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lundi, 01 janvier 2007

Entre talion et vengeance

Dans cette ambiance tragiquement biblique qui semble encore régner dans la partie orientale du monde ‎arabe, l'exécution de Saddam Hussein, qualifiée par le Vatican de "nouvelle tragique", vient y ajouter ‎une image de déjà-vu. Le rôle de Bush dans cette affaire, n'est pas loin, du moins sur le plan procédurier, ‎de celui de Pons Pilate qui a livré Jésus à ses bourreaux. Certes Saddam ne s'était pas formé sur le moule ‎de Jésus Christ ni même sur celui de Barabbas, mais la mascarade judiciaire couronnée par cette ‎exécution précipitée et expéditive, démontre bien que la vérité demeure toujours la première victime au ‎temps de guerre.‎
Les calculs américains dans cette affaire étaient de ne pas mener à terme le procès contre leur ex-allié ‎devenu très gênant et qui risquait de dévoiler leurs manigances et conspirations communes dans sa guerre ‎contre l'Iran et les Kurdes. Donc, ils se sont contentés de ne le châtier que sur la première affaire, celle de ‎Digil, la ville où, voici vingt cinq ans, il aurait exécuté une centaine de personnes à la suite d'une ‎tentative d'assassinat contre lui.‎
Pour les kurdes, leur déception a été vite dépassée par d'autres déceptions, beaucoup plus amères, celles ‎de beaucoup d'irakiens, toutes communautés confondues, de la plupart des peuples arabes et d'une bonne ‎partie de l'opinion internationale. La plus amère de toutes ces déceptions vient du fait que:‎
‎- L'exécution était plutôt une sorte de vengeance et non pas un talion mérité. Paradoxalement sur une ‎banderole brandie dans l'enceinte où l'échafaud a été érigé, on a bien lu le verset du Coran suivant "C'est ‎dans le talion que vous aurez la préservation de la vie, O vous doués d'intelligence, ainsi atteindriez-vous ‎la piété.(179, 2e Sourate "La Vache").‎
‎- Les bourreaux cagoulés ne se sont pas contentés de se taire ne serait-ce que par respect à la mort. Au ‎contraire ils se sont livrés à une sorte d'euphorie en lançant des slogans qui dévoilaient ouvertement leur ‎appartenance communautaire (en l'occurrence shiite).‎
‎- Le timing de la sentence a été choisi par les américains et leurs alliés irakiens, de telle sorte qu'il ‎coïncide avec la grande fête du sacrifice, célébrée samedi par les sunnites et exceptionnellement le ‎lendemain (dimanche) par les shiites. La provocation anti-sunnite était bien flagrante.‎
‎- Opter pour la pendaison et non pas pour la fusillade comme le réclamait vainement Saddam lui-même ‎en considération de son grade militaire, c'est faire de lui un vulgaire condamné de droit commun, et non ‎pas un prisonnier de guerre...‎
Ce qui est encore décevant à mes yeux, c'est qu'en plus de ce qui précède, la condamnation de Saddam a ‎déjà été compromise dès la chute de Bagdad par les Yankees. Quand un peuple détrône lui-même son ‎despote, ça légitime la vengeance de ce peuple même à la roumaine. Mais à partir du moment qu'une ‎force étrangère s'y immisce (pour ses propres intérêts), la vengeance d'une quelconque opposition ‎opportuniste et collabo, ne peut qu'être taxée de bassesse voire de trahison.‎
L'exécution de Saddam a été le dernier événement lugubre de l'année 2006 ; j'aurais aimé qu'il soit ‎autrement…
mais bon ! La vie continue...‎
Je souhaite, tout de même, une année 2007 positivement différente sur tous les plans, à tous mes amis et ‎à tous mes visiteurs.‎
RAFRAFI

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dimanche, 24 décembre 2006

Jésus al-Masih

medium_medium_JB_Jesus.jpgEn cette fin d'année, le nouvel an coïncidera avec la fête du ‎Sacrifice ‎‎(d'Abraham) célébrée par les musulmans durant le Pèlerinage à La Mecque... ‎Coïncidence ‎qui hélas devrait être plus heureuse si le monde était plus sage, plus ‎‎juste et clairvoyant.
M'inspirant de l'entête du blog de mon ami MG où figure la citation ‎suivante de ‎Pierre Desproges "Judaïsme: Religion des juifs, fondée sur ‎la croyance en un ‎Dieu unique, ce qui la distingue de la religion ‎chrétienne, qui s'appuie sur la foi ‎en un seul Dieu, et plus encore de la ‎religion musulmane, résolument ‎monothéiste."; je me trouve tenté de ‎commémorer la nativité de Jésus-Christ, ‎célébrée demain; non pas par ‎le rituel de Noël; mais plutôt par ce que dit le ‎Coran à ce sujet.‎
Deux Sourates relatent la Nativité comme suit : ‎
Du seizième au trente cinquième verset de la Sourate intitulée Marie ‎‎(Mariam), ‎que je considère du point de vue rhétorique arabe, comme ‎une des plus belles ‎Sourates, on lit: ‎

16. Mentionne, dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille et alla ‎du côté de l'est du temple.‎
‎17. Elle se couvrit d'un voile qui la déroba à leurs regards. Nous lui envoyâmes Notre ‎Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme ‎d'un homme parfait. ‎
‎18. Elle dit : "Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux, [ne ‎m'approche point]. ‎‎19. Il dit : "Je suis en fait un Messager de ton Seigneur pour te faire ‎don d'un fils pur". ‎
‎20. Elle dit : "Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m'a touchée, et je suis ‎encore vierge ? " ‎
‎21. Il dit : " Il en sera ainsi, ton Seigneur a dit : Ceci est facile pour moi. Ton enfant sera ‎notre signe devant les hommes et la preuve de notre ‎miséricorde. L'arrêt est prononcé ". ‎‎(Selon les musulmans l'ange Gabriel est également le symbole du Saint-Esprit) ‎
‎22. Elle devient donc enceinte [de l'enfant], et elle se retira avec lui en un lieu éloigné. ‎
‎23. Puis les douleurs de l'enfantement l'amenèrent au tronc du palmier, et elle dit : ‎‎"Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et ‎que je fusse totalement ‎oubliée!"‎
‎24. Alors, il l'appela d'au-dessous d'elle, [lui disant :] "Ne t'afflige pas. Ton Seigneur a ‎placé à tes pieds une source.
‎25. Secoue vers toi le tronc du palmier : il fera tomber sur toi des dattes fraîches et ‎mûres. ‎
‎26. Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse ! Si tu vois quelqu'un d'entre les ‎humains, dis [lui:] "Assurément, j'ai voué un jeûne au ‎Tout Miséricordieux : je ne ‎parlerai donc aujourd'hui à aucun être humain". ‎
‎27. Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent : "O Marie, tu as fait ‎une chose monstrueuse! ‎
‎28. Sœur de Haroun, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une ‎prostituée". ‎
‎29. Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent : "Comment parlerions-nous à un ‎bébé au berceau ? "
‎‎30. Mais [le bébé] dit : "Je suis vraiment le serviteur d'Allah. Il m'a ‎donné le Livre et m'a désigné Prophète. ‎
‎31. Où que je sois, Il m'a rendu béni ; et Il m'a recommandé, tant que je vivrai, la prière ‎et l'aumône (la Zakat) ; ‎
‎32. Et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent ni malheureux. ‎
‎33. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je ‎serai ressuscité vivant". ‎
‎34. Tel est Issa (Jésus), fils de Marie : parole de vérité, dont ils doutent. ‎
‎35. Il ne convient pas à Allah de S'attribuer un fils. Gloire et Pureté à Lui ! Quand Il ‎décide d'une chose, Il dit seulement : "Sois ! " et elle est.‎

medium_AndalusQuran.JPG

Du quarante-deuxième au quarante-huitième verset de la Sourate ‎intitulée la ‎famille d'IMRAM (al- Omrane), ont lit : ‎
42. (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : "O Marie, certes Dieu t'a choisie et t'a rendue ‎exempte de toute souillure, il t'a élue parmi ‎toutes les femmes de l'univers
‎43. "O Marie Sois pieuse envers Ton Seigneur, prosterne-toi, et incline-toi avec ceux qui ‎s'inclinent".‎
‎44. - Ce sont là des nouvelles de l'Inconnaissable que Nous te révélons. Car tu n'étais pas ‎là lorsqu'ils jetaient leurs calames pour ‎décider qui se chargerait de Marie ! Tu n'étais ‎pas là non plus lorsqu'ils se disputaient.‎
‎45. (Rappelle-toi,) quand les Anges dirent : "O Marie, voilà qu'Allah t'annonce une ‎parole de Sa part : son nom sera "al-Masih" ‎‎" LE MESSIE ", fils de Marie, illustre ici-‎bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés d'Allah".‎
‎46. Il parlera aux humains, dans le berceau et en son âge mûr et il sera du nombre des ‎justes ".‎
‎47. - Elle dit : "Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu'aucun homme ne m'a ‎touchée ? " - "C'est ainsi ! " reprit l'ange. ‎Allah crée ce qu'Il veut. Quand Il décide d'une ‎chose, Il lui dit seulement : "Sois" ; et elle est aussitôt.‎
‎48. "Et (Allah) lui enseignera l'écriture, la sagesse, la Thora (le Pentateuque) et ‎l'Évangile.‎


Une seule conclusion que je tire de ce double message islamo-‎chrétien : Un vrai ‎chrétien ne doit pas être antimusulman, ainsi qu'un ‎vrai musulman ne peut pas ‎être antichrétien.‎
J'en profite, par ailleurs, pour souhaiter une joyeuse fête de Noël : Tout d'abord, ‎à ‎tous les chrétiens palestiniens, descendants des premiers chrétiens de ‎l'histoire ‎humaine. Sachant que Bethléem est toujours sous l'occupation israélienne et ‎assiégée par le mur de l'apartheid, ainsi les petits anges palestiniens n'ont pas ‎droit de fêter Noël comme ils le souhaitent. Mais heureusement que Sa Béatitude Mgr ‎Michel Sabbah, Patriarche latin de Jérusalem (depuis 1987) et premier arabe palestinien à avoir été nommé ‎à cet ordre, arrive comme même à franchir ce mur de la honte pour apporter la joie ‎aux enfants palestiniens et célébrer la messe dans l'Église de la Nativité.‎
medium_Sabbah.JPG

Mes vœux vont ensuite à tous les chrétiens arabes ainsi qu'aux ‎chrétiens de ‎toutes les églises du monde, notamment celles qui ‎prêchent la paix et la fraternité ‎humaine ; enfin à tous les musulmans ‎pour qui "Le Messie Jésus, fils de Marie, ‎n'est qu'un Messager d'Allah, ‎Sa parole qu'Il envoya à Marie, et un souffle (de ‎vie) venant de Lui" ‎‎(Sourate: Les Femmes, verset: 171). Bref à tous ceux qui, ‎d'une façon ‎ou d'une autre, transforment leur acquis spirituel quel qu'il soit, en un ‎‎message d'espoir et de ‎partage. ‎

RAFRAFI

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samedi, 16 décembre 2006

Un an

medium_Allumage_d_une_bougie.jpgUne première bougie que j'allume aujourd'hui dans la blogosphère par le présent blog RAFRAF. Un an déjà ‎écoulé depuis la première note Encore un blog de plus, ‎suivie d'une succession de notes thématiquement hétéroclites. Certaines marquent des moments personnels ‎plus ou moins délicats sinon critiques: La cage… D'autres annotent des évènements graves: Guerre et Pax Americana, ‎Beit-Hanoun, ‎"Caricatures" papales… ‎D'autres parlent de ce qu'il y a de plus simple et vrai : Enfance, Poésie...
Je ne sais pas si toutes les notes reflètent suffisamment l'ambiance de cette première année avec tout ce ‎qu'elle comportait de beau, de moche, de vrai, de faux, de grave, de moins grave… ? ‎
Ce que je sais c'est qu'elles traduisent plus ou moins mes états d'âmes, mes sentiments et surtout mes ‎convictions que je pose sans les proposer ni les imposer à quiconque… de même pour le contenu de la ‎colonne droite qui vient s'ajouter au profil du bloggeur que je suis. ‎
Le plus attachant dans cette expérience, c'est le fait de gagner des rencontres que je qualifierais d'énième ‎type... Des amitiés aussi bien intéressantes que désintéressées... Des amitiés sans frontières aucunes… Avec ‎des bloggeurs qui partagent avec moi le même souci : ‎

Échanger pour réduire les dégâts de la méconnaissance, de l'indifférence et de l'insouciance.‎

C'est ce que j'ai pu ressentir notamment avec MG (ami dès la première note), Wira, EL GRECO, Emy, Youkou, Samsoum…
Certes d'autres bloggeurs-visiteurs étaient plutôt plus réservés ou prudents, parfois distants et quelques fois ‎antagonistes. Ce qui est tout à fait normal lorsqu'on s'ouvre tous azimuts. Une hirondelle ne fait pas le ‎printemps : c'est ainsi que je conçois ce type de rencontres inopportunes. ‎
Plus anonyme, le sondage que j'ai proposé à mes visiteurs durant les dix derniers mois, me servait de critère ‎non moins révélateur. À la question "Que pensez-vous de mon blog? Le choix des réponses s'est traduit ‎comme suit: ‎
1. Excellent :‎ ‎44%‎
‎2. Bon : ‎ ‎34%‎
‎3. Mauvais : ‎ ‎7%‎
‎4. horrible :‎ ‎7%‎
‎5. Sans avis :‎ ‎7% ‎

Si je ne me base rien que sur les deux premières estimations, le blog obtient 78% des réponses positives. ‎Elles sont favorables à la continuation, qui, toutefois, constitue toujours un défi. Sachant que les réponses ‎sont arrivées des quatre coins du globe (notamment d'Europe, des Amériques et d'Afrique), le fait de ‎continuer dans cette aventure, tout en préservant cette réputation, constitue aussi un enjeu à ne pas perdre.‎
Je n'ai rien à promettre à quiconque, sauf à moi-même, de rester moi-même pour que le blog ne perde pas le ‎nord. Pour le reste, je laisse au hasard le soin de me fournir la vraie pâte à modeler. Mais je continuerai à ‎m'adresser à mes chers visiteurs pour qu'ils me livrent par le biais des commentaires et aussi du sondage ‎leurs impressions sur tel ou tel sujet. Ainsi je viens d'ajouter ce jour un nouveau sondage (voir colonne ‎gauche) avec la question : ‎
Qu'attendez-vous d'un blog ? ‎
À vous convaincre ‎
À vous surprendre ‎
À vous apprendre ‎
Tout à la fois ‎
Rien de tout cela ‎
Sans avis

Que vos prochaines visites me dopent pour que je puisse vous être "blogablement" et globalement agréable.‎
J'en profite, par ailleurs pour souhaiter un très bon anniversaire à SAÏDA, ma belle-nièce, qui coïncide ‎agréablement à celui de RAFRAF.‎
SAÏDA, RAFRAF, et moi-même aussi, sommes nés sous le signe du Sagittaire. Pour moi c'était le 2 de ce ‎mois-ci, pour eux, le 16 (aujourd'hui même). Le feu de ce signe de feu sera attisé par ce que V. ‎HUGO décrit bien comme suit :
"La grande venue des vents vers la terre (qui) se fait aux équinoxes (...). Il y ‎a des constellations qui signifient ces phénomènes, la Balance, le Verseau".

Et c'est bien le Verseau, signe ‎d'air, celui de ma compagne HÉDIA, qui berce à chaque 4 février mon feu zodiacal.‎
Entre temps, je me permets (n'est-ce pas mon droit ?) de terminer cette note "sagittairement" par ce que dit ‎le fameux astrologue, CURCIO sur ce signe : ‎‎
"Mais un «Sagittaire» ne sent jamais ses forces diminuer, au contraire, plus il rencontre de difficultés, plus ‎il se sent de taille à les surmonter"‎

J'aimerais bien y croire. Pas vous ?‎
RAFRAFI

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mardi, 12 décembre 2006

La soupe fait le soldat

medium_E001b.jpgAvant que la blogosphère ne commence à envahir l'orbite de la communication, les précurseurs du ‎blogging était déjà convoités par les annonceurs. Et pour cause : un blog, comme tous medias, ça touche, ‎ça cible, ça influe et ça se propage. Aujourd'hui, les blogs foisonnent de flashs, de bannières, de pop-up, ‎avec des messages publicitaires de toutes les sauces... Beaucoup de blogs, dont celui-ci, n'échappent pas à ‎ce phénomène devenu presqu'une règle. Il suffit de faire appel à un service gratuit, de comptage, de ‎référencement, de sondage, etc., pour que des pop-up viennent s'afficher à chaque ouverture ou mise à ‎jour de sa page d'accueil. Ce qui est certain, c'est que le profit qu'en tirent les annonceurs dépasse ‎largement celui des bloggeurs. Si ces derniers ne sont pas assez exigeants en permettant cette floraison-‎pollution sur leurs pages, les annonceurs exigent, quant à eux, un seuil d'audience (en nombre de visiteurs ‎par mois), souvent très difficile à atteindre, pour que leurs bloggeurs-partenaires puissent "gagner" les ‎quelques miettes du gâteau. ‎
C'est à prendre ou à laisser.‎
Les bloggeurs nantis, peuvent bien s'en passer. D'autres aimeraient bien en tirer le maximum pour couvrir ‎au moins les frais du blogging avec tous les accessoires qui entourent ce dernier. D'autres encore, aspirent ‎peut-être, à en récolter des cagnottes... Pourquoi pas ? En tous cas ce n'est pas mon cas. Non pas par ‎pudeur ou pour faire la petite bouche, mais tout simplement par incompétence en matière de marketing, ‎activité qui par ailleurs, n'a jamais été ni ma tasse de thé ni ma danseuse. Toutefois je n'hésiterais pas à ‎jouer le jeu qui risque de ne pas en valoir la chandelle. Mais je n'ai pas tout de même l'intention de ‎transformer ma page en un vulgaire panneau publicitaire. Encore faudrait-il en trouver d'abord les ‎moyens, c'est-à-dire les annonceurs qui accepteraient un blog comme le mien pour un support publicitaire ‎le mieux approprié.‎
En fait, ce qui m'a mis l'eau à la bouche, c'est cette trouvaille qui date de peu. Il ne s'agit pas d'une ‎inadéquate insertion textuelle ou graphique dans sa page d'accueil, mais plutôt d'un texte que le bloggeur ‎accepte à son gré à rédiger librement autour d'un produit (matériel ou intellectuel) fourni par l'annonceur ‎‎(fabricant, constructeur, fournisseur, éditeur, décideur…etc.) non pas que pour le vanter mais aussi pour ‎le décrier s'il le faut. Et dans les deux cas, c'est à l'annonceur de payer la prestation du bloggeur. Le ‎payement de celle-ci est assuré par un intermédiaire qui est, en l'occurrence, ReviewMe, l'entreprise qui ‎se charge d'assurer la contrepartie financière en faveur du bloggeur tout en gardant pour elle sa part ‎‎(50%). ‎
Certes, ReviewMe n'est pas la seule sur la place publique qui propose aux auteurs de blogs et de sites ‎web, cette offre qui porte le slogan "Write for cash". Mais elle est la première à ne pas la limiter à la ‎blogosphère anglophone. Cette opportunité concerne dorénavant la blogosphère dans toutes les langues.‎
En guise de reconnaissance, ReviewMe récompense par une très symbolique (pour ne pas dire modique) ‎somme d'argent, tout nouveau affilié qui consacre dans son blog ou site, une note (billet) parlant de cette ‎prestation. C'est ainsi le cas de la présente note (à moins que je ne sois dupe). Seule l'honnêteté du ‎bloggeur et non pas son engagement envers quiconque, qui garantirait la transparence de signaler à ses ‎visiteurs le côté lucratif d'une note. Cette première règle devrait s'appliquer quasi automatiquement à ‎toute autre note réservée à l'évaluation, même négative, de n'importe quel produit proposé au bloggeur.‎
‎"Dérive intellectuelle", disent certains bloggeurs puritains, "perte de l'impartialité des bloggeurs", disent ‎d'autres très alertes face à ce qu'ils nomment de la "pub déguisée"… Mais au fond, que font les autres ‎médias (presse écrite, radios, chaines TV) sinon la même chose pour assurer leur survie ? Quel mal y a-t-‎il dans une pub sur une marque de savon insérée à côté d'un filet écrit sur le "gai savoir" par exemple ? ‎Depuis toujours, coexistent ce qui est à César et ce qui est à Dieu... il n'y a pas de raison pour en faire une ‎omelette, et même celle-ci ne se fait pas sans casser des œufs... ‎
La liberté d'un bloggeur tient aussi de son autonomie donc de son indépendance face à toute contrainte ‎abusive d'ordre aussi bien moral que matériel. Cette manne internautique qui pour un bloggeur, pourrait ‎être une source de petites gouttes qui feraient un jour des petits ruisseaux, promet de devenir la soupe ‎primordiale d'une nouvelle vie de bloggeurs libres et non pas la soupe aux larmes des moralisateurs ‎larmoyants... et puis enfin c'est la soupe qui fait le soldat, n'est-ce pas ?‎
RAFRAFI

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lundi, 20 novembre 2006

Au féminin présidentiel

medium_segolene-france.2.jpgDepuis Jeanne d’Arc, la France n'avait pas connu une figure féminine aussi emblématique que cette Pucelle ‎d’Orléans. Même la Révolution, ô combien humaniste ! n'avait pas aidé non plus à en produire.‎
Au contraire, on a plutôt l'impression que le rôle politique de la femme française avait sciemment été réduit à celui ‎de Marie-Antoinette ou juste symboliquement à celui de Marianne, la mère-patrie. Même Marie de Gournay ‎(1565 - 1645), féministe avant l’heure, a dû attendre presque quatre ‎siècles pour être enfin reconnue par les mouvements féministes de la fin du XXe siècle. À ce propos, en tant que ‎fumeur (hélas!) et fétichiste, je conservais une boite d'allumette vide des années 80 à l'effigie de Marie de Gournay, ‎sur laquelle on peut lire une citation très significative (cliquer sur la photo) de cette théoricienne féministe. ‎

medium_de_Gournay-2.jpg

C'est la raison pour laquelle, peut-être, cette France républicaine, traditionnellement jacobine, donc, quelque part ‎patriarcale voire phallocrate, aurait mis plus de temps par rapport à ses voisins (anglo-saxons et germaniques ‎notamment) pour féminiser davantage la vie politique. ‎
À travers l'image-stéréotype d'un pays de modes, de parfums, de muses, c'était plutôt l'image de Brigitte Bardot et ‎de Coco Chanel qui prévalait. Et non pas celle de la très libérale Simone Veil qui a présidé le Parlement européen ‎de 1979 à 1982, ni d'Édith Cresson, la seule femme à avoir accédé au poste de Premier ministre de la France, ni de ‎l'ex-présidentiable Martine Aubry, ni de l'éternelle opposante marxiste Arlette Laguiller, ni du leader écologique ‎Dominique Voynet ni encore de la future "femme de fer" possible, Michèle Alliot-Marie, l'actuelle ministre de la ‎défense.‎
medium_marianne.jpg

Ainsi peut-on dire que l'énarque Ségolène Royal plébiscitée par les socialistes de son parti (le PS) comme candidate ‎à la présidentielle de 2007, incarne déjà la Jeanne d’Arc politique dans cette bataille électorale face aux dinosaures ‎masculins de tout poil. ‎
Je n'ai pas l'intention ni de faire des pronostics favorables ni d'adresser des louanges à cette dame qui incarne, dit- ‎on, "une nouvelle manière de faire de la politique". Étant un peu tôt, je me contente seulement de noter cette ‎féminisation des plus hauts postes de responsabilité politique qui avait déjà commencé 45 ans auparavant et ‎continue encore dans des pays d'Orient et d'Extrême-Orient (dont musulmans). Beaucoup d'entre nous connaissent, ‎l'indienne Indira Gandhi, la pakistanaise Benazir Bhutto, la turque Tansu Çiller, les deux philippines : Cory Aquino ‎et l'actuelle Gloria Macapagal Arroyo, la Bangladeshi Khaleda Zia, l'indonésienne Megawati Setiawati ‎Sukarnoputri, la sri lankaise Sirimavo Bandaranaike qui, quant à elle, fut (en 1959) la première femme de l'histoire ‎contemporaine à occuper le poste de Premier ministre dans un pays… ‎
medium_Benazir.jpg

Ce doux tsunami a tardé un peu avant de balayer le monde occidental. Ce n'est que durant les trois dernières ‎décennies que l'on a commencé à voir des femmes arriver au plus haut rang du pouvoir : d'abord en Islande ensuite ‎en Grande Bretagne, à la République d'Irlande, en Allemagne, à la Nouvelle-Zélande, au Chili, en Finlande, puis ‎ailleurs au Mozambique, au Libéria et à la Jamaïque… ‎
Pour revenir en France, je dirais qu'en cas de victoire "Royal" aux présidentielles, le fait que Ségo soit une femme ‎sera pour quelque chose si l'on croit le sondage d'Ipsos. Selon ce dernier, on apprend qu'à la question "Qu'est-ce qui ‎vous attire le plus dans la candidature de Ségolène Royal", 37% des sondés répondent "c'est une femme", tandis que ‎‎21% estiment qu'elle "incarne le renouveau de la gauche" et 18% qu'elle est "la seule capable de battre Nicolas ‎Sarkozy au deuxième tour". Chez les sympathisants socialistes, les réponses arrivent dans le même ordre, 41% ‎d'entre eux répondant que c'est d'abord parce qu'elle est une femme, 33% qu'elle incarne le renouveau de la gauche ‎et 30% qu'elle est la seule capable de battre M. Sarkozy.‎
‎« Je suis une femme et ça se voit » disait-elle en guise de réaction à plusieurs critiques masculines plus ou moins ‎misogynes. Pour ajouter une toute dernière touche à ce portrait inachevée de la future Marianne socialiste, je cite ‎l'ex-gauchiste franco-allemand, Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts au Parlement européen, affirmant que ‎‎"Ségolène Royal fait peur à Nicolas Sarkozy", car face à elle, le président de l'UMP paraîtra "aussi ringard que ‎beaucoup d'éléphants" du PS. Selon lui, Ségolène Royal incarne "une nouvelle manière de faire de la politique", et ‎d'ajouter "elle prend des risques". À mes yeux ce risque, risquerait d'être plus équilibré si en face d'elle se levait non ‎pas un Sarkozy en coq mais une Alliot-Marie en Marianne de fer.‎

RAFRAFI

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