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mardi, 01 mai 2007

Moi aussi

medium_logo-France.jpgOui, moi aussi j'aime bien la France. Mais quelle France ? Comment et pourquoi ? Voilà des questions qui surgissent chaque fois que j'entends tel ou tel candidat présidentiel brandir ce sentiment en guise d'argument natio-électoraliste.
Je ne bénéficie ni du droit du sang ni du droit du sol pour que je sois automatiquement français. Pourtant, ayant volontairement vécu la moitié de ma vie dans ce pays, je pourrais comme même prétendre qu'au moins je suis devenu en partie français. Dès lors, je ne peux qu'aimer cette partie en moi, sinon ce serait une sorte de schizophrénie qui me dérouterait.
Aimer sa patrie natale c'est comme aimer sa mère. Cela va de soi et ne relève d'aucun choix volontaire. Tandis qu'aimer un autre pays c'est comme aimer un partenaire que l'on choisit. C'est à la fois plus libre et plus responsable.
Dès lors quiconque né en France et, au bout d'une enfance normalement vécue, ne peut qu'aimer sa France natale et ce quelque soit les origines de ses parents. D'où l'argument naïf de demander à la deuxième et troisième génération de l'immigration d'aimer la France ! Ou encore, à "Aimer la France ou la quitter"!!, devise lancée par un certain candidat présidentiel, qui n'est pas non plus moins naïve. Cela suppose par ailleurs que tous ceux qui aiment la France, et qui se compteraient par milliers, voire par millions, à travers le monde, peuvent venir y vivre.
D'autre part, parmi ceux qui utilisent électoralement cet argument, il y a ceux qui prônent aussi souvent le fameux slogan "fier d'être français" en guise de profession de foi. Or, ce genre de slogan dissimule forcément un sentiment chauvin pour ne pas dire xénophobe. Un français devrait être fier d'autre chose en plus du fait qu'il soit seulement français. Je dirais que même un français chauvin devrait préciser en disant "je suis fier d'être un français chauvin", pour se distinguer d'un autre aussi français que lui mais qui ne s'en réclame pas. Appartenir à un peuple c'est partager cette appartenance avec d'autres qui ne sont pas forcément du même moule. Est-ce concevable donc qu'un artiste par exemple soit fier seulement de ce qu'il partage avec un voyou, ou un patriote avec un collabo, ou un sage avec un fou ?
L'autre fierté que je trouve plutôt plausible c'est en disant être "fier de choisir d'être français". Et c'est ainsi que la France mérite d'être une terre d'accueil tout comme tout autre pays à vocation universelle.
Enfin quelle France aime-t-on ou doit-on aimer ?
Il n'y a pas qu'une seule France pour tout le monde, il y a à chacun sa France.
À un français de souche qui n'a jamais vécu ailleurs, une France matricielle.
À un français par droit du sol, une France adoptive.
À un français volontairement naturalisé, une France consentante.
À un résident en France, une France concordante.
À un visiteur, une France accueillante.
A un francophone ou francophile, une France attirante.
Ma France à moi c'est l'héritage universel des Lumières. C'est celle de la liberté, l'égalité et la fraternité. C'est celle de la Belle Epoque, et des Années Folles. C'est celle du Cartésianisme et de Jules Ferry. C'est celle de l'art et de la beauté. C'est celle de la laïcité aussi bien multiculturelle que multicutuelle.
C'est celle des français philanthropes de toutes origines. C'est celle d'un peuple qui ne se voit pas supérieur à tout autre peuple. C'est celle qui s'autocritique et regrette les méfaits de son passé colonial. C'est celle qui se voit aussi européenne que méditerranéenne. C'est celle dont le destin ne devrait pas être confisqué par tel ou tel lobby ni par telle ou telle grande puissance.
C'est cette France sur laquelle le président américain J.F. Kennedy a dit une fois : A chacun deux pays, le sien et la France.
RAFRAFI

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mercredi, 25 avril 2007

Une femme pour les droits de l'Homme

medium_souhayr.jpgVoilà encore une percée féminine vers le haut et à une échelle internationale. Il s'agit de la journaliste arabe de Tunisie SOUHAYR BELHASSEN qui vient juste d'être élue présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), succédant ainsi au sénégalais Sidiki KABA à la tête de cette ONG vieille de quatre vingt ans.
Election triplement significative à mes yeux, du moment qu'elle concerne une femme à la fois collègue (journaliste), arabe et tunisienne.
Pour mesurer l'ampleur de la tâche que Souhayr devra remplir je vous invite à lire ce passage d'un texte expliquant le rôle de la FIDH:

La FIDH est une organisation non-gouvernementale fédérative dont la vocation est d’agir concrètement pour le respect de tous les droits humains. Elle s’appuie sur la Déclaration universelle des droits de l’Homme et sur les autres instruments internationaux de protection de ces droits.
La FIDH a été créée en 1922 par quelques ligues de défense des droits humains. Elle en fédère aujourd’hui 141 dans 100 Etats. Elle coordonne et soutient les actions de ses ligues et leur apporte un relais sur le plan international. La FIDH et les ligues qui en sont membres sont non-partisanes, non-confessionnelles et indépendantes de tout gouvernement. Leur vocation est généraliste : elles défendent tous les droits humains, les droits civils et politiques, indissociables des droits économiques, sociaux et culturels. Elles agissent au quotidien, dans leur pays, afin de lutter contre les violations des libertés et des droits fondamentaux.
L’éducation et la sensibilisation sont la base de l’action à long terme de la FIDH. Son objectif immédiat est d’obtenir des améliorations concrètes dans les domaines de la protection des victimes, de la prévention des violations des droits de l’Homme et de la sanction de leurs auteurs. La FIDH est la plus ancienne organisation internationale de défense de tous les droits de l’Homme. Son siège est établi en France, où elle est reconnue d’utilité publique.


Bravo Souhayr et bonne chance.

RAFRAFI

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jeudi, 12 avril 2007

NON

medium_attentat_alger.jpgJ'étais sur le point d'écrire une note sur les couleurs, quand soudain, des images rouge sang arrivent ‎d'Alger précédées par d'autres venues la veille de Casablanca. Des kamikazes ici et là ont commis des ‎attentats contre des cibles civiles, soigneusement choisies dans le premier cas et arbitraires dans le ‎deuxième. Quelques semaines auparavant des affrontements mortellement sanglants ont eu lieu au sud de ‎Tunis entre kamikazes et forces de l'ordre. ‎
On commençait à parler d'un mouvement nouvellement créé sous le nom d'Al-Qaïda au Maghreb ‎islamique, qui envisagerait de mener une guerre sainte contre les pouvoirs dans les pays du Maghreb. ‎Mais certaines sources dont un ex-diplomate algérien vont jusqu'à accuser certains généraux algériens de ‎fomenter eux-mêmes des attentats pour justifier la politique de main de fer que l'État appliquait depuis ‎plusieurs années. D'autres observateurs disent que les derniers attentats d'Alger ont pour objectif de ‎troubler et la réconciliation nationale et les prochaines élections. Mais qui derrière tout cela ? Faute de ‎réponse incontestable, tout est possible du moment que la vérité dans le Maghreb comme partout ailleurs, ‎est toujours la première victime dans un conflit. ‎
Et les victimes humaines de toutes ces violences de quelque origine que ce soit ? Qui puisse les plaindre ? ‎Ou soulager leurs proches ? Rien ne justifie une violence aussi aveugle qui ne soit dirigée vers une autre ‎militairement aveugle et dans un contexte d'occupation. ‎
Que ce soit d'Al-Qaïda ou des mouvances locales ou des mécontents ou même des manœuvres de la part ‎des pouvoirs en place, cette violence est aussi arbitraire qu'absurde, aussi infâme que lâche.‎
Non à la terreur semée par des groupes ou par des pouvoirs.‎
Non à la politique de tout sécuritaire qui claque toutes les portes de la liberté, engendrant ainsi toutes ‎sortes d'extrémismes.‎
Non à tout discours absolutiste, éradicateur, simplificateur ou prosélytique.‎
Non au lavage de cerveau sous prétexte de lavage de l'âme, auquel sont soumis des jeunes désespérés, ‎appelés à défendre des causes indéfendables. ‎
Non à la violence aveugle contre des innocents.‎
Non aux voitures piégées, aux ceintures d'explosifs ; Non également aux bombes aveuglement lâchées sur ‎des villes habitées et aux missiles soi-disant intelligents et qui ratent souvent leurs cibles.‎
Non, Non et NON.‎

RAFRAFI

02:18 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |

mardi, 20 mars 2007

Affection sélective

medium_Oppression.jpgSi l'engagement d'un politique lui permet parfois d'esquiver ses propres principes pour la ‎supposée bonne cause, celui d'un écrivain, doit, par contre, l'ancrer davantage dans ses ‎principes, dont l'honnêteté intellectuelle constitue la référence. ‎
C'est "l'engagement" de Bernard Henri Lévy (BHL), supposé écrivain, qui pose problème. Au ‎moment où l'opinion américaine commence à s'enflammer contre la guerre en Irak, cet écrivain, ‎adorateur du rêve américain, choisit avec d'autres complices, la date d'aujourd'hui (20 mars) ‎commémorant l'invasion de l'Irak, pour lancer une compagne contre le conflit interethnique à ‎Darfour (au Soudan). Il est vrai qu'un génocide ne devrait pas cacher un autre, comme l'a, lui-‎même, souvent dit ; mais cet autre génocide ne doit pas non plus cacher le premier.‎
Le présentateur de la chaîne de télévision qui a invité BHL avec trois autres dont Laurent ‎Fabius, pour parler de ce conflit au Soudan, n'a pas eu le courage ou peut-être suffisamment de ‎lucidité pour évoquer ne serait-ce que par comparaison, la guerre d'Irak qui était précédée par ‎un embargo exterminateur (1 million et demi de morts durant douze ans, majoritairement ‎enfants) et complétée au bout de quatre ans par plus de 600 milles victimes irakiennes. (Cent ‎victimes par jour en moyenne).‎
Les génocides se ressemblent comme des gouttes d'eau du moment qu'ils portent le même ‎aspect : tuer massivement des êtres humains. Mais aux yeux de BHL, ni le génocide irakien, ni ‎celui des palestiniens (vieux de soixante ans) ne méritent, semble-t-il, son affection ‎intellectuelle. Affection qu'il ne réserve qu'au génocide qu'il choisit. Il oublie d'ailleurs qu'à ‎l'instar de l'Irak, le sang qui coule à Darfour, c'est aussi pour le pétrole, minerai récemment ‎découvert et que se disputent la Chine et les USA.‎
Pour camoufler cette date de l'invasion de l'Irak, l'administration Bush a choisi d'instaurer ce ‎jour même "la loi sur le pétrole irakien", le gouvernement fantoche de Bagdad, a, quant à lui, ‎choisi d'exécuter par pendaison l'ex-vice président irakien, tandis que BHL, l'innocenteur du ‎massacre de Sabra et Chatila, l'ex-va-t-en-guerre contre Irak, a, de son côté, choisi ce jour-ci ‎pour "défendre" Darfour !‎
RAFRAFI

23:27 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook | |

samedi, 10 mars 2007

Lucchiniphilie

medium_luchiniIM.jpgComme je viens d'une culture de tradition verbale, j'ai souvent un faible pour tout ce qui est oralement bien dit, agréablement ‎prononcé et distinctement articulé. D'où mon irrésistible attrait par cet envouteur nommé Fabrice LUCCHINI, qui, dès qu'il ‎parle, hypnotise son auditoire. J'en parle aujourd'hui juste pour assouvir un vieux désir d'exprimer ma gratitude à ce chantre ‎des mots qui a eu le mérite de me faire écouter un son de cloche immaculé d'une langue aussi suave que le français. J'en ‎parle aussi parce que LUCCHINI affirme lui-même, que parler de soi est une impasse absolue. Donc j'essaie ici de surpasser ‎cette impasse pour lui, en relatant en même temps ce que disent quelques internautes sur cet artiste, repérés ici et là dans les ‎recoins du Net.‎
Certains, prennent LUCCHINI pour héritier de Raymond DEVOS. De mon côté, féru de DEVOS, je ne cautionne pas cette ‎parenté. Car en dehors de la comédie dans laquelle tous les deux excellent à merveille, le message humoristique de DEVOS ‎diffère foncièrement du message presque pédagogique de LUCCHINI.‎
D'autres, dont je partage l'impression, affirment que Fabrice LUCCHINI est "un rare artiste dans tous les sens du terme pour ‎qui la langue française est un sacerdoce puisqu'il s'en délecte indéniablement et nous hypnotise par la justesse de ses mots, ‎sa clairvoyance humaniste et sa dérision singulière..."‎
‎"C'est un virtuose des mots, un funambule de l'absurde au sens le plus noble, paradoxal, Rabelaisien, envouteur, maître de la ‎nuance, grand esprit comme il n'y en a plus guère...."‎
‎"Fabrice LUCCHINI est quelqu'un de très profond, je ne rate jamais les émissions où il est invité. Ses paroles je les avale ‎comme un élixir ; il est poète, philosophe, dramaturge et crois en l'humain. Il a raison de vivre dans sa bulle moins polluée, ‎moins destructrice, plus près du nirvana. Chapeau bas et respect Monsieur LUCCHINI, tu es plus intelligent que tous, tu as ‎choisi le vrai et le juste.
"‎
Certes, l'unanimité n'est point acquise quand il s'agit d'un personnage public aussi atypique que LUCCHINI. Mais un sondage ‎récent sur cet artiste autodidacte et la littérature, révèle que 43% de participants trouvent qu'il sert bien la littérature et 57 % ‎disent Oui, grâce à lui des gens écoutent des textes auxquels ils n'avaient pas accès et zéro personne considère que le ton ‎grandiloquent de LUCCHINI est ridicule. Un commentaire sur ce sondage avance, dans le même sens, que LUCCHINI "fait un ‎bien fou à la littérature, il la promeut, il la promet, il la rend accessible au plus grand nombre."‎
En effet la littérature semble être la danseuse de LUCCHINI qui se produit actuellement sur les planches du PETIT ‎MONTPARNASSE pour livrer ses lectures particulières de Rimbaud, Valéry et Flaubert. Selon un autre commentaire ‎‎"LUCCHINI récite ce qu'il a aime et transmet, comme il les a reçus, les textes de la grande littérature, avec le ton qui convient. ‎Il démystifie ce qu'il récite." Et d'ajouter admiratif "LUCCHINI c'est la voix des auteurs disparus… vive Fabrice !"‎
Paraphrasant une citation à LUCCHINI qui dit "La vie. La vraie vie. La seule vie réellement vécue, c'est la littérature" un autre ‎commentaire ajoute : "Le discours de LUCCHINI est le même que d'habitude : Voyez la vie. La seule échappatoire est la ‎littérature. Sans elle, nous sommes condamnés à la médiocrité."‎
Plus nuancé et plus critique, un autre commentaire estime que "Fabrice LUCCHINI a récité beaucoup de littérature ce samedi, ‎notamment de Paul Valéry. Je trouve qu'il l'a fait avec passion et que cela a contribué à élever le débat, mais on peut juger ‎qu'il n'a fait que se donner en spectacle aux dépens des auteurs qu'il prétendait servir."‎
Encore plus critique voire acerbe, est cet autre avis sur lui qui va jusqu'à dire que "LUCCHINI est une banane. Il se dit grand ‎admirateur de Nietzsche or jamais un Nietzschéen n'irait ce compromettre à jouer les clowns pour les restos du cœur." Ou ‎bien plus septique "Je ne pense pas qu'il est si innocent il mène le jeu pour certains et à sa façon... adorable oui ! IL PLACE le ‎monde des intellectuels et des artistes comme une appartenance à une idéologie!... Est-ce son idéal!"‎
Peut-être, mais je ne me vois pas aussi exigeant à l'égard de ce grand petit-bourgeois gentilhomme du verbe. Fabrice ‎LUCCHINI qui selon certains "semble vivre sur une autre planète" est à mes yeux l'équivalent parlant du grand pantomime ‎Marcel MARCEAU. Lorsqu'il dit «Quand je vois tous ces gens qui se promènent ou mangent en téléphonant, tout en gardant ‎un œil sur la Bourse, ça me paraît l'image même de la barbarie», je déduis qu'à ses yeux, parler est un acte qui mérite le ‎respect et exige la concentration tout comme la gestuelle du pantomime. Derrière ses talents d'orateur, il y a certes cette ‎expérience de vendeur à la criée des produits du magasin de ses parents qu'avait exercée à son jeune âge et qui lui a ‎forcément permis de développer cette aptitude à s'adresser à haute voix aux passants pour les convaincre. Ou encore son ‎expérience comme apprenti coiffeur qui devait lui donner le goût et la patience pour les retouches de finition afin de fignoler ‎une meilleure coupe de cheveux appropriée, assortie et harmonieuse. ‎
‎«Ça donne des ailes une bonne petite névrose harmonieuse», voilà ce qu'il finit par dire dans une interview au magazine Vital ‎‎(1996). Harmonie semble être l'objectif de son style. Et si GUIRAUD assure que "Le style c'est l'homme" (dans Langage, ‎‎1968, p. 440), je pourrais affirmer que ce n'est pas ECRIRE mais DIRE qui forge le style de LUCCHINI, qui forge l'homme qu'il ‎est ou celui dont il aspire être.‎
J'habite à deux pas de sa rue natale dans le quartier parisien de Montmartre. Je ne l'ai jamais croisé. Si un jour cela arrive, je ‎l'inviterai à boire un verre et surtout à nous échanger quelques vers, moi dans mon français savant et lui dans son français ‎vibrant. ‎
Cela me procurerait un grand plaisir pour le francophile et le lucchiniphile que je suis.‎
Rafrafi

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