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lundi, 10 septembre 2007

Le bonheur est le chemin

e4d17c1afc993f18b006bd7faecb5ed6.jpgAprès une longue absence plus au moins volontaire, je reviens avec sous le bras un fichier sympa que je voudrais partager avec mes visiteurs. Ce fichier m'a été envoyé par mon amie et poète Josyane De Jesus-Bergey qui, elle-même, l'avait reçu d'un ami algérien.
En plus des images superbes et un fond sonore agréable, ce fichier contient un texte avec des réflexions, autour du thème du bonheur, aussi bien simples que profondes. J'en cite : Le bonheur est le chemin. Ou encore : Le bonheur est un voyage, pas une destination.
Juste un mot sur le type de ce fichier : c'est un fichier avec l'extension ".pps" liée à la fameuse application Microsoft Office PowerPoint. C'est une Présentation qui s'ouvre toujours en mode Diaporama, et non en mode Normal. Il suffit de cliquer dessus pour qu'il s'ouvre en partant d'un écran noir (pas de panique). Une fois en première page, cliquez pour aller à la page suivante (d'autres fichiers de même type se déroulent automatiquement). Pour quitter la présentation avant la fin, cliquez sur le bouton Echap. Vous pouvez aussi télécharger le fichier en cliquant sur le lien (plus bas), et choisissez "sauvegarder".
Je vous laisse apprécier…

Cliquez ICI

RAFRAFI

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vendredi, 20 juillet 2007

Bonsoir amis

d990ed8e43c0120a9116808de0e92067.jpgQui ne pourrait pas se sentir déjà ami à cet espiègle gamin de quatre vingt dix ans ? A cet artiste de lait et de miel ? Cet Henri de nos rires déchaînés et Salvador de nos âmes enchaînées ?
Le 18 juillet 1917 était déjà là un bébé d'à peine un jour. Le 18 juillet courant, il est encore là, un bébé d'à peine un siècle.

Qui dit mieux ? Qui fait mieux ?

Il avait assez de souffle pour ses dix fois neuf bougies allumées de son gâteau et cadeau d'anniversaire "hôtement" monégasque, ainsi que pour ses chansons proposées à cette occasion devant ses fans, dont la fameuse "Bonsoir amis". Le secret est peut-être dans ce que lui-même révèle :

"J'avais trente ans lorsque j'ai découvert le Yoga. Depuis ma découverte par hasard d'un livre intitulé "L'art de la respiration" je me suis mis à pratiquer quotidiennement des exercices de respiration. J'ai également énormément appris à l'écoute des disques de Frank Sinatra et de Nat King Cole." (O Globo, avril 2006)

Aussi lorsqu'on est chanteur du multi-talentueux Boris Vian, on ne peut que surfer sur l'écume des jours, de vague en vague jusqu'aux rivages les plus lointains. C'était cela le destin lyrique de cet antillais d'outre-mer, de ce chanteur, guitariste, jazzman et parolier de tout âge et de tout brassage.
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Se faufiler en chantant et en riant dans les méandres si tortueux et très souvent dangereux de tout un siècle de douleurs et de malheurs, c'est bien là un parcours qui sert de leçon ludique à tous les vivants et les survivants. L'heureux et le bienheureux Henri Salvador en est la preuve éloquente.

"Ben quoi ? Il faut bien que ça s'arrête un jour, non ? J'ai bientôt un siècle !" (VSD du 27 septembre 2006).


Ben alors Henri, rien ne presse encore. N'est-ce pas toi qui as dit:
"J'ai toujours adoré la vie. C'est fabuleux, la vie ! (...) Je ne vois que les bons moments. Les autres, je les oublie. Prenez le réveil : c'est formidable, on s'étire, une nouvelle journée commence. (...) Et puis le petit déjeuner : c'est fabuleux du bon café, du pain craquant, du beurre frais. (...) Il y a comme ça plein de petits bonheurs, il faut juste les remarquer et en profiter. Cette curiosité, c'est ce qui conserve". (Nouvelles Clés, automne 2006)

Ben alors Henri ! et avec ça tu écoutes ta femme de ménage qui te dit qu'après "quatre vingt dix ballets, Il n'y a pas de honte à jeter l'éponge"!!
Non Henri, il y a honte lorsque tu jettes ton éponge or qu'elle est encore imbibée de sève montante, d'intarissable source de mélodies et de fou-rire.
A "Bonsoir amis" bonjour Henri.1ce05400fa6dad87d2f8785aabfc3599.jpg
RAFRAFI

Mise à jour:
ADIEU HENRI et REPOSE EN PAIX
13-02-2008

16:45 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |

mardi, 10 juillet 2007

Tu parles !

e6b2978313a54dbe1afaed0c4653d144.jpgParmi les cinq clés pour réussir son blog que Le Journal du Net a recommandé voici environ deux ans, c'était de blogger régulièrement… Et plus les posts seront nombreux et réguliers, plus ils seront commentés. Et le Journal d'ajouter, Compter au minimum une à deux contributions par semaine, le rythme idéal étant toutefois deux à trois par jour
Tu parles ! A moins que le bloggeur en question ne vit que pour blogger. En tout cas ce n'est pas le cas ni pour moi ni pour la plupart des bloggeurs que je fréquente irrégulièrement. Tout dépend de ce que le bloggeur attend de son blog et de ce qu'il y met ; et non pas de ce que les autres attendent de lui. On n'est pas là dans la logique de l'offre et de la demande.
Et puis, qu'est-ce que ça veut dire réussir son blog ?
Du moment que l'aspect lucratif n'entre pas en jeu –je suppose–, comment donc déterminer les critères de cette réussite présumée ? N'est-ce pas déjà une réussite pour un humble bloggeur – il y en a des milliers - que de n'avoir qu'un seul visiteur-lecteur-commentateur ? Ce même bloggeur pourra encore s'estimer amplement satisfait lorsqu'il découvre que le compteur dévoile d'autres visites en catimini. Ce qui est le cas dans tous les cas de figure blogosphériques.
L'important c'est lorsque le bloggeur se détache de toutes formalités exigeantes et ne se préoccupe que de ce que sa vocation lui dicte suivant son propre rythme. Ainsi se taire devient parfois un intervalle vital pour blogger. Tout comme en musique, le silence est intrinsèque voire inhérent au son. Si une pendule arrêtée donne l'heure exacte, deux fois par jour, selon le comédien-journaliste, José ARTUR, un blog arrêté sur une agréable note (post) sonne exacte plusieurs fois par jour.
Je ne vois pas de recette à suivre pour blogger. A chacun sa cadence, sa manière et le son de sa propre cloche. Pas la peine de sonner les cloches à quiconque. Certes, l'on s'inquiète parfois d'un silence brusque ou relativement long d'un bloggeur ami. Là, ça relève du domaine de l'humain et non pas du blogging. Pas besoin de mélanger les genres. Entre lancer une bouteille à la mer avec dedans une missive (une note de blog) et dialoguer avec une personne bien précise (de vive voix ou par écrit) la différence est de taille. Dans le premier cas, il s'agit d'une démarche anthologique, dans le deuxième, d'un acte anthropique.
Ceci dit, je ne peux que me réjouir de l'amitié désintéressée que le Net finit par tisser entre bloggeurs-bloggeuses. C'est le cas notamment avec MG qui m'a inspiré, voici un an et demi, une note autour de l'assiduité. A propos, entre la généreuse austérité de MG et la généreuse assiduité d'ARIAGA, je n'ai pas à choisir. Il ne s'agit ni de cigale ni de fourmi dans ce genre d'espace. C'est tout simplement une question de longueur d'onde.
"Le rythme idéal étant toutefois deux à trois par jour".
Tu parles !

RAFRAFI

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samedi, 23 juin 2007

La douce des anges

medium_nazek2.jpgLorsque j'ai écrit la note précédente sur la poète irakienne Wafa Abd al Razaq, et y cité Nazek Al- Mala'ika, je ne savais pas que les jours de celle-ci étaient brusquement comptés. En effet, l'irakienne Nazek al Mala'ika, n'est plus depuis mercredi dernier. Elle s'est éteinte à l'âge de 84 dans un hôpital cairote en Egypte, à la suite d'une chute brutale de sa tension artérielle. Ce n'était pas à cause de son premier poème qu'elle avait écrit (en 1932) à l'âge de dix ans, qu'elle était devenue célèbre. Mais cette précocité poétique témoignait déjà d'une aptitude ultérieure à jouer un rôle dans le renouveau poétique arabe. C'est ce qui est arrivé en 1947, date à laquelle, Nazek avait inauguré l'ère de la modernité poétique arabe en publiant le fameux poème "le choléra".
Ce poème avec un autre intitulé "Etait-il un amour ?", écrit la même année par son compatriote le poète Badr Shakir al Sayyab, (1926 - 1964) étaient considérés par les critiques comme les prémices du vers-librisme.
"Le choléra" avait figuré parmi les poèmes du premier recueil de Nazek paru à la même année à Bagdad sous le titre de "Amoureuse de la nuit" suivi par "Des éclats et de la cendre" (1949), "Le fond de la vague" (1957), "Arbre de la lune" (1968) et "La mer change ses couleurs" (1970). En outre de sa poésie, elle publie en 1962 une étude littéraire sur "Les questions de la poésie moderne" suivie en 1974 par une autre, sociologique, sur "le divisionnisme dans la société arabe", puis en 1992, "Psychologie de la poésie" et enfin en 1997 au Caire, un recueil de nouvelles ayant pour titre "Le soleil qui est derrière la cime".
Diplômée de l'université des arts de Bagdad en 1944, elle a aussi obtenu en 1954 la maîtrise en littérature comparative de l'université du Wisconsin aux Etats-Unis, après avoir appris le latin, l'anglais et le français. Son nom de connotation arabo-persique, Nazek Al-Mala'ika, qui se traduit par "la douce des anges", est l'un des noms de femme les plus cités dans le monde arabe et dans les milieux universitaires dans d'autres pays.
Son poème précurseur "le choléra" était également prémonitoire compte tenu de son contenu révélateur. L'atmosphère de la mort et de la désolation que propage "Le choléra", écrit voici 60 ans, règne aujourd'hui dans son Irak natal voire dans toute la région de l'orient arabe. De même que son inspiration de l'épidémie qui, au début du XVIIIème siècle, s'est développée en Égypte avant d'arriver en Europe, annonçait curieusement déjà sa propre mort, voici deux jours, en Egypte où elle s'est réfugiée depuis quelques années.
En dernier hommage à cette grande poète arabe d'Irak, je vous propose ci-après ma traduction de la première strophe de ce fameux poème suivie par sa version originale pour les plus exigeants parmi vous.
Rafrafi

le choléra
Nazek Al-Mala'ika
Bagdad 1947


La nuit est calme,
écoute cet impact des soupirs
sur les morts,
à travers ce silence
et au cœur de cet obscurité.
Des cris s'élèvent
et trépident,
un chagrin se dégage, s'attise
et fait osciller l'écho des gémissements.
Ebullition dans chaque cœur,
et désolation dans la paisible hutte.
Partout une âme hurlant dans les ténèbres,
partout une voix qui pleure.
C'est ce que la mort avait déjà lacéré
Oui c'est la mort, la mort, la mort.
Ah ! Quelle grosse peine pour le Nil,
causée par ce qu'avait fait la mort.


medium_nazek300.jpg

الكوليرا - لنازك الملائكة
بغداد 1947






سكَن الليلُ
أصغِ إلى وَقْع صَدَى الأنَّاتْ
في عُمْق الظلمةِ, تحتَ الصمتِ, على الأمواتْ
صَرخَاتٌ تعلو, تضطربُ
حزنٌ يتدفقُ, يلتهبُ
يتعثَّر فيه صَدى الآهاتْ
في كل فؤادٍ غليانُ
في الكوخِ الساكنِ أحزانُ
في كل مكانٍ روحٌ تصرخُ في الظُلُماتْ
في كلِّ مكانٍ يبكي صوتْ
هذا ما قد مَزّقَهُ الموتْ
الموتُ الموتُ الموتْ
يا حُزْنَ النيلِ الصارخِ مما فعلَ الموتْ

04:15 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook | |

mercredi, 16 mai 2007

Guerre et poésie

medium_Wafa.jpgElle est irakienne et poète. Elle s'appelle Wafa Abd al Razaq (photo ci-contre). Un ami m'appelle et me dit qu'elle vient de publier un long poème qui donne la chair de poule. Je ne la connaissais pas assez, juste son nom et quelques uns de ses poèmes autrefois parcourus à la hâte. Sans doute, j'avais tort. Mais la cohue des poètes oblige. Du Maroc à l'Irak, on en compte des milliers. Sauf que pour l'Irak, il faudrait toujours s'arrêter pour bien repérer. Ce n'est pas à cause de ce qui s'y passe depuis quatre ans, ou depuis une décennie ou deux, mais plutôt à cause du rôle qu'avais joué l'Irak voici un demi siècle dans l'évolution de la poésie arabe. En effet c'était bien une femme, Nazek al Mala'ika, poète et native de Bagdad, aujourd'hui octogénaire et alitée dans un hôpital cairote, qui avait dans les années quarante, inauguré avec son compatriote le poète Badr Shakir al Sayyab, l'ère de la modernité poétique arabe. Et grâce à ces deux précurseurs, le modernisme poétique s'était propagé dans tous les pays arabes.
Aujourd'hui encore, voici une poétesse qui s'impose non pas seulement par la qualité de sa poésie qui s'inscrit aisément dans le courant moderniste, mais aussi par une audace ahurissante qui défie certains tabous. Après quelques recueils de poèmes, Wafa Abd al Razaq nous propose un long poème intitulé "Mémoires de l'enfant de la guerre" qui en dit long sur cette tragédie irakienne. Mais à travers la vision de l'enfant victime (dont le fameux Ali, l'enfant de Bassora qui avait perdu ses deux bras et toute sa famille au début de l'invasion anglo-américaine) auquel la poétesse s'identifie d'une strophe à l'autre comme pour dire qu'il s'agit aussi de l'enfance que l'enfant de la guerre vient de perdre et de l'enfant qu'elle-même était.
Dès la réception de ce poème irakien qui m'a été envoyé par un ami syrien résident en Arabie saoudite (et que j'en remercie), je n'ai pas résisté à le lire tout de suite à Hédia, ma compagne, qui, déjà émue, s'est lancée, de son côté, à le traduire vers le français. Je vous laisse en apprécier ci-après quelques strophes.
RAFRAFI

Mémoires de l'enfant de la guerre


(La mer n'est pas un enfant)
1
Je lève ma tête vers la maison
(Pour me rappeler de ce qu'a dit l'arbre à ses branches)
une balle qui me ressemble tellement, me précède,
et tout devient enfant,
même les silhouettes qui partaient.
Ma mère tend ses bras
mon visage sort de la poche de son cœur
Pour me devancer vers le seuil
Mais la balle ouvre un monde d'encre


(Une seule femme ne suffit pas)
… 2
Me suffit-il de dire qu'un bouquet de roses séduit les couleurs?
Ou que le pain retire à la vie ses vêtements ?
Est-ce une garce cette vie ?
Pourquoi la classe est aujourd'hui d'une laideur taciturne ?
Le cahier de dessin n'est que plaies,
sur quoi, j'essaie de dessiner
une oie fuyant un mâle qui la poursuit
ou un pigeon couvant une fenêtre.
J'essaie de percer le vent
afin de dessiner une porte pour mon école
mais le vent tombe de sa canne
et sans bras, me transperce.
Un diplôme scolaire est trempé par la sueur
de l'argile arraché à l'image de l'eau.
Me suffit-il de dire, sur le bouquet de roses, les couleurs se sont pétrifiées ?


(En direction d'Allah)
… 2
Pourquoi les hommes sont-ils d'air ?
Et la procréation, de feu ?
Que signifie l'écoute du bourdonnement ?


(Le souper de dieu)
… 3
Salma est un tronc
Myriam est un temps
Toutes deux, cadavres
Suspendus à l'endroit.


(Embellir la mort)
… 6
Avale
avale ce parler cru
Et cuis tes mains
Puis cours
Plus rien ne reste pour parachever le commencement
C'est la fête des champs de mines


(Crocodile)
… 3
Le nord,
le sud
se sont engagés
à faire de mon enfance
un ballon pour le cirque.

(Genèse)
… 3
Pour soigner la réalité
j'ai besoin d'aspirine de vérité,
et des mers
pour purifier les prophètes de la parole.

… 6
Ma mère,
la brune du vrai,
a eu deux jumeaux,
la patrie et moi.


(Prière de la mort)
… 3
Accorde à mon âme son argile
Souffle en elle Ton image
pour que les chars m'évitent
La tuerie hurle
et les chars sont des paroles


Que dirais-je quand c'est Toi qui m'écrase ?
J'ouvre mon cœur, j'appelle Tes eaux
et les maringoins pondent des chars
pour Te faucher sans prudence
O mon dieu
Lorsque la mort priait pour les machines de guerre
je m'inquiétais pour Toi
je craignais qu'elle Te fasse porter le casque
qu'elle dise que Tu as trouvé Ton chemin de Damas
Tout est forcément périssable
O mon dieu, as-Tu légué à la mort Ta divinité ?
...

... 5
Eteignez l'écran
Eteignez les lumières
Ma divinité va tout bruler.

6
Sortez
L'enceinte du monde s'est écroulée.
De mon corps, mon cou, s'est détaché.

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Traduits de l'arabe par :
Hédia Dridi
Avec l'accord de l'auteur.
(Paris, mai 2007)

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