.

وفي انتظار ذلك، فإنه من الممكن أن نتصوّر أن هناك بعض البذاءة في أن يُحتفل هكذا باكتشاف جُعِل مبدئيا لكي يكون في خدمة الغضب الأكثر شراسة في التدمير من طرف الإنسان على مدى قرون عدة. أن يكون العِلْمُ في عالَمٍ متروك لجميع نكبات العنف، وعاجز عن أي تحكّم، وغير مكترث للعدالة ولسعادة البشر البسيطة، مكرّساً للقتل المنظم، فإن لا أحد دون شك، ما لم يكن أسير مثالية مستفحلة، سيخطر بباله أن يستغرب من ذلك.

على الاكتشافات أن يتم تسجيلها وتفسيرها وِفْق ماهيتها، وأن يتم إعلان ذلك على الملأ حتى تتوفر للإنسان فكرة صائبة عن مصيره. لكن أن تُحاط هذه الفضائح المروعة بأدبيات خلابة أو ساخرة، فهذا ما ليس مقبولا.

Albert_Camus,_gagnant_de_prix_Nobel,_portrait_en_buste,_posé_au_bureau.jpg

نحن، مُسْبقًا، لا نتنفّس بسهولة في عالم معذَّب. وها هو قلقٌ جديد يُعرَض علينا، ومن المرجح أن يكون حاسما. ودون شك ها هي البشرية أمام فرصتها الأخيرة. وربما سيكون ذلك في آخر الأمر مبررا لإصدار نشرة خاصة. ولكن سيكون ذلك بالتأكيد موضوعا لبعض الأفكار ولكثير من الصمت.

إلى جانب ذلك، هناك أسباب أخرى لأن نتلقّى بتحفظ الرواية المستقبلية التي ستقترحها علينا الجرائد. وعندما نرى المحرر الدبلوماسي لرويترز يُعلن أن هذا الاختراع من شأنه أن يجعل من المعاهدات أمرا قد عفا عليه الزمن أو يجعل من القرارات بما فيها قرار بوتسدام قرارات منتهية الصلاحية، ونراه يعلن أنه لا يبالي إذا كان الروس موجودين في كونيغزبيرغ أو الأتراك في مضيق الدردنيل، فإننا لا نستطيع إلاّ أن نضفي على هذا الاستعراض الجميل، نوايا غريبة بما يكفي، عن الحياد العلمي.

عسى أن تفهموننا جيّدا. إذا استسلم اليابانيون، بعد تدمير هيروشيما، بفعل التخويف، فنحن نفرح لذلك. ولكن نحن نرفض أن نستخلص من حدث خطير مثل هذا، شيئا آخر غير قرار الدفاع بحزم أكبر من أجل مجتمع دولي حقيقي، حيث لا يكون للقوى العظمى حقوق متفوقة على الدول الصغيرة والمتوسطة، وحيث تكف الحرب، تلك الآفة التي صارت فقط بسبب الذكاء البشري أمرا لا مفرّ منه، عن أن تكون مرهونة بأطماع أو بمذاهب هذه الدولة أو تلك.

أمام الآفاق المرعبة المفتوحة على البشرية، فإننا مازلنا نرى جيّدا أنّ السلام هو المعركة الوحيدة التي تستحق أن نخوضها. لم يعد هناك مجال للرجاء بل لأوامر تصدر من الشعوب تُوجِّهُها لحكوماتها، أوامر بأن تختار نهائيا بين الجحيم والتّعقل.

آلبير كامو

ترجمة من الفرنسية محمد الرفرافي

RAFRAFI

lundi, 01 juin 2015

Poème interdit

Belqees_mulhim_crayon.jpgJ'ai reçu de l'écrivaine saoudienne Belqees Mulhim (@belqees_mulhim), un message contenant un de ses poèmes récents précédé d'une note. En raison de son importance et de la beauté du poème qu'il contient, son message en dit long sur "le dit et l'interdit". Ce qui m'a incité à le traduire pour vous. Je vous laisse le découvrir:

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Mon poème est interdit en Arabie Saoudite !!

Il y a deux semaines, on m'a demandé d'écrire un poème sur les valeurs morales et de le lire dans un forum organisé sur l'éducation.

À ce moment-là j'avais dans ma tête un poème sur l'humanité et me suis dite que cela fera l'affaire. J'ai envoyé le poème et du coup une surprise: on m'a demandé d'attendre parce qu'un agent de censure doit examiner le poème et juger de sa validité d'être publiquement lu ou non.

Ce censeur est un groupe de femmes travaillant au ministère de l'Éducation! Leur niveau de culture ne dépasse pas un millimètre. La durée de leur souffle intellectuel ne dépasse pas un centimètre!

Elles ont délibéré longuement pour qu'elles décident enfin le refus de mon poème. Leurs arguments reflètent une sorte de vengeance contre toute idée qui prône la conscience esthétique ou la culture humaine en général...

Mon texte a été accusé d'avoir profané la divinité et de s'être inspirer des idées d'athées et de croisés, et bien d'autres fumisteries dont je ne me souviens pas!

Elles se sont opposées à des expressions telles que: amulette, Kabir (prénom du poète hindou, le mot arabe kébir signifie «Grand»), félicité céleste, mélodie de la corde et surtout à la conception même de mon texte qui appelle à l'égalité et à l'humanisme...

Je suis désolée de voir celles et ceux qui s'opposent à la créativité, se vanter de leur foi et de la pureté de leur credo alors qu'ils excommunient l'autre et ne voient sa bienfaisance qu'à travers le trou d'une aiguille!

Et maintenant... mon poème a-t-il quelque peu servi de pansement sur la blessure de «Kabir»?

J'aurais aimé infuser mon poème et le lui faire boire par le biais des cordes célestes.. Oh, ai-je dit célestes! J'ai peur d'avoir proféré un blasphème qui me ferait perdre mon amour pour les êtres humains!

 

Le chant de «Kabir» *

Par Belqees Mulhim

 

-1-

Il y a cinq siècles, le monde connaissait par cœur d'amour une chanson immortelle gazouillée par un poète appelé «Kabir»

Moi-même, je l'ai également apprise par cœur et transformée en une amulette

"Ne vas pas au jardin des fleurs, Ô ami, n'y va pas ! En toi est le jardin des fleurs"

En toi est le jardin des fleurs. Demeure sur le lotus aux mille pétales et là, contemple l'infinie beauté. (Kabir)

Une fleur s'ouvre en calice

au moment où le soleil flamboie dans mes côtes

vibre dans mon sang en faisceaux de lumière

se propage dans l'étendue, dans la luminosité et dans le ciel

elle continue à rester un chant sur les becs des oiseaux

Dans les champs, je cueille des épis dont se dégage le parfum de la vie

Là ..

Dans le champ de lotus je coupe mon âme en deux

Telle une copieuse mélodie sur une corde

Juste à présent

Je peux vous dire:

Entrez dans les rimes de la poétique..

 

-2-

Dans le dédale du chaos humain

Dans l'infusion de la coloquinte des guerres

Dans le spleen d'une larme

dans la déception des rendez-vous

Dans la ruse des attitudes

La chanson de Kabir allait se mourir

Et se tarir comme une fontaine entourée de papillons morts calmement

Dans une telle obscurité

Une faible lumière m'a conduit à Dieu

Ainsi qu'une voix humaine

La voix de la terre

La voix du ciel, qui d'ores et déjà habite entièrement en moi,

me dit:

Assaille les monstres des ténèbres par ta chandelle

Brûle le bout de la forêt bâtarde

Le langage bâtard

et la religion bâtarde!

Puis laisse-les s'évaporer

comme s'évapore le sel des démons

 

-3-

Dans une telle obscurité

Je frotte mon cœur avec les larmes des pauvres

jusqu'à ce qu'il devienne comme une lumière rougeoyante

Et le monde devienne sources, soleil, lune et dôme de marbre,

Ainsi je me l'approprie davantage.

Comme un essaim d'oiseaux

La chanson de «Kabir» s'est remise à gazouiller

À taper sur mon cœur avec une rose

Et à le maintenir jusqu'au bout du chemin:

Tu es pure comme la neige, les mûriers et les chênes

Tu as une grande taille comme les palmiers de mon pays

Tu es sombre comme le voile des veuves

Tu es une nuée et une pluie qui irrigue la matrice de la terre

Tu es un four pour cuire le pain de chasteté

 

-4-

La chanson de «Kabir» s'est remise à gazouiller

se faisant l'écho du chant de l'amour à l'humanité

Vers la félicité universelle:

Je serai ce que je devrais être

et ce que désirent mes pas et ma langue

j'apprivoise mes erreurs

et avec elles je monte au plus haut de mon faîte

Je me creuserai une place dans la roche

Je planterai une rose

et sèmerai une poignée de blé

pour nourrir tout foie desséché

Je passerai mes doigts sur la tête d'un orphelin

sans le blesser

et lui demanderai: comment t'appelles-tu? Ou, quelle est ta tribu? Ou bien, c'est quoi ta religion?

J'ouvrirai mon cœur et crierai mon amour universel

Je taperai les portails des villes éloignées

J'y entrerai avec la charte de la paix

et présagerai:

une nouvelle aube émergera

avec la psalmodie de ses signes scellés à l'horizon

cherchant des matins derrière les frontières lointaines

jusqu'au bout de l'étendue

en vue de faire mûrir les épis ornés de blanc

 

-5-

La chanson de «Kabir» s'est remise à gazouiller

se faisant l'écho du chant de l'amour à l'humanité

Vers la félicité universelle:

"L’Âme suprême

est vue en dedans de l’âme.

Le point ultime est vu dans l’Âme suprême.

Et, dans ce Point, les créations se reflètent encore."

.....

Poète hindou du XIVe siècle. Il avait eu de nombreux adeptes. Il prônait l'unité des religions et le refus du racisme.

Les passages cités dans ce texte sont du grand poète «Kabir»

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RAFRAFI

 

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